Interview

Lewis Hamilton : « Très reconnaissant de me retrouver à cette place »

Monaco GP 26 Lewis Hamilton Ferrari podium
Lewis Hamilton savoure comme il se doit le 205e podium de sa formidable carrière en Formule 1.
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Très beau deuxième d’un Grand Prix de Monaco placé sous le joug de Kimi Antonelli, le pilote Ferrari savoure un résultat qui fait de lui le nouveau dauphin du prodige italien au championnat.

Tout le week-end, il aura été dans le coup. Jamais classé au-delà de la troisième place en essais libres (il s’est même offert le meilleur chrono des FP2. Ndlr), Lewis Hamilton a confirmé samedi en qualification puis dimanche en course qu’il était bel et bien de retour à son meilleur niveau. Devancé de seulement deux dixièmes par le poleman et futur vainqueur Kimi Antonelli dans l’exercice de la vitesse pure, le septuple champion du monde n’a en revanche rien pu faire le dimanche après-midi face au rythme impressionnant du jeune prodige italien. Contraint de suivre à distance raisonnable le toujours plus bluffant leader du championnat, le pilote Ferrari s’est néanmoins offert une seconde deuxième place d’affilée (après celle conquise il y a deux semaines au Canada. Ndlr) qui lui permet de remonter au deuxième rang du classement mondial avec un total de 90 points au compteur.

Avec désormais huit podiums à votre actif en Principauté, vous égalez le record fixé il y a trente-trois ans en arrière par votre idole Ayrton Senna. Êtes-vous satisfaits de votre course ?

Je suis vraiment reconnaissant d’être ici avec ces jeunes. Dehors, quelqu’un m’a dit que j’étais plus vieux que les deux (Antonelli et Hadjar. Ndlr) réunis (sourire. Ndlr). C’est une sensation incroyable d’être assis devant vous et un immense privilège d’être encore ici, de piloter une Ferrari et de faire partie des 22 pilotes de ce sport. Courir devant tous ces gens est une expérience incroyable et quelque chose que j’aime par-dessus tout. Je suis reconnaissant d’avoir réussi à progresser dans la hiérarchie, car on ne partait que troisième aujourd’hui. Finir à la deuxième place est donc quelque chose de génial. Cela fait désormais deux secondes places consécutives. On avait déjà connu une bonne course à Montréal, mais tout le monde disait « ok, mais il est rapide là-bas ». J’ai la sensation d’être dans une période où je dois sans cesse rappeler aux gens qui je suis. L’an dernier, mes fans me disaient justement de me rappeler qui je suis donc désormais j’essaye de le faire et de répondre présent tous les week-ends. C’est formidable de voir cet amour renouvelé à l’intérieur de l’équipe. Ils ont confiance en moi et dans leur choix de m’avoir engagé donc je suis très content.

Kimi Antonelli a reconnu qu’il était nerveux de vous avoir à ses côtés au moment du deuxième départ. Quel était votre état d’esprit à cet instant précis de la course ?

Je ne pensais qu’à la victoire ! J’espérais pouvoir le doubler au départ. Il y avait une réelle opportunité, mais malheureusement on a quasiment pris le même envol tous les deux. J’ai sans doute gagné quelques mètres par rapport à lui puisque j’étais presque revenu à hauteur de ses roues arrière, mais ce n’était hélas pas suffisant pour me propulser en tête de la course. À mesure que les tours ont défilé, je l’ai ensuite vu progressivement s’éloigner. Ils évoluent à un autre niveau. Me retrouver derrière Kimi fut une bonne expérience, car cela m’a donné une bien meilleure idée de ce que l’équipe doit améliorer. Je ne parle pas seulement de mes sensations au volant, mais également de ce que j’ai pu voir. Il y encore beaucoup de choses à apporter à cette voiture.

Dans quel domaine en particulier ?

En termes de performance globale. Ils (Mercedes. Ndlr) sont clairement devant nous sur le plan de l’appui aérodynamique. Ici, la puissance n’est pas réellement un problème. Vous avez surtout besoin de charge aéro. Quand vous regardez la traction des Mercedes en sortie de virage, c’est juste le jour et la nuit entre eux et nous. Fort heureusement, plus de performance va bientôt arriver sur la voiture. Je sais que les gars à l’usine travaillent comme des fous donc j’espère qu’ils sont contents de ce résultat.

