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Interview

Roberto Merhi : «L’expérience acquise l’an dernier va m’aider »

Roberto Merhi Monaco Roberto Merhi ne se satisfait pas de son début de saison.
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20ème temps de l’ultime séance libre du week-end ce matin, Roberto Merhi s’attend à vivre un autre Grand Prix difficile dans les rues de Monaco. Handicapé par une voiture qui accuse onze kilos de plus sur la balance que celle de son coéquipier Stevens, le débutant espagnol garde néanmoins son éternel optimisme avant d’attaquer les qualifications.

Roberto, vous souffrez nettement de la comparaison avec votre coéquipier Stevens depuis le début de la saison. Comment vivez-vous cette situation ?

Je ne suis clairement pas satisfait de la situation actuelle. Toutefois, elle s’explique avant tout par la différence de poids entre nos deux monoplace. Ma voiture est environ dix ou onze kilos plus lourde que la sienne et en F1 cela ne pardonne pas. La distribution des masses est également moins bonne sur ma monoplace. J’ai beaucoup de poids sur l’avant et cela ne m’aide pas. J’ai également essuyé quelques problèmes techniques qui ont ralenti ma progression sur les dernières courses. L’ensemble de ces causes expliquent nos différences de performances. L’équipe travaille d’arrache pied sur ces petits soucis afin de m’offrir une voiture un peu plus proche de la sienne dès que possible.

Quand votre équipe Manor a-t-elle prévu de réduire encore d’avantage le poids de votre monoplace ?

Je ne sais pas. J’ai déjà perdu cinq ou six kilos depuis Melbourne, car à l’époque ma monoplace accusait 16 kilos de différence par rapport à celle de mon coéquipier. On conduit plus ou moins la même voiture, mais ce différentiel de poids m’handicape beaucoup en termes de performance. Le team m’a demandé si je pouvais encore perdre cinq kilos. Je leur ai répondu par la négative, car j’étais déjà à la limite. Je pesais 80 kg avec tout l’équipement en Australie et j’ai achevé la course de Barcelone à 75 kg. Perdre de nouveau cinq kilos serait très difficile, même si cela ne serait pas impossible. Descendre plus bas n’est en revanche pas du tout envisageable à moins de ne manger que des salades (Rires).

« Un grand moment de la saison »

L’écart entre vous et Stevens fut moins grand lors de la dernière course à Barcelone. À quoi imputez-vous ce léger mieux ?

Aux caractéristiques de la piste. Barcelone est un circuit où l’on peut se rapprocher un peu plus parce qu’il ne comporte pas beaucoup de longues lignes droites contrairement à Bahreïn par exemple. Je ne suis clairement pas rapide dans les lignes droites et dans ces portions-là les autres voitures m’oublient complètement. J’étais plus proche de Will à Barcelone, car le tracé m’était plus favorable. Je ne lui ai concédé que trois dixièmes au tour avec mon premier train de pneus. Je n’ai pas pu tenir le même rythme dans mon second relais et cela explique que l’écart se soit accru par la suite. Trois dixièmes représentent déjà  un écart un peu plus normal et acceptable. Mais je sais aussi que le tracé en lui-même a fortement contribué  à mon rapprochement. Les lignes droites étant plus courtes, j’ai moins perdu de temps sur lui qu’à l’accoutumée.

Monaco devrait encore mieux vous convenir puisque le tracé princier n’est doté d’aucune vraie ligne droite …

Oui c’est une évidence. Il faut toutefois rester prudent, car Monaco est un circuit unique en son genre. J’étais un rookie sur ce tracé l’an dernier et l’apprentissage n’avait pas été évident. J’avais terminé la course juste derrière Stevens, mais Will était déjà venu à deux reprises à Monaco. L’expérience acquise l’an dernier va bien évidemment m’aider cette année. On va voir ce qui se passera et ce que je serais en mesure de réaliser ici. Monaco est une course très spéciale. C’est le circuit en ville le plus emblématique de la Formule 1. Venir en Principauté a toujours été un grand moment de la saison. Dès qu’on met les roues sur cette piste, on prend tout de suite conscience que l’on court sur un tracé légendaire du calendrier.

Comme vous en avez pu faire l’amère expérience jeudi en libres 2, ce tracé monégasque ne pardonne aucune erreur. Pourquoi est-il autant apprécié par les pilotes ?

Tout simplement parce que conduire à Monaco est très plaisant. Quand vous avez couru sur tous les types de tracé, vous vous rendez vraiment compte à quel point Monaco est génial. En comparaison, le tracé d’Abou Dhabi est très ennuyant parce que les dégagements sont énormes. On n’a pas le droit à la faute ici et c’est pour cela que l’on aime rouler à Monaco. Toutefois, le circuit de Macao représente encore un challenge supérieur pour les pilotes. Les virages sont plutôt lents à Monaco donc quand on se crash on ne tape pas trop fort. À l’inverse, Macao est composé de beaucoup plus de virages rapides et les murs y sont encore plus proches. Si vous perdez un peu la voiture dans ces courbes rapides, vous terminez instantanément dans le mur et le choc peut être très violent. Le défi est encore plus excitant à Macao. Le circuit de Monaco est dangereux, mais reste malgré tout assez sur.

« Tout le monde pense à Jules »

Les résultats obtenus par l’équipe depuis le début de la saison seront-ils suffisants pour assurer la viabilité de l’équipe en Formule 1 ?

Je l’espère. On va tout donner pour que l’écurie continue d’évoluer au plus haut niveau du sport automobile. Elle le mérite. Le team a connu une très bonne course ici l’an dernier. Tout le monde pense à Jules. C’est toujours un bon moment de se rappeler ce qu’il a réalisé l’an dernier. Il avait effectué un très bon travail en course. Jules est un très bon pilote, tout le monde le sait. Il n’est malheureusement pas avec nous cette année. Revenir ici a été très dur pour l’équipe parce que tout le monde se souvient de son exploit de la saison passée. Si l’équipe en est là aujourd’hui, elle le doit avant tout aux points récoltés par Jules à Monaco.

Pensez-vous pouvoir rééditer l’exploit de Jules cette année en inscrivant les premiers points de Manor ce dimanche ?

Il existe toujours une chance de rentrer dans les points si de nombreux pilotes devant nous connaissent des soucis en course. Mais ce sera très compliqué. Tout le monde a une nouvelle monoplace cette année alors que nous courrons toujours avec la même voiture qu’a piloté Jules l’an dernier. On n’a pas le FRIC sur notre auto et avec cette piste très bosselée on est clairement défavorisé. Réussir à inscrire des points cette année sera très difficile. Je vais tout donner pour tenter de répéter la même course que Jules. Il avait réalisé un vrai exploit l’an dernier et l’imiter ne sera pas chose facile.

Propos recueillis par Andrea Noviello

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