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Grand Prix de Hongrie

Course : Hamilton la loi du plus fort

Lewis Hamilton course Hongrie 2016 Lewis Hamilton bat le record de Schumacher avec cinq succès dans le Grand Prix de Hongrie.
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Contrarié d’avoir perdu la veille la pole position sur un coup du sort, Lewis Hamilton a fait parler toute sa soif de revanche pour remporter le Grand Prix de Hongrie, onzième manche de la saison 2016 de Formule 1. Propulsé en tête de la course par un envol parfait, l’Anglais signe au terme d’une éclatante démonstration la 48ème victoire de sa carrière devant la deuxième Mercedes de Nico Rosberg et la Red Bull de Daniel Ricciardo.

Frustré de ne pas avoir pu achever sa dernière tentative en Q3 à cause du tête-à-queue de Fernando Alonso devant lui, Lewis Hamilton n’a toujours pas digéré la décision prise par la FIA, les commissaires décidant de ne pas sanctionner son coéquipier Nico Rosberg en dépit d’un non respect flagrant du double drapeau jaune, au moment d’effectuer son tour de reconnaissance avant de venir se placer sur la grille de départ. Persuadé de s’être injustement fait voler une possible 56ème pole position en carrière, le Britannique quitte la voie des stands fort d’une envie de revanche décuplée. Mais alors qu’il effectue au ralenti les 4, 381 km du tracé de Budapest, le triple champion du monde s’aperçoit qu’un liquide vient arroser ses jambes. L’origine de la fuite est toutefois rapidement décelée : sa gourde est en train de se vider de la totalité de son contenu.

Une nouvelle pas forcément très réjouissante alors que le mercure n’a jamais affiché de températures aussi élevées du week-end et que les pilotes s’apprêtent à affronter l’une des courses les plus éprouvantes physiquement de la saison. Ce sera cependant la seule frayeur de la journée pour le natif de Stevenage. Catapulté en tête dès le premier virage par un superbe envol, le pilote Mercedes réalise une véritable démonstration de force à Budapest et coiffe avec maestria la cinquième victoire de sa carrière en terre hongroise. « Le départ a été crucial, concède l’Anglais. J’ai pu freiner au point de corde, malgré la présence d’une Red Bull sur la droite. Les gars ont encore effectué un travail exceptionnel. Le trafic a été assez compliqué à gérer. C’est toujours le cas ici. Mais la stratégie mise au point était idéale. Nico était devant depuis le début de la saison et je voulais inverser cette tendance depuis longtemps. Mon objectif est de rester leader du championnat d’ici la trêve. »

Le long calvaire de Button

Placé du côté le moins adhérent de la piste, même si le resurfaçage du Hungaroring cette année attenue nettement le désavantage rencontré sur l’ancien tarmac très poussiéreux, Hamilton connaît une mise en action légèrement meilleure que celle de son coéquipier Rosberg. Si les deux flèches d’argent attaquent le premier virage côte à côte, c’est l’Anglais qui vire en tête grâce à sa position préférentielle à l’intérieure. Crédité d’un envol encore plus réussi, Daniel Ricciardo choisit une trajectoire très extérieure à l’épingle qui lui permet de doubler le pilote allemand un court instant avant que celui-ci ne parvienne à récupérer son rang une courbe plus tard. Derrière, le peloton s’est montré relativement calme et discipliné. Seuls Fernando Alonso, sur son compatriote Carlos Sainz, et Valtteri Bottas, au détriment de Nico Hulkenberg, sont parvenus à gagner une place.

Rejeté au 15ème rang par un départ manqué, Kimi Räikkönen ne tarde pas à remonter dans la hiérarchie. Après Felipe Nasr et Sergio Perez, « Ice-Man » se débarrasse d’Esteban Gutierrez et de Jenson Button pour émerger en 11ème position au 5ème tour. Victime de l’enfoncement de sa pédale de frein, le pilote McLaren dégringole jusqu’en dernière position. Son long calvaire ne fait alors que commencer. Devant, le leader Hamilton accroît boucle après boucle son avance sur Rosberg au point de compter un pécule de deux secondes au 11ème passage lorsque son compatriote Button est obligé d’effectuer son drive through pour avoir enfreint la réglementation en matière de consignes radios. Si les Red Bull de Ricciardo et de Max Verstappen réussissent à se maintenir assez près des flèches d’argent, elles n’affichent néanmoins pas la vitesse nécessaire pour se montrer réellement menaçantes.

