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Grand Prix d’Allemagne

Course : Hamilton comme à la parade

Lewis Hamilton course Allemagne 2016 Lewis Hamilton rafle à Hockenheim sa quatrième victoire consécutive depuis l'Autriche.
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Mis sur orbite par un envol de toute beauté, Lewis Hamilton a facilement coiffé le Grand Prix d’Allemagne, douzième manche de la saison 2016 de Formule 1. Intouchable sur les terres de son rival au championnat Nico Rosberg, le Britannique empoche le 49ème succès de sa carrière devant les deux Red Bull de Daniel Ricciardo et de Max Verstappen.

Battu pour la deuxième fois consécutive par son coéquipier Nico Rosberg dans l’exercice du tour chronométré, même si le tête-à-queue de Fernando Alonso devant lui en Hongrie l’avait empêché de jouer la pole position à la régulière, Lewis Hamilton n’affiche pourtant pas le moindre signe de frustration à l’issue d’une séance qualificative moins prolifique qu’à l’accoutumée. Conscient de ne pas avoir complètement terminé le travail hier après-midi, le triple champion du monde aborde cette douzième manche de la saison avec l’intention de prolonger son impressionnante série victorieuse du moment. Si son emplacement sur la grille ne le place, à priori, pas en position idoine avant l’extinction des feux, le Britannique sait pouvoir s’appuyer sur une habilité retrouvée au moment de la mise en action. Sorti en tête du premier virage il y a une semaine à Budapest, le natif de Stevenage compte bien refaire le coup en Allemagne, histoire de montrer à son voisin de garage que sa défaite de la veille en qualification est déjà rangée au rang des péripéties.

Le pilote vedette de la firme à l’étoile met son plan à exécution dès le départ en oubliant littéralement un Nico Rosberg resté complètement scotché sur la partie la plus adhérente de la piste. Débarrassé d’entrée du seul pilote capable de venir le menacer sur la longueur d’une course, Hamilton va s’offrir un nouveau cavalier seul qu’il ponctuera, au terme d’une heure trente de démonstration, par un sixième succès en sept Grand Prix, le troisième en Allemagne après ceux conquis en 2008 et 2011. « Je n’ai commis aucune erreur aujourd’hui, révèle le fils d’Anthony. Je me sens heureux de ce que j’ai pu accomplir. Hier n’était pas un jour parfait, mais vous tirez toujours des enseignements de ce genre de choses. J’ai rempli le verre qui était à moitié plein après les qualifications. Je suis même parvenu à ménager un peu le moteur en fin d’épreuve. Gagner pour Mercedes lors du retour de la F1 en Allemagne, devant tous les fans, c’est fantastique. Je ne pouvais rêver meilleur résultat avant de partir en vacances. »

Course écourtée pour Massa

Positionné du côté sale de la piste, Hamilton grille la politesse à Rosberg au départ et prend immédiatement les commandes de la course. Victime d’un énorme patinage jusqu’à l’activation du troisième rapport, l’autre flèche d’argent est également débordée par les deux Red Bull de Daniel Ricciardo et de Max Verstappen. Toujours aussi agressif dans les duels rapprochés, le prodigue néerlandais réussit l’extérieur sur « Smiling » au virage 1 et se place comme le principal outsider d’un Hamilton déjà lancé sur une voie royale. Autre grand gagnant de ce premier tour, Sebastian Vettel dispose de son coéquipier chez Ferrari Kimi Räikkönen tandis que derrière les McLaren de Jenson Button et de Fernando Alonso ont bondi dans la hiérarchie. En mesure de conserver sa dixième place au moment de l’extinction des feux, Felipe Massa voit son Grand Prix sérieusement se compliquer lorsque la Renault de Jolyon Palmer le percute assez durement à l’épingle.

Si le contact n’a, semble-t-il, laissé aucun stigmate visible sur la FW38 du Brésilien, il sera néanmoins la cause principale de la course calvaire vécue par le champion du monde 2008 et de son abandon précoce au 36ème tour. Rapidement détaché en tête, le leader Hamilton imprime une cadence que personne ne parvient à suivre, pas même l’autre flèche d’argent de Rosberg. Contraint et forcé d’économiser son train de gommes au bout de seulement quatre tours, le natif de Wiesbaden reste volontairement à distance respectable de la Red Bull de Ricciardo devant lui avant de lancer la première salve des changements de pneus chez les gros bras au 12ème passage. Dans l’incapacité de venir à bout de l’Australien en piste, le vice-champion mise alors sur un choix pneumatique différent du protégé d’Helmut Marko pour tenter de prendre l’ascendant. Reparti chaussé en super tendres, quand le natif de Perth a misé sur les tendres, Rosberg hausse légèrement son rythme sans toutefois parvenir à se montrer plus menaçant.

