Déjà le plus rapide lors de l’ultime répétition des libres 3, le pilote Mercedes a également dominé une séance qualificative particulièrement indécise dans les rues de la Principauté.
En l’espace d’une nuit, il a totalement retourné une situation bien mal embarquée pour lui et une écurie Mercedes sérieusement bousculée dans les rues de la Principauté. Plutôt discret lors de la journée inaugurale du vendredi, Kimi Antonelli a sonné la révolte des flèches d’argent (ou tout de moins la sienne) en ce beau samedi ensoleillé. Dominateur pour la première fois du week-end lors de l’ultime répétition générale des libres 3, le prodige italien a confirmé son éclatante forme du moment en conquérant dans l’après-midi une cinquième pole position consécutive au cours d’une qualification à couper le souffle. Menacé comme jamais cette saison par la Red Bull de Max Verstappen et les Ferrari de la doublette Lewis Hamilton-Charles Leclerc, le leader du championnat a damé le pion à tous ses adversaires lors d’une ultime tentative de toute beauté, décrochant au nez et à la barbe du quadruple champion du monde néerlandais (43 millièmes séparent les deux hommes à l’issue de leur dernier tour en Q3. Ndlr) la toute première pole de sa carrière sur le mythique tourniquet monégasque.
Vous avez décroché ce samedi votre cinquième pole position depuis Shanghai (Chine. Ndlr). À quel point ce dernier tour chronométré était-il bon ?
C’était un bon tour, un très bon tour même. J’ai réussi à tout mettre bout à bout. En fin de compte, ce fut très serré. Pour être honnête, je ne m’attendais pas à ce que Max (Verstappen. Ndlr) et Red Bull puissent se battre avec nous pour la pole, parce qu’ils ont pas mal souffert en essais libres 3. Ils ont réalisé un superbe travail pour remonter la pente et revenir sur le devant de la scène. La lutte a vraiment été intense aujourd’hui, donc je suis très heureux d’en ressortir avec la pole. J’ai déjà hâte d’être à demain.
Vous dites que vous avez réussi à tout mettre bout à bout lors de cette séance qualificative. La voiture vous a-t-elle tout particulièrement plu dans un virage ou un secteur spécifique ?
Je dois reconnaître que la qualification s’est avérée un peu plus difficile que prévu en début de séance. La piste semblait un peu étrange, un peu moins adhérente ce qui a rendu la voiture plus survireuse qu’en FP3. Puis le grip a commencé à revenir et l’auto s’est remise à mieux fonctionner. Dans ce dernier tour, je suis avant tout satisfait de mon deuxième secteur. On a connu pas mal de difficultés dans ce partiel durant le week-end notamment dans les virages cinq, six, sept et huit. Cette fois, le secteur s’est bien passé donc je suis content.
Sur le point strict du pilotage, dans quelle mesure la Q3 a-t-elle été intense pour vous ?
Elle fut très intense. J’en tremble encore pour être honnête. C’était juste super intense. Vous n’avez pas de marge pour l’erreur ici donc aller chercher deux ou trois dixièmes n’est jamais une chose facile. Ça l’est d’autant plus quand Max (Verstappen. Ndlr) est aussi proche et quand les Ferrari sont également de la partie. Lewis (Hamilton. Ndlr) a été solide tout le week-end. Clairement, cela n’a pas été une séance facile, mais je suis content de la terminer sur une pole position.
« L’équipe a réalisé un travail formidable pour retourner la situation en termes de réglages par rapport à hier »
Parlons de demain et de cette course si spéciale. Comment allez-vous aborder ce Grand Prix sachant que vous aurez juste derrière vous sur la grille deux multiples champions du monde ?
Bien sûr, je sais qui se trouve derrière moi et je sais aussi à quel point ils sont bons. Je suis convaincu qu’ils vont tenter de me mettre la pression et de me pousser à la faute. Mais avant toute chose, je vais déjà essayer de prendre un bon départ dimanche. Le Canada a marqué un net pas en avant dans ce domaine, mais demain les conditions seront différentes. Nous verrons bien comme cela se passera pour moi à l’extinction des feux. Il nous faudra aussi avoir un bon rythme, car la dégradation pneumatique peut s’avérer plus importante qu’escompté. On n’a pas vraiment pu effectuer de longs runs en essais libres. On a, seulement, accompli quelques tours d’affilé, donc on ne peut pas s’appuyer sur beaucoup de données. Évidemment, on sait qu’il est très difficile de dépasser sur ce circuit, mais vous avez tout de même besoin d’avoir du rythme au cas où un imprévu se produirait et vous obligerait à attaquer.
Revenons sur votre dernier tour chronométré. Comment avez-vous géré le rapport prise de risque/récompense dans le dernier secteur alors que Max Verstappen venait tout juste de souffler le meilleur temps à Charles Leclerc ?
Pour être honnête, je ne savais pas trop où je me situais et dans quelle mesure j’étais en train d’améliorer. J’ai juste eu le temps de jeter un œil à mon volant au moment d’entrer dans le dernier secteur puis une fois la ligne d’arrivée franchie. Je ne connaissais pas le temps que Max (Verstappen. Ndlr) avait fait pendant mon tour chrono. J’avais le sentiment qu’il s’agissait d’un bout tour, que tout s’était mis bout à bout, mais j’ignorais où je me situais exactement. Encore une fois, je savais que le deuxième secteur avait été excellent, puis j’ai reçu la confirmation de ma pole par radio. L’intensité est tellement importante dans ces moments-là que vous ne pensez qu’à piloter aussi vite que possible tout en essayant d’éviter les erreurs. Ce n’est qu’une fois la ligne franchie que vous regardez à quelle place vous avez terminé.
Vous pensiez que Miami serait compliqué et vous avez gagné le dimanche. Ici, vous disiez que Monaco ne serait pas forcément un circuit favorable à Mercedes et vous signez la pole position. Dans quel domaine, la voiture vous a-t-elle le plus surprise ce week-end ?
Je dois être franc et reconnaître que l’équipe a réalisé un travail formidable pour retourner la situation en termes de réglages par rapport à hier. Je ne suis pas en train de mentir, car vendredi on souffrait beaucoup. Le team a effectué un superbe travail de corrélation pendant la nuit et procédé à de gros changements de set-up. Ce matin, la voiture a tout de suite été plus vivante. Elle pardonnait nettement plus, notamment à l’attaque des vibreurs ou des bosses. Encore une fois, l’écurie a fourni un superbe travail sur les réglages ce qui nous a permis de gagner énormément de performance entre hier et aujourd’hui. C’est grâce au boulot accompli par le team que j’ai pu me battre pour la pole cet après-midi.
Propos recueillis par Andrea Noviello
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