Ricciardo retrouve le sourire

Fort de ce constat, Hamilton tente un stratagème pour le moins malicieux à l’issue d’une première salve de changements pneus qui n’aura eu que pour seule incidence notable la sortie de Verstappen derrière la Ferrari du Räikkönen. Conscient que sans incident mécanique, la deuxième place n’échappera pas à son coéquipier Rosberg, le Britannique ralentit sensiblement la cadence lors de son second relais afin de favoriser le retour de Ricciardo sur l’Allemand. Pas dupe, Mercedes comprend rapidement la manœuvre du natif de Stevenage et incite le triple champion du monde à hausser son rythme. Face au manque de coopération manifeste de son pilote phare, l’écurie allemande va même jusqu’à menacer le fils d’Anthony de stopper Rosberg en premier lors de la seconde vague des changements de gommes. Hamilton se résout finalement à augmenter sa cadence à partir du 27ème tour au moment même où le fantomatique Daniil Kvyat écope d’une pénalité de cinq secondes pour vitesse excessive dans les stands.

L’écart entre les deux pilotes de la firme à l’étoile remonte aux alentours des deux secondes six boucles plus tard. Solide troisième de la course, Ricciardo tente alors l’undercut sur les flèches d’argent dans la 33ème boucle. Malheureusement pour l’Australien, sa stratégie agressive ne payera pas. Les Mercedes restent en piste quasiment dix tours de plus avant d’effectuer leur deuxième et dernier changement de gommes. Cette fois la messe est dite. « Smiling » devra se contenter de la troisième place sous le drapeau à damier. « C’est vraiment incroyable de remonter sur le podium, se réjouit le protégé d’Helmut Marko. Le premier était un peu amer, celui-ci est nettement plus satisfaisant. Nous avons bien géré la stratégie en essayant de mettre la pression sur les Mercedes. Mes pneus ont souffert sur la fin, mais j’ai pu contenir Vettel jusqu’au bout. Je remercie le team du travail abattu pour en arriver là. »

Verstappen fait enrager Räikkönen

Bien que promise à l’incontestable leader Hamilton, la course réservera toutefois une dernière sueur froide à l’Anglais. Bloqué un tour entier par un Gutierrez toujours plus consternant au 53ème passage, le champion du monde en titre voit Rosberg revenir dans son sillage. L’espoir d’un éventuel retournement de situation en tête du Grand Prix sera toutefois de courte durée, le natif de Stevenage reprennant immédiatement ses aises. Les quatre premières places étant désormais figées, seule la lutte entre le prodigue Verstappen et le revenant Räikkönen peut alors égayer les derniers tours. Clairement plus rapide que l’Hollandais grâce à ses pneus super tendres nettement plus frais, le Finlandais ne trouvera cependant jamais l’ouverture en raison d’une défense plus que contestable du pilote Red Bull, le natif d’Hasselt enchaînant les changements de trajectoires intempestifs sous le nez de la Ferrari.

Encore le plus fort dans son jardin de Budapest, Lewis Hamilton signe au terme d’une éclatante prestation la 48ème victoire de sa carrière, la cinquième en six courses depuis Monaco. Longtemps handicapé par une entame de championnat poussive où il n’aura cessé de courir après son retard, le Britannique marque un peu plus son territoire vis-à-vis de Rosberg et s’empare pour la première fois de la tête du classement des pilotes. Plus que jamais en position de force avant d’aborder la deuxième partie du championnat, le natif de Stevenage envoie un sérieux message à son adversaire dans une course au titre qui a peut-être définitivement basculé à son avantage sur les rives du Danube.

Andrea Noviello

Kimi Raikkonen course Hongrie 2016

Kimi Raikkonen accroche la 6ème place sur le tracé de Budapest au terme d’une belle remontée.

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