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Grand Prix du Canada

Course : Hamilton la piqûre de rappel

Lewis Hamilton course Canada 2016 Lewis Hamilton triomphe pour la 5ème fois au Canada après ses succès en 2007, 2010, 2012 et 2015.
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Encore victime d’un départ manqué, Lewis Hamilton a de nouveau su profiter d’une stratégie parfaite pour remporter le Grand Prix du Canada, septième étape de la saison 2016 de Formule 1. Vainqueur pour la cinquième fois de sa carrière à Montréal, le triple champion du monde devance la Ferrari de Sebastian Vettel et la Williams de l’opportuniste Valtteri Bottas.

11ème des 70 tours d’une course qui se sera finalement révélée nettement moins animée que prévu. Toujours coincé derrière son coéquipier Fernando Alonso, Jenson Button voit son moteur Honda rendre l’âme dans l’interminable ligne droite du retour. S’appuyant sur sa riche expérience dans la catégorie reine du sport automobile, le Britannique range sagement sa McLaren dans l’herbe juste devant un poste de commissaires de piste. Alors que la situation n’exige, au mieux, qu’un drapeau jaune, la direction de course, guidée par l’indécrottable Charlie Whiting, décide inexplicablement d’activer la voiture de sécurité virtuelle, neutralisant ainsi cette septième manche de la saison 2016. Flairant le bon coup stratégique, Ferrari choisit de profiter de cette virtual safety-car pour faire rentrer ses deux voitures au stand. Intraitable leader depuis l’extinction des feux, Sebastian Vettel vient de perdre ses illusions de victoire.

Alors qu’il devait lui aussi opérer deux passages par son box, Hamilton bascule, sous les recommandations des stratèges de Mercedes, sur une stratégie à un seul pit-stop. Le Britannique prolonge son premier relais jusqu’au 24ème tour et ne s’arrêtera plus malgré les craintes concernant la durabilité des pneus tendres Pirelli. Vettel aura beau tout tenter pour revenir, le natif d’Heppenheim partant plusieurs fois à la faute dans le dernier virage, rien ne privera le Britannique d’un deuxième succès consécutif cette saison. Fin gestionnaire de ses gommes, le triple champion du monde coiffe avec panache sa cinquième victoire sur son circuit fétiche de Montréal. « Quelle journée incroyable, s’exclame le pilote flanqué du numéro 44. J’ai encore pris un mauvais départ aujourd’hui. J’ignore pour quelle raison. Mon embrayage a peut-être surchauffé. J’ai eu beaucoup de sous-virage dans la première courbe à cause de pneus trop froid. Heureusement, aucune des deux voitures n’a été endommagée dans ce contact involontaire. Je dédie cette victoire à Mohamed Ali, le plus grand de tous. »

Friction Mercedes au départ

Jamais en mesure de faire fructifier ses trois précédentes pole positions cette saison, Hamilton connaît une nouvelle mise en action poussive au départ. Littéralement oublié par la Ferrari de Vettel, le champion du monde en titre résiste tant bien que mal à l’autre flèche d’argent de son coéquipier Nico Rosberg, non sans avoir joué des coudes avec l’Allemand dans le premier virage. Touché par la Mercedes de son voisin de garage, le fils de Keke est contraint de virer dans les zones de dégagement avant de revenir sur la piste. Le natif de Wiesbaden perd sept places d’un coup, chutant à une lointaine 10ème position après avoir vu Fernando Alonso et Nico Hulkenberg profiter de ses malheurs pour le déborder dans le premier tour de course. Déjà en grande souffrance il y a deux semaines à Monaco, Rosberg est parti pour un nouveau Grand Prix galère.

Bombardé en tête par son envol supersonique, Vettel est parvenu à se construire une belle avance sur son dauphin Hamilton, mais une erreur à la dernière chicane, la première de ces quatre fautes à cet endroit, le replace tout aussi vite sous la menace de l’Anglais. Malgré la supériorité présumée de la flèche d’argent sur la SF16-H dans des conditions de piste fraiche, le natif de Stevenage ne parvient pas à complètement ramarrer « Baby-Schumi ». Mais comme il y a deux semaines à Monaco, le fils d’Anthony bénéficie d’un coup de pouce du destin. L’abandon de la McLaren de Button et l’entrée au stand du fer de lance de la Scuderia offre une voie royale au Britannique dont il ne se privera pas de profiter. Propulsé aux commandes de la course par l’arrêt au stand de l’Allemand, Hamilton peut alors sereinement gérer son capital pneumatique et essence quand le même temps l’autre représentant de la firme à l’étoile est obligé de pousser sa W07 dans ses retranchements pour remonter dans la hiérarchie.

