Au four et au moulin tout au long d’un week-end toujours très chargé pour lui, le Président de la Commission des Voitures de Collection a pris le temps de se poser quelques minutes dans les locaux de l’Automobile Club de Monaco pour évoquer avec Warm-up F1 les grandes lignes d’une quinzième édition qu’il espère à la hauteur du plateau présenté.
L’Automobile Club de Monaco a mis les petits plats dans les grands à l’occasion de cette 15ème édition du Grand Prix Historique en concoctant un plateau riche de quasiment 200 voitures. Peut-on d’ores et déjà parler d’une cuvée d’exception ?
Cela faisait très longtemps que nous n’avions pas eu un tel plateau. Il est absolument extraordinaire ! On a près de 200 autos dont 102 Formule 1 à moteur 3 litres. C’est, je pense, le plus gros plateau au monde pour ce type de motorisation. On a également 11 Bugatti en Série A1 donc on peut se montrer très satisfait. Alors bien sûr, on ne l’est jamais à 100%, mais on est quand même content. Le public est heureux puisqu’hier (vendredi. Ndlr) on a fait le plein des tribunes. Or, c’est la première fois que nous affichions complet de la sorte.
Comment expliquez-vous, justement, l’engouement croissant du public pour ce Grand Prix de Monaco Historique ?
Il s’agit, tout d’abord, d’un vrai travail de fond. Nous sommes une assez grosse équipe à bosser sur cette épreuve pendant près de dix-huit mois. On effectue, également, un gros boulot de communication sur les réseaux sociaux. On a, enfin, l’avantage d’être un peu plus connu d’année en année, car il y a aussi beaucoup de bouche à oreille de la part des concurrents. On essaye de les rendre heureux. Je passe mon temps à parler avec eux et je dois reconnaître que cette année ils sont assez contents. Même si on en est à la quinzième édition, nous ne sommes pas du tout en roue libre (sourire. Ndlr). Nous nous évertuons, au contraire, à nous améliorer dans la mesure du possible à chaque édition.
Ce Grand Prix de Monaco Historique est, aussi, l’occasion de célébrer de nombreux anniversaires : les 100 ans des débuts en course de Maserati, les 80 ans de la sortie de la première Gordini ou encore les 50 ans de l’apparition de Ligier en Formule 1 …
Absolument. Nous célébrons également les 60 ans du moteur 3 litres en Formule 1. Le seul problème que l’on ait vraiment, c’est le temps et la place. On aurait aimé faire une photo de toutes les Formule 1 3 litres engagées sur cette quinzième édition. Mais cela prend, hélas, beaucoup de temps, car il faut sortir les voitures du paddock, les amener sur la piste, les ranger, trouver une personne qui va réaliser les photos avec l’aide d’un drone, refaire le tour du circuit et retourner au paddock. Il faut donc compter deux ou trois heures pour y parvenir et on ne les a, malheureusement, pas. Le temps, voilà ce qu’il nous manque avant tout.
« Les gens de chez Ferrari sont à la fois très puissants, mais aussi assez bienveillants. Ils ne viennent pas du tout ici en terrain conquis. Ils demandent, au contraire, à travailler avec nous »
Le retour de la parade Ferrari sur deux jours (samedi et dimanche. Ndlr) constitue l’un des moments forts de ce Grand Prix de Monaco Historique. Quel regard portez-vous sur cette collaboration de prestige avec l’iconique marque au cheval cabré ?
Je trouve cette parade très sympa. C’est assez étrange, car les gens de chez Ferrari sont à la fois très puissants, mais aussi assez bienveillants. Ils ne viennent pas du tout ici en terrain conquis. Ils demandent, au contraire, à travailler avec nous. Je dois d’ailleurs reconnaître que c’est un vrai plaisir de collaborer avec eux parce qu’ils sont très bien organisés. Bien évidemment, ils souhaitent renouveler l’opération. Je pense que nous aussi. Entre eux et nous, c’est une belle entente. Cette parade donne beaucoup de plaisir aux concurrents et aux spectateurs. Vous avez vu la qualité des voitures présentes ? C’est quand même quelque chose ! Il n’y a que des autos qui ont gagné des Grand Prix avec des grands pilotes.
La présence de plusieurs Ferrari mythiques de la fin des années 90 et du début des années 2000 a-t-elle, selon-vous, contribué à attirer un public encore plus large pour cette quinzième édition ?
L’avantage de ces voitures c’est qu’elles sont toutes différentes. Je ne parle pas uniquement des Ferrari, mais du plateau en général. Les couleurs sont différentes, les autos sont différentes. On les reconnaît immédiatement. Elles ne sont pas comme les Formule 1 d’aujourd’hui qui se ressemblent toutes et sont quasiment toutes identiques. La Formule 1 moderne est plus un championnat de marques que de pilotes. Voilà pourquoi le public répond présent sur le Grand Prix Historique. Rien qu’au niveau du bruit des voitures vous avez des 4 cylindres, des 6 cylindres, des V6, des 6 cylindres en ligne, des V8, plusieurs marques de V12, des V16 et même une BRM H16. C’est un truc complètement fou ! Êtes-vous allés dans les paddocks ? C’est un pur bonheur.
L’introduction tant attendue des F1 à moteurs turbo représente l’autre principale attraction de cette édition 2026. Envisagez-vous d’étoffer le plateau de la Série G à l’avenir ?
On va, d’abord, voir comment cela se passe cette année. Il y aura, à mon avis, quatre voitures à moteur turbo au départ lors de cette quinzième édition. On va voir, car nul ne sait de quelle manière les choses vont se passer. Les pilotes sont assez … comment dirais-je ? Pas modestes, mais presque. Ils sont humbles dans leur approche. Ils n’ont pas l’intention de tout casser. On va donc observer et espérer que tout se passe bien en course. Cela permettra de décider quelle suite on donnera à ce type de motorisation dans les années à venir.
Propos recueillis par Andrea Noviello
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