« Même si les gars de Mercedes sont très rapides et qu’ils ont une équipe incroyable, on va continuer de pousser et de se battre. Je n’ai aucun doute sur le fait qu’à un moment donné, on va arriver à les rattraper » 

Après deux secondes places consécutives, avez-vous le sentiment qu’une première victoire en rouge est proche ?

Cela pourrait difficilement être plus serré, mais on parle tout de même de 66 points d’écart. Je n’arrive pas à réaliser que je suis deuxième au championnat. Je suis non seulement très heureux, mais également très reconnaissant de me retrouver à cette place. Je n’aurais pas pu y arriver sans l’aide de l’équipe et sans la fiabilité qui est la nôtre aujourd’hui. Je dois, aussi, beaucoup à Fred (Vasseur. Ndlr). Il m’a soutenu d’une façon incroyable. La saison passée a été très dure pour chacun d’entre nous. J’ai dû le supplier d’effectuer certains changements. Il a fini par les accepter et par les mettre en œuvre. Aujourd’hui, je récolte les fruits de ce travail de l’ombre et je suis capable de les en remercier en performant sur la piste. On est encore tôt dans la saison, donc on doit continuer de pousser pour nous améliorer. Dans la vie, je dirais qu’il est plus facile d’être le chasseur que le chassé. Même si les gars de Mercedes sont très rapides et qu’ils ont une équipe incroyable, on va continuer de pousser et de se battre. Je n’ai aucun doute sur le fait qu’à un moment donné, on va arriver à les rattraper.

Vous avez écopé d’une pénalité pour vitesse excessive dans les stands. Beaucoup de pilotes ont déclaré après coup avoir trouvé ces pénalités plutôt injustes. Avez-vous été surpris d’être vous aussi sanctionnés pour cette infraction ?

Je n’étais pas en excès de vitesse. Je pense que c’est juste la façon dont la pit-lane est conçue. Je roule dans cette voie des stands depuis des années. Ce n’est pas comme si j’entrais dans la pit-lane en oubliant d’appuyer sur le bouton ou quelque chose comme ça. Le limiteur de vitesse est immédiatement activé. Je crois qu’il s’agit simplement de la trajectoire que vous empruntez dans la voie des stands. On l’a tous pris de la même façon pendant des années. Quand vous rentrez dans la pit-lane, vous coupez toujours un peu la ligne blanche. Je suis ressorti sans y prêter attention, en me concentrant sur la suite de ma course. J’ai donc été plutôt choqué d’apprendre que j’avais dépassé la vitesse autorisée dans la voie des stands, car je n’étais pas au-dessus du seuil permis. Tout est une question de distance parcourue à mon avis et c’est quelque chose que l’on va devoir observer avec attention parce que beaucoup de pilotes se sont fait sanctionner aujourd’hui alors qu’ils n’ont probablement pas dépassé la vitesse autorisée dans les stands. Écoper d’un stop-and-go ou attendre cinq, voir dix secondes sans bouger au moment de son arrêt, cela détruit littéralement votre course sur un tracé aussi court. Peu importe votre pénalité, sur un circuit comme Monaco vous perdez toute chance d’obtenir un bon résultat. Je suis donc reconnaissant que cette sanction n’ait pas eu trop impacte sur ma course.

Ayrton Senna reste avec six succès le recordman de victoires dans les rues de Monaco. Vous qui venez de l’égaler au nombre de podiums décrochés en Principauté, pensez-vous pouvoir un jour réussir à égaler son record de victoires ?

Je suis là depuis un moment déjà et je n’ai pas encore réussi à atteindre son niveau à Monaco. Mais je vais rester dans ce sport encore un peu de temps, donc la chasse continue. Le simple fait de l’égaler au nombre de podiums est déjà quelque chose de très cool. Je me souviens plus jeune quand je regardais Ayrton à la télévision. Encore aujourd’hui, il reste mon pilote favori. C’est très sympa d’avoir pu l’égaler cette année.

Propos recueillis par Andrea Noviello

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