Ferrari manque encore le coche

Après avoir facilement disposé des deux pilotes McLaren, Rosberg peine à se débarrasser de Nico Hulkenberg. Resté huit boucles coincé dans le sillage de la Force India, le vice-champion du monde 2015 trouve finalement la faille sur son compatriote au 10ème tour et peut se lancer à l’assaut des Williams. Remonté jusqu’en 14ème position à la faveur du passage par les box de ses adversaires, Joylon Palmer renonce sur rupture moteur au 16ème tour. Le calvaire de Renault au Canada se poursuivra jusqu’à l’arrivée, Kevin Magnussen achevant son pénible Grand Prix au 16ème rang en dépit d’un premier relais marathon de 39 tours en gommes tendres. Loin de tous ces tracas, le leader Hamilton marque son premier et unique changement pneus au 24ème tour. Reparti chaussé en tendres, le Britannique n’a plus l’obligation de s’arrêter une nouvelle fois à l’inverse du nouveau leader Vettel ressorti de son précédent arrêt en super-tendres.

Le natif d’Heppenheim met tout en œuvre pour essayer de se construire une avance suffisante sur la flèche d’argent de l’Anglais. Hélas pour lui, Hamilton ne cède rien à son adversaire. De retour au stand dans la 36ème boucle, « Baby-Schumi »  revient en piste à 7,8 secondes de la Mercedes flanquée du numéro 44. Des gommes plus fraîches et une prise de risque maximale permettent au quadruple champion du monde de croire encore à ses chances de victoire. Revenu sous la barre de cinq secondes en moins de 20 tours, Vettel commet une nouvelle erreur dans la dernière chicane au 56ème tour, mettant définitivement fin à ses espoirs de succès. « J’étais vraiment à fond dans les 30 derniers tours et j’en ai peut-être trop fait, admet le pilote de la Scuderia. Cette erreur m’a coûté une grosse seconde et cela ne m’a pas aidé. Mais je devais tout tenter. Lewis était un peu trop rapide pour nous. Même avec des pneus plus frais, réduire l’écart était compliqué. Cela reste toutefois une bonne course. On a réussi notre premier week-end clean de l’année. »

Le bon coup de Bottas

Souvent placée, mais jamais vraiment mesure de se mêler à la fête parmi les cadors depuis l’entame de la saison, Williams a une fois n’est pas coutume su adopter la bonne stratégie pour placer Valtteri Bottas sur la troisième marche du podium, au nez et à la barbe du jeune prodigue Max Verstappen (4ème). Sorti vainqueur de son affrontement direct avec son coéquipier Daniel Ricciardo, l’Australien échouant à une triste 7ème place après avoir souffert d’une dégradation excessive de ses gommes, le plus jeune vainqueur de l’histoire s’est même payé le luxe de résister, au prix d’une défense toujours aussi limite, au retour de Rosberg (5ème) dans les derniers tours de course. Venu à bout de Kimi Räikkönen (6ème) et de Ricciardo (7ème), l’Allemand butera jusqu’à l’arrivée sur le protégé d’Helmut Marko, partant même en tête-à-queue lors d’une ultime tentative dans l’avant-dernier tour.

Encore une fois mis sur orbite par une stratégie parfaite, Lewis Hamilton coiffe au Canada le 45ème succès de sa carrière en F1, la deuxième consécutive en 2016. Pas franchement aidé par le sort depuis le début du championnat, le triple champion du monde voit de nouveau la réussite l’accompagner au moment où son coéquipier Rosberg enchaîne les courses galères. Rejeté à 43 longueurs du fils de Keke au soir de la quatrième victoire en quatre Grand Prix de l’Allemand en Russie, le natif de Stevenage recolle à neuf unités de « Britney » et renverse la situation en sa faveur dans la course au titre mondial.

Andrea Noviello

Valtteri Bottas course Canada 2016

Valtteri Bottas signe au terme d’une course pleine de maîtrise son 9ème podium en Formule 1.

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