Engagée pour la douzième fois sur l’épreuve princière, Julia de Baldanza s’est offerte une nouvelle parenthèse enchantée dans les rues de la Principauté à l’occasion de la quinzième édition du Grand Prix de Monaco Historique. Ravie de retrouver un circuit qu’elle affectionne tout particulièrement, la pilote italienne a conclu son beau week-end monégasque sur une très honorable treizième place en course.
À chaque édition, elles se comptent sur les doigts d’une main. Si le sport automobile dans son ensemble a opéré depuis quelques années une sérieuse féminisation de ses effectifs, rares sont celles encore aujourd’hui à oser s’aventurer derrière un volant. Paradis des collectionneurs et des amoureux de voitures anciennes, le Grand Prix de Monaco Historique réussit pourtant tous les deux ans à attirer quelques représentantes de la gent féminine. Parmi les trois « gentlewoman driver » engagée lors de cette 15ème édition (les Allemandes Nicola Von Dönhoff et Katarina Kyvalova concourent toutes les deux en Série C. Ndlr), Julia de Baldanza fait non seulement figure de doyenne, mais également de plus fidèle ambassadrice du « sexe faible ». Car la sémillante pilote originaire d’Argentine n’en est pas à son coup d’essai elle qui participe cette année à sa douzième épreuve dans les rues de la Principauté.
« Ma première passion c’était l’aviation, rembobine celle qui officie comme lors de chaque Grand Prix de Monaco Historique au volant d’une magnifique Bugatti 35B de 1928. Mais je suis très vite tombée amoureuse des voitures, car dans mon entourage proche on ne parlait que de ça à longueur de journée. Il y avait aussi quelques pilotes dans ma famille. Quelque part, c’était déjà ancré en moi. Je ne rêvais pas de courir, mais j’ai assez tôt senti une affinité particulière avec les moteurs. La musique d’un huit cylindres, c’est tout simplement un concert fabuleux ». Initiée bien malgré elle aux épreuves historiques à l’occasion des 24 Heures du Mans Classic (elle ignorait alors totalement de quoi il s’agissait. Ndlr), la femme d’affaires et collectionneuse italienne n’a depuis l’obtention de sa licence de pilote en 2002 plus jamais lâché le volant, devenant au fil des ans une véritable habituée des courses et autres revivals à la sauce vintage.
« Monaco est mon circuit favori »
Inscrite cette année en Série A1 (voitures de Grand Prix d’avant-guerre et voiturettes. Ndlr), Julia de Baldanza a ressorti pour l’occasion sa fabuleuse Bugatti 35B de 1928, une auto intimement liée à l’épreuve princière puisque c’est au volant de l’un de ces modèles que le Britannique William Grover-Williams (1929. Ndlr) d’abord puis le Français René Dreyfus (1930. Ndlr) ensuite remportèrent les deux premières éditions du Grand Prix de Monaco. Soucieuse de partager au plus grand nombre « l’histoire, la technologie et la beauté » d’une auto restée propriété de l’usine Bugatti jusqu’en 1938, la pilote flanquée du numéro 8 a comme lors de chacune de ses onze précédentes participations en Principauté pris un malin plaisir à cravacher une machine rachetée en 1999 à un collectionneur japonais sur l’un des circuits les plus mythiques, mais aussi les plus exigeants de l’histoire de la course automobile.
« Monaco est mon circuit favori, lance le sourire aux lèvres celle qui arpente depuis maintenant près d’un quart de siècle les paddocks des épreuves historiques. Il fait parti de moi désormais. Je le connais très bien et je me sens à mon aise ici. Ce genre de voitures aime les pistes où l’on peut aller vite, mais j’adore courir sur des tracés plus techniques comme Monaco, car le challenge de pilotage y est plus élevé. » Confrontée à une opposition plutôt relevée en série A1 (ils étaient vingt concurrents au départ des premiers essais le vendredi. Ndlr), celle qui roule sous licence britannique et qui vit également de l’autre côté de la Manche depuis de nombreuses années a largement respecté son tableau de marche en ramenant sa Bugatti 35B à la treizième place (sur dix-huit pilotes au départ. Ndlr) d’une course animée et au cours de laquelle elle s’est offerte plusieurs dépassements.
Andrea Noviello

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