Sixième étape de la saison 2026 de Formule 1, le Grand Prix de Monaco a vu le jeune prodige de Mercedes Kimi Antonelli s’imposer au terme d’une magistrale démonstration de force. Riche en péripéties et autres pénalités, l’épreuve princière a également permis à d’autres pilotes de s’illustrer dimanche dernier. Voici les Tops de la manche monégasque.
Kimi Antonelli

Plus rien n’arrête le prodige italien. Invaincu depuis Shanghai (Chine. Ndlr), Kimi Antonelli a ajouté une nouvelle ligne à son palmarès naissant en remportant le plus prestigieux des Grand Prix de la saison. Légèrement en retrait lors de la journée du vendredi, le pilote Mercedes a parfaitement rebondi dès le samedi, s’octroyant au terme d’une dernière tentative de toute beauté la quatrième pole position de sa carrière en F1. Imperturbable au moment de l’extinction des feux, le Transalpin a tout de suite fait comprendre à son dauphin Lewis Hamilton qu’il n’aurait rien à espérer d’autre qu’une place de meilleur des autres en ce beau dimanche ensoleillé. Beaucoup trop rapide pour le Britannique, le leader du championnat se détache facilement du septuple champion du monde au point de compter quasiment six secondes de marge en l’espace de dix boucles. Quelque peu ralenti par le dépassement des premiers retardataires, le natif de Bologne reprend son impressionnante échappée une fois les Bearman, Bortoleto et autres Bottas effacés. Appelé à son box à l’amorce du 38ème passage soit quasiment dix tours après le pit-stop d’Hamilton, le fer de lance de la firme à l’étoile conserve facilement la tête des opérations et va se montrer tout aussi dominant une fois chaussé de gommes dures. Nanti d’un confortable matelas d’une demi-minute sur le pilote de la Scuderia au moment où Lance Stroll vient fracasser son Aston Martin dans Anthony Noghès, le protégé de Toto Wolff ne se laisse perturber ni par l’intervention de la safety-car ni par la sortie du drapeau rouge (suite au crash de Charles Leclerc. Ndlr). De nouveau parfait au second départ, Kimi Antonelli achève sa démonstration sur une succession de meilleurs tours en course qui lui permettent de terminer sa balade monégasque avec six secondes d’avance sur la Ferrari d’Hamilton. Mieux en remportant dans les rues de la Principauté un cinquième succès consécutif depuis la Chine, le prodige de 19 ans a relégué son nouveau dauphin Hamilton à 66 longueurs au championnat. Quel talent !
Lewis Hamilton

Cette fois plus de doute, il est bel et bien de retour. Totalement mangé par son coéquipier l’an dernier pour sa première saison en rouge, Lewis Hamilton a confirmé à Monaco qu’il avait bien mis son si pénible premier exercice avec Ferrari derrière lui. Dans le ton dès les premiers essais libres (il signe notamment le chrono le plus rapide en FP2. Ndlr), le Britannique a décroché un très joli troisième temps en qualification, se permettant même de dominer pour la troisième fois de l’année un Charles Leclerc habituellement redoutable dans l’exercice du tour chronométré. Auteur d’un envol de bonne facture qui lui permet de négocier le goulet de Sainte-Dévote à la seconde place (grâce aussi au problème moteur de Verstappen. Ndlr), le septuple champion du monde réalise un premier relais des plus solides bien qu’il ne parvienne pas à suivre l’infernale cadence imprimée par le leader Kimi Antonelli. Progressivement rattrapé par son voisin de garage à Maranello à mesure que ses gommes arrière se détériorent, le natif de Stevenage stoppe une première fois à son stand dans le 29ème tour, abandonnant provisoirement sa place de dauphin à Leclerc. Pénalisé de cinq secondes pour vitesse excessive dans les stands, « King Lewis » ne se laisse pas perturber par ce coup du sort, continuant au contraire de pousser afin de se prémunir d’un éventuel retour du Monégasque en fin de course. Repassé une seconde fois à son stand au 61ème passage à la faveur du crash de Lance Stroll, le pilote Ferrari négocie parfaitement la deuxième envolée, verrouillant de manière définitive une seconde place qui fait désormais de lui l’égal de son idole Ayrton Senna avec huit podiums dans les rues de la Principauté. Fort des dix-huit nouveaux points inscrits dans les rues de la Principauté (ce qui lui fait un total de 90 unités. Ndlr), Lewis Hamilton dépasse son coéquipier Leclerc au classement pilotes et s’installe à la deuxième place du championnat. Pas mal pour un roi sur le déclin non ?
Racing Bulls

