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Interview

Stéphane Richelmi : « On est là pour la gagne » (2/2)

Stéphane Richelmi garage Stéphane Richelmi estime que sans l'aide du FCY, la n°38 n'aurait pas triomphé à Silverstone.
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De retour en Endurance après un an d’exil en Blancpain GT Series, Stéphane Richelmi analyse son bon début de championnat avec le Jackie Chan DC Racing et affirme ses ambitions. Le Monégasque brigue le titre cette saison en LMP2.

On l’avait quitté en 2016 sur le toit de la LMP2. On le retrouve deux ans plus tard dans la peau d’un postulant à la couronne mondiale dans cette même catégorie intermédiaire. S’il a délaissé la combinaison blanche et bleue de l’écurie Alpine pour enfiler celle, légèrement plus sobre, du Jackie Chan DC Racing, Stéphane Richelmi n’a rien perdu de ses ambitions lui qui aspire à rebondir après une saison ratée en Blancpain GT Series. Conscient de devoir, encore, faire ses preuves en Endurance, le Monégasque s’est rapidement acclimaté à sa nouvelle écurie, décrochant un premier succès sous les couleurs chinoises dès sa troisième sortie de l’année à Silverstone. Battu par la machine sœur du trio Jaafar-Tan-Jeffri lors de la manche suivante à Fuji, le champion du monde 2016 d’Endurance n’en a pas moins réalisé une bonne opération comptable au championnat en revenant à une seule longueur des leaders Negrão-Lapierre-Thiriet (Alpine). Déterminé à poursuivre sur sa belle lancée lors du prochain rendez-vous du WEC en Chine, Richelmi profite d’un mois de pause dans son calendrier pour revenir sur son joli début d’exercice avec le Jackie Chan DC Racing et pour réaffirmer haut et fort ses ambitions de titre en LMP2.

En 2016, tout vous avait souri avec Alpine pour votre grande découverte des 24 Heures du Mans. Cette fois, en revanche, la réussite n’a pas été de votre côté …

Oui, mais en réalité Le Mans c’est ça ! La première année, je n’ai pas réellement mesuré la difficulté de l’épreuve. Je le savais très bien. C’était presque « trop facile ». Certes on avait fait ce qu’il fallait avec Alpine, mais on avait aussi été épargné par la malchance. Pas cette fois. On s’est fourvoyé sur le set-up du pneu avant-gauche et on en a simplement payé le prix. On a été bête, on n’aurait pas dû écouter certaines personnes. Le Full Course Yellow limite les dégâts sur la première crevaison, mais on perd quand même cinq minutes. La deuxième crevaison cause, en revanche, nettement plus de dégâts parce que Gabi (Aubry) crève à 300 km/h et arrache une bonne partie de l’auto. On lâche douze ou treize tours dans la réparation. Après, il faut voir le bon côté des choses car tu peux avoir bien pire au Mans.

À Silverstone aussi rien ne vous aura été épargné, mais vous parvenez malgré tout à triompher au terme d’un duel féroce avec la n°37. Imaginiez-vous un tel scénario possible après le drive-through infligé à votre coéquipier Tung en début de course ?

Les courses de 6 Heures sont toujours mouvementées. Quand Ho-Pin (Tung) a pris le drive-through, on n’était honnêtement pas plus inquiet que cela. À l’arrivée on se dit que ça aurait été plus simple sans, mais en fin de compte cette pénalité ne nous a pas porté préjudice. La crevaison de la n°37 nous a d’abord propulsé en tête avec une grosse marge avant que la voiture de sécurité n’efface tout. De 45 secondes en notre faveur, l’écart est passé à zéro. On n’a, de surcroît, pu mettre que cinq secondes d’essence pendant la neutralisation ce qui nous obligeait à stopper une fois de plus que les autres. Sans les problèmes rencontrés par la TDS et sans le Full Course Yellow, on ne gagnait pas à Silverstone. On a vraiment eu de la chance que le FCY entre en action juste après le ravitaillement de la n°37.

« De l’extérieur les gens peuvent à tort croire qu’on est au-dessus et que les courses sont faciles pour nous, mais en Endurance une course n’est jamais gagnée à l’avance »

Avant ce succès en terre britannique, vous n’aviez plus goûté au doux parfum de la victoire en WEC depuis Austin 2016. Qu’avez-vous ressenti au moment de grimper sur la première marche du podium de Silverstone ?

De la joie surtout après une saison dernière très compliquée en Blancpain GT Series. J’ai malheureusement pris la mauvaise habitude de monter régulièrement sur le podium depuis que je roule en WEC (sourire). Alors oui, la concurrence n’est pas aussi étoffée qu’en Blancpain, mais lorsque j’aborde une course d’Endurance je vise toujours un podium ou une victoire. L’adversité étant relativement réduite en LMP2, quand tu termines troisième tu es content de monter sur le podium, mais tu n’es pas vraiment satisfait du résultat. Car derrière toi, il n’y a que quatre teams. Troisième, c’est limite. Gagner procure, en revanche, une toute autre satisfaction. Sur le papier, l’Asian Series n’offrait pas une grande concurrence, mais il fallait quand même s’imposer. Une victoire ça reste une victoire.

Le championnat se rendra le 18 novembre prochain à Shanghai pour la cinquième étape de cette Super Saison d’Endurance. Quel souvenir gardez-vous de votre précédente visite en Chine et de ce titre conquis au volant de l’Alpine ?

Cela reste, bien évidemment, un souvenir très particulier pour moi. Même si on n’avait terminé que quatrième au pied du podium, on avait ramené le titre à la maison et c’était l’essentiel. Je ne me suis rendu qu’une seule fois à Shanghai jusque-là et je vais donc y revenir pour la première fois cette année. Je trouve la piste plutôt sympa. J’y ai de bons souvenirs, mais je ne vis pas dans le passé. Cette année, j’évoluerai au sein d’un team chinois et avec un coéquipier chinois. L’ambiance s’annonce superbe et j’ai vraiment hâte d’y être. L’objectif est de ramener un autre doublé à l’écurie et si possible dans l’autre sens cette fois (rires).

Rendez-vous à domicile oblige pour le Jackie Chan DC Racing et compte-tenu de vos résultats récents, êtes-vous dans l’obligation de vaincre en Chine ?

On sera attendu au tournant, c’est certain. Tous les sponsors du team sont chinois et ils seront bien évidemment présents sur cette course. On devra performer à Shanghai, car pour le team c’est la vraie course à domicile. On sait donc ce qu’il nous reste à faire. J’espère simplement que Jackie sera présent à nos côtés pour nous soutenir et qu’il pourra célébrer un nouveau succès. Il peut déjà être fier de ce que nous avons accompli jusque-là. Personne, avant nous, n’avait réussi deux doublés consécutifs dans l’histoire de la LMP2. On a donc déjà réalisé quelque chose de beau et on doit continuer de la sorte. De l’extérieur les gens peuvent à tort croire qu’on est au-dessus et que les courses sont faciles pour nous, mais en Endurance une course n’est jamais gagnée à l’avance. On doit rester concentré jusqu’au bout.

Propos recueillis par Andrea Noviello

Stéphane Richelmi Silverstone

Richelmi brigue la victoire et rien d’autre pour le rendez-vous à domicile de son écurie en Chine.

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