Rosberg piégé par Verstappen

L’abrasivité de l’ancien tarmac d’Hockenheim mettant sérieusement à mal les enveloppes produites par Pirelli, personne n’est réellement en mesure d’attaquer ou d’oser une stratégie différente, à l’exception des deux Haas de Romain Grosjean et d’Esteban Gutierrez parties sur deux pit-stop contre trois à tous leurs adversaires. Il faut alors attendre la deuxième valse des arrêts pour voir enfin les choses se décanter. Toujours bloqué derrière les Red Bull, Rosberg décide de tenter le pari de l’ « undercut » en anticipant son deuxième changement de gommes au 28ème tour. Le choix de l’Allemand s’avère payant. Stoppé une boucle plus tard à son box, Verstappen ressort sous le nez de la Mercedes. Profitant de pneus plus chauds, le natif de Wiesbaden attaque l’Hollandais à l’épingle malgré un mouvement pour le moins grossier du pilote Red Bull sur le freinage. Obligé de corriger sa trajectoire au dernier moment, Rosberg vire large, emmenant le plus jeune vainqueur de l’histoire dans les run-off.

Passé en deuxième position, à la faveur également du pit-stop de l’autre monoplace autrichienne de Ricciardo, l’Allemand ne pourra toutefois pas savourer longtemps son dépassement autoritaire sur Verstappen. Pénalisé quelques tours plus tard par les commissaires de course pour avoir poussé le Néerlandais en dehors de la piste, le fils de Keke y perd ses derniers espoirs de podium dans un après-midi où rien n’aura tourné en sa faveur. « Je vais avoir besoin de temps pour digérer cette course, confie le pilote flanqué du numéro 6. Ce fut vraiment difficile du début à la fin. Je ne sais pas ce qui s’est passé au départ. La voiture a beaucoup patiné alors que tout avait bien fonctionné lors des précédents essais. Quant à la pénalité, je ne m’y attendais pas du tout. J’ai été très surpris. La bagarre me semblait régulière. Après, Max a changé de trajectoire en plein freinage alors que c’est exactement ce que l’on nous demande de ne pas faire. »

Red Bull passe devant Ferrari

Le local de l’étape étant définitivement écarté de la course au podium, la lutte pour la place de dauphin derrière l’intouchable Hamilton se borne désormais aux deux pilotes Red Bull. Devancé depuis le départ par son encombrant coéquipier, Ricciardo parvient à faire la différence à l’issue de son deuxième passage par les box au 34ème tour. Si plus rien ne changera à l’avant de la course, le peloton va s’en donner à cœur joie dans les dernières boucles. Tous les deux à l’agonie, respectivement en raison de gommes complètement détruites pour le Finlandais et d’une consommation d’essence critique pour l’Espagnol, Valtteri Bottas et Fernando Alonso perdront tout le bénéficie d’une course vaillante à quelques encablures de l’arrivée. Privé du point de la dixième place par la Force India de Sergio Perez, le double champion du monde terminera son Grand Prix  en roue libre, concédant même le 11ème rang dans l’ultime boucle à Esteban Gutierrez.

Étincelant sur les terres de son rival, Lewis Hamilton décroche à Hockenheim la 49ème victoire de sa carrière, la quatrième consécutive depuis l’Autriche. Désormais nanti d’une confortable avance de 19 points au classement pilote, le Britannique renforce son emprise sur cette saison 2016 et inflige un nouveau coup rude à un Nico Rosberg complètement dépassé ces dernières semaines. Plus que jamais lancé vers la conquête d’une quatrième couronne mondiale, le natif de Stevenage va pouvoir sereinement aborder la trêve estivale avant de revenir gonflé à bloc pour une deuxième partie de championnat où il aura, comme l’an dernier, l’intention de rapidement plier l’affaire face à son ennemi préféré en Formule 1.

Andrea Noviello

Jenson Button course Allemagne 2016

Jenson Button conquiert une très belle 8ème place en Allemagne à l’issue d’une course intelligente.

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