De retour sur le Grand Prix de Monaco Historique cinq ans après une première expérience des plus réussies en 2021, Jean Alesi a de nouveau effectué un saut dans le passé en prenant cette fois le volant d’une Ferrari 312 de 1969 cravachée jadis par Chris Amon.
Sa première expérience sur le Grand Prix de Monaco Historique s’était achevée avec un arrière-goût amer dans la bouche. Brillant comme à ses plus belles heures du temps de chez Ferrari, Jean Alesi avait tout mis en œuvre pour récolter les lauriers et transformer son coup d’essai au volant de la mythique 312 B3-74 de Niki Lauda en coup de maître. Leader depuis le départ grâce à une meilleure mise en action que le poleman Marco Werner, l’Avignonnais avait pourtant vu la victoire lui filer entre les doigts à trois tours du but suite à une poussette en bonne et due forme du pilote allemand à la sortie du virage d’Anthony Noghès. Contraint d’abandonner après un méchant contact avec le muret des stands, le vainqueur du Grand Prix du Canada 1995 avait quitté le rocher à la fois enchanté par son expérience, mais aussi déçu par le dénouement d’une course qu’il espérait bien accrocher à son tableau de chasse.
Cinq ans après cette entrée en matière réussie bien que contrastée dans les rues de la Principauté, le président du circuit Paul-Ricard était de retour sur le Grand Prix de Monaco Historique en 2026. « Vu ce qu’il s’était passé en 2021, je n’avais pas très envie de recommencer, reconnaît avec honnêteté le Tricolore lors d’un entretien accordé à Nice-Matin. Mais le patron du team Méthusalem Racing, Mario Linke, m’a dit que je roulerai relax, car cette auto de 1969 ne pouvait pas jouer la gagne dans sa catégorie. Disons que je n’ai pas hésité trop longtemps. Je me suis assez vite laissé convaincre d’autant qu’il s’agit d’un superbe événement. » Engagé cette année en Série D (voitures de Grand Prix F1 à moteur 3L de 1966 à 1972. Ndlr), Jean Alesi s’est pour l’occasion vu confier le volant de la superbe Ferrari 312 pilotée jadis par le regretté Chris Amon. Désireux de bien figurer malgré le léger manque de performance de sa machine, le natif d’Avignon a très vite réenfilé sa combinaison d’attaquant au point de se laisser surprendre comme un débutant dès la première journée d’essais du vendredi.
« Je suis content quand même »
Grisé par le pilotage d’une auto plaisante, mais qui selon ses dires « ne demande qu’à quitter la route », le Français a perdu le contrôle de sa 312 sur un freinage un peu trop tardif à la chicane du Port avant de violemment heurter le rail de sécurité. Contrite par une sortie de piste aussi handicapante en termes de roulage (il n’avait alors accompli que quatre petits tours en essais libres. Ndlr) que de dégâts occasionnés (il a fallu toute la nuit aux mécaniciens du team Méthusalem Racing pour réparer un train avant très endommagé dans l’accident. Ndlr), la coqueluche des Tifosis s’est évertuée à se faire pardonner sa faute le samedi en privilégiant, cette fois, une approche plus prudente lors de la séance qualificative. Soucieux de ne pas redonner du travail à un groupe de mécaniciens déjà fortement sollicité la veille, le pilote aux 201 départs en Grand Prix a assuré le sixième chrono du jour soit la position même qu’il occupait vingt-quatre heures plus tôt à l’issue d’une première journée de roulage marquée par son embardée à la sortie du tunnel Louis II.
Impatient d’en découdre en course et de surtout voir un drapeau à damier qui s’était injustement refusé à lui cinq ans plus tôt, Jean Alesi n’a malheureusement pas pu prendre le départ de son deuxième Grand Prix de Monaco Historique, la faute à un ennui technique sur sa rutilante Ferrari 312 au moment de s’installer sur la grille de départ. « La voiture a démarré, on l’a faite chauffer, tout était ok, rembobine dans les colonnes de Nice-Matin la tête d’affiche de cette quinzième édition de l’épreuve princière. Lorsque l’on a pris la direction de la pit-lane, une petite dent du moteur de la pompe à essence a lâché. Malgré cela, je suis content quand même, car le week-end a été extrêmement bien organisé par l’Automobile Club de Monaco. Les commissaires, l’ambiance, les voitures, les fans … c’était une très belle fête pour mettre en valeur le sport automobile. C’est aussi pour cette raison que j’adore venir à Monaco. »
Andrea Noviello

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