Formule 1

Grand Prix de Monaco : la preuve par 6 (2/2)

Monaco 96 Panis Ligier
Olivier Panis décroche en 1996 une victoire inoubliable au volant de sa Ligier à moteur Mugen-Honda.
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Troisième épreuve la plus disputée de toute l’histoire de la Formule 1, le Grand Prix de Monaco a accueilli le week-end dernier la catégorie reine du sport automobile pour la soixante-douzième fois depuis 1950. L’occasion pour Warm-up F1 de revenir sur huit éditions gravées à tout jamais autour du chiffre six.

1996 : Panis comme dans un rêve

Monaco GP 1996 Olivier Panis Ligier

Reconduit une troisième année consécutive chez Ligier, Olivier Panis connaît un début de championnat 1996 relativement triste et égayé par le seul petit point récolté lors de la deuxième manche au Brésil. Victime de deux abandons consécutifs en Europe (accrochage. Ndlr) et à Saint-Marin (boîte de vitesses. Ndlr), le Français se présente à Monaco sans grandes certitudes bien que ses derniers tests sur le circuit d’Imola l’aient quelque peu rassuré sur le potentiel de sa JS43 dans une configuration à haute charge aérodynamique. Bien entré dans son week-end princier (il signe le sixième chrono des essais libres 1. Ndlr), le pilote Ligier ne décroche pourtant que le quatorzième temps des qualifications à la suite de soucis électroniques. Heureusement pour lui, la météo va venir jouer les troubles fêtes et bousculer le dimanche après-midi des cadors de la discipline. D’abord prudent au volant d’une Ligier gavée en essence, le champion 1993 de F3000 accélère progressivement le rythme à partir du 6ème passage avant de se jouer tour à tour de Martin Brundle, Mika Hakkinen et Johnny Herbert. Remonté de manière presque inespérée au septième rang, le Tricolore négocie bien la phase des arrêts au stand (il stoppe au 28ème tour pour changer de pneus. Ndlr) ce qui lui permet d’émerger à la quatrième place derrière la Ferrari d’Eddie Irvine. Facilement revenu sur les talons de l’Irlandais, le natif d’Oullins se débarrasse du pilote de la Scuderia dans la 36ème boucle à la faveur d’une manœuvre virile dans le virage du Loews. Il l’ignore encore, mais ce dépassement musclé vient de lui ouvrir les portes d’un premier succès historique en Principauté. Damon Hill (moteur. Ndlr) et son dauphin Jean Alesi (suspension. Ndlr) étant tous deux victimes de leur mécanique, Olivier Panis s’installe en tête dans la 60ème boucle et s’en va chercher une victoire que ni un David Coulthard pressant dans les derniers tours ni réservoir arrivé quasiment à sec ne parviendront à lui contester.

2006 : Alonso l’art de la riposte

Monaco GP 2006 Fernando Alonso Renault

Titré la saison passé au terme d’un magnifique duel avec Kimi Raikkonen, Fernando Alonso a encore franchi un palier dans ce début d’exercice 2006. D’une constance sidérante au sommet (il a jusque-là décroché trois victoires et trois deuxièmes places en six courses. Ndlr), l’Espagnol débarque à Monaco fort d’une confortable marge de quinze points d’avance sur son dauphin au championnat Michael Schumacher. Bien décidé à conforter son matelas sur le « Baron Rouge » à l’occasion de la manche monégasque, le pilote Renault aborde la séance qualificative en toute confiance lui a qui dominé deux des trois séances libres du week-end. En lice pour une toute première pole position dans les rues de la Principauté, « Nando » voit sa dernière tentative annihilée par la grossière manœuvre de son rival dans la course au titre au virage de la Rascasse (Schumacher feint un freinage raté pour immobiliser sa Ferrari sur la piste et provoqué la sortie du drapeau jaune. Ndlr). Deuxième de la séance, le natif d’Oviedo hérite finalement de la première place sur la grille à la suite de la disqualification de l’Allemand pour son geste anti-sportif. Un cadeau dont il va, évidemment, pleinement profiter. Auteur d’une mise en action parfaite au signal du starter, le protégé de Flavio Briatore se retrouve rapidement sous la menace d’un Kimi Raikkonen déchaîné. Harcelé tour après tour par le Finlandais, le champion du monde en titre n’abandonne le leadership à Mark Webber que le temps de son premier pit-stop au 24ème passage. Repassé en tête après l’arrêt de l’Australien dans la boucle suivante, le fer de lance de la firme au losange reprend son duel de chiffonnier avec le pilote McLaren avant que l’embrasement du moteur Mercedes d’« Ice-man » ne mette fin à ce mano-à-mano de haute voltige dans le 51ème tour. Débarrassé de son plus sérieux rival, « Nando » gère sereinement sa fin de course et s’en va chercher une quatrième victoire en sept courses qui lui offre un véritable boulevard (21 points d’avance. Ndlr) dans l’optique d’une deuxième couronne mondiale.