Régulièrement dans les points depuis l’ouverture de la saison à l’exception de son trou d’air de Miami, la sympathique écurie installée à Faenza a fait un carton plein lors de ce sixième rendez-vous de l’année. Entrée de manière timide dans son week-end monégasque (les monoplaces blanches et bleues ont signé les 18ème et 19ème chrono des essais libres 1. Ndlr), Racing Bulls n’a cessé de progresser séance après séance pour finalement s’offrir, et de loin, son meilleur résultat d’ensemble de l’exercice 2026. Encore en retrait lors de l’ultime répétition générale des libres 3, la formation dirigée par Alan Permane a brusquement élevé le curseur à partir des qualifications en plaçant l’une de ses voitures (celle de Liam Lawson qualifié dixième. Ndlr) en Q3. Consciente d’avoir une belle carte à jouer sur un tracé réputé pour favoriser les coups d’un jour, l’équipe sœur de Red Bull a brillamment manœuvré sur le plan stratégique en retardant au maximum le passage par les stands de ses pilotes. Alors que Liam Lawson a attendu le 44ème tour pour troquer ses gommes médiums contre des pneus tendres, son coéquipier Arvid Lindblad a de son côté étendu encore plus longtemps son premier relais en opérant son premier et unique changement de gommes (il est, lui aussi, passé des pneus médiums aux pneus tendres lors de son pit-stop. Ndlr) dans le 68ème passage à la faveur du drapeau rouge. Respectivement septième et huitième au moment du deuxième départ, les pilotes de l’ex-écurie Toro Rosso vont profiter des pénalités infligées à George Russell (drive-through. Ndlr) et au Français Pierre Gasly (dix secondes. Ndlr) pour gagner deux places supplémentaires et s’offrir un tir groupé (cinquième pour Lawson et sixième pour Lindblad. Ndlr) particulièrement prolifique. Opportuniste en Principauté, la formation italo-autrichienne score dix-huit points d’un coup qui portent son total au championnat constructeurs à 39 unités, soit seulement deux de moins que sa plus proche rivale Alpine (41 points. Ndlr). La chasse à la cinquième place est lancée.
Isack Hadjar

Son week-end monégasque avait pourtant démarré de la pire des façons. Parti à la faute dès les libres 1 (il a placardé sa RB22 contre le rail après avoir perdu l’arrière de sa machine dans le deuxième « S » de la Piscine. Ndlr), Isack Hadjar a brillamment relevé la tête pour s’offrir au terme d’un Grand Prix loin de tout repos le premier podium de sa carrière avec Red Bull. Encore en manque de confiance lors des FP2 et des FP3, le Tricolore a attendu la séance qualificative pour retrouver son mordant et s’offrir une cinquième place des plus convaincantes. Déjà quatrième à la fin du premier tour grâce au concours indirect de son coéquipier Max Verstappen (le Néerlandais a été trahi par son moteur dès l’extinction des feux), le natif de Paris parvient à tenir en respect un George Russell particulièrement menaçant pendant tout le premier relais malgré du graining sur ses pneus avant et un frein moteur assez récalcitrant. Rappelé à son box dans le 33ème tour afin de monter des gommes dures, le pilote Red Bull perd une place sur le Britannique au jeu de l’undercut ce qui ne l’empêche pas de rester à l’affut au cas où une opportunité se présenterait. Un temps esseulé entre le groupe de tête et le groupe de chasse, le « petit Prost » voit la chance lui sourire lorsque l’intervention de la safety-car (suite au crash de Stroll dans Anthony Noghès) puis l’interruption de la course sous drapeau rouge (consécutive à la dégradation de la piste. Ndlr) lui permette d’émerger au troisième rang. Surpris au deuxième départ par la Mercedes de Russell et par l’Alpine de Gasly, l’ex-pilote Racing Bulls va finalement prendre l’avantage sur ses deux adversaires grâce aux sanctions infligées par la FIA (drive-through pour l’Anglais, 10 secondes pour le Tricolore. Ndlr), décrochant une troisième place quasi-inespérée compte tenu de tous les obstacles (il a également connu des pertes de puissance pendant la course. Ndlr) venus entravés son dimanche après-midi en Principauté. Résiliant.
Andrea Noviello
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