2016 : Hamilton prend sa revanche

Monaco GP 2016 Lewis Hamilton Mercedes

Couronné une troisième fois au terme d’une saison 2015 dominée de main de maître, Lewis Hamilton connaît un début de championnat 2016 plus délicat qu’escompté. Battu à quatre reprises consécutives par son coéquipier Nico Rosberg depuis Melbourne, le Britannique a également provoqué l’ire de ses patrons en s’accrochant avec son voisin de garage lors de la dernière course en Espagne. Dos au mur avant de se rendre à Monaco, le natif de Stevenage sait qu’il n’a désormais plus le droit au moindre faux pas s’il souhaite maintenir en vie ses chances de sacre en fin d’année. Ravi de retrouver un circuit qu’il apprécie tout particulièrement, mais sur lequel il ne s’est plus imposé depuis 2008, le champion du monde en titre signe d’entrée le meilleur chrono en libres 1. Moins à l’aise lors des autres séances libres du week-end, l’Anglais doit se contenter du troisième temps des qualifications derrière la Red Bull de Daniel Ricciardo et l’autre Mercedes de Rosberg. Resté sagement dans le sillage de son voisin de garage lors de premiers tours disputés dans des conditions d’adhérence très précaires, « King Lewis » efface la monoplace sœur de l’Allemand au 16ème passage à la faveur des problèmes de freins rencontrés par « Britney ». Distancé par un Daniel Ricciardo en total contrôle dans les rues de la Principauté, l’ancien protégé de Ron Dennis va forcer le destin en attendant au maximum avant de troquer ses pneus pluie contre des slicks. Appelé à son stand à l’entame du 32ème tour, le pilote Mercedes profite de la bourde des mécaniciens de chez Red Bull une boucle plus tard pour s’emparer de la tête de la course. Il ne la lâchera plus. Obligé de faire tenir ses ultra-tendres pendant 47 tours, Lewis Hamilton résiste magistralement au retour de Daniel Ricciardo et décroche un premier succès en 2016 qui le replace dans le sillage (24 points. Ndlr) de son coéquipier Nico Rosberg au championnat.

2026 : Antonelli force 5

F1 MONACO GRAND PRIX 2026

Sérieusement dominé en 2025 par un George Russell autrement plus performant que lui au volant de la Mercedes, Kimi Antonelli affiche un tout autre visage depuis la disparition des F1 à effet de sol. Vainqueur de son tout premier Grand Prix en carrière lors de la deuxième manche en Chine, l’Italien a depuis enfilé les succès comme des perles au Japon, à Miami et au Canada. Impressionnant de maturité malgré sa très faible expérience de la discipline, le prodige de la firme à l’étoile débarque en Principauté avec 43 points de marge sur son voisin de garage. Un écart loin d’être significatif et qui va encore s’accentuer au soir de ce sixième rendez-vous de la saison. Plutôt discret le vendredi en essais libres (il concède à chaque fois cinq dixièmes sur le chrono de référence. Ndlr), le natif de Bologne retrouve ses sensations le samedi en conquérant une quatrième pole position en 2026, le tout avec seulement 43 millièmes de seconde d’avance sur son dauphin Max Verstappen. Parfait à l’extinction des feux, le protégé de Toto Wolff prend immédiatement la poudre d’escampette, collant près de douze secondes à la Ferrari de Lewis Hamilton avant que ce dernier ne stoppe à son box. Rentré au stand à l’entame du 38ème tour afin de troquer ses gommes médiums contre des pneus durs, le pilote Mercedes reprend la piste sans même quitter la tête, preuve de sa supériorité en ce beau dimanche. Contraint de tout recommencer à zéro après le drapeau rouge provoqué par la sortie de Charles Leclerc et la dégradation du tarmac à l’approche du virage d’Anthony Noghès, le Transalpin ne se laisse pas déstabiliser d’un iota et effectue un nouvel envol parfait qui le catapulte vers un cinquième succès consécutif en 2026. L’autre Mercedes de George Russell n’ayant pas inscrit le moindre point au terme d’un week-end cauchemardesque, Kimi Antonelli renforce encore un peu plus son leadership au championnat pilotes puisque le jeune prodige de 19 ans compte désormais 66 longueurs d’avance sur Lewis Hamilton au classement.

Andrea Noviello

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