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Grand Prix de Grande-Bretagne

Course : Hamilton la quinte flush royale

Lewis Hamilton course Angleterre 2017 Sur une autre planète à Silverstone, Lewis Hamilton enlève son cinquième succès à domicile.
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Impérial dans son jardin de Silverstone, Lewis Hamilton a enlevé le Grand Prix de Grande-Bretagne, dixième manche de la saison 2017 de Formule 1. Leader de bout en bout, l’Anglais coiffe sa cinquième victoire à domicile devant la Mercedes sœur de Valtteri Bottas et la Ferrari de Kimi Räikkönen. Victime d’une crevaison dans l’avant-dernier tour, le leader du champion Sebastian Vettel échoue à la septième place.

Dans le jargon de la course automobile, c’est ce que l’on a coutume d’appeler un tournant de la saison. Régulièrement propice à ce genre de renversement de situation, l’entrée dans la deuxième moitié du championnat a, encore une fois, accouché d’un coup de théâtre particulièrement inattendu sur l’ancien aérodrome de Silverstone. Alors que l’on attendait la pluie comme possible élément déclencheur, ce sont les pneus Pirelli qui ont (de nouveau) pimenté un Grand Prix de Grande-Bretagne rarement enthousiasmant. Clairement pas à son avantage ce week-end sur les terres de son principal rival pour le titre Lewis Hamilton, Sebastian Vettel semblait pourtant se diriger vers une solide quatrième place derrière la Ferrari sœur de Kimi Räikkönen et la flèche d’argent de Valtteri Bottas. Un résultat certes décevant pour un prétendant à la couronne mondiale, mais qui aurait tout de même permis à l’Allemand de quitter l’Angleterre avec une marge de sept points d’avance sur le pilote Mercedes.

Au lieu de ça, une double crevaison dans le chef de Ferrari à deux tours d’intervalle et un doublé de la firme à l’étoile sont venus sérieusement redistribuer les cartes de ce 68ème championnat de l’histoire. Seulement septième sous le drapeau à damier, Vettel ne compte aujourd’hui qu’une maigre unité d’avance sur un Hamilton de nouveau intouchable à domicile. Après son éclatante pole de la veille, le Britannique a littéralement survolé les débats à Silverstone pour empocher la 57ème victoire de sa carrière en F1. « Me retrouver encore sur la première marche du podium ici est incroyable, savoure le pilote Mercedes. Je ressens une chose difficilement descriptible. Même si cela peut sembler facile de l’extérieur, gagner n’est jamais chose aisée en Formule 1. L’équipe a réalisé un week-end sans faute et Valtteri a, lui aussi, réussi un formidable travail. C’est un Grand Prix parfait pour nous. La saison est encore longue, mais maintenant on vise clairement le titre. »

Nouvel accro chez Toro Rosso

Déjà impérial la veille dans son exercice favori des qualifications, Hamilton n’aura pas connu la moindre inquiétude lors de ce dixième rendez-vous de la saison. Pas même lors de la si complexe procédure de départ où il s’était souvent montré fébrile par le passé. Porté par la possibilité d’offrir à ses fans un cinquième succès sur ses terres, le pilote Mercedes n’a pas flanché au moment de s’extraire de son emplacement de pointe sur la grille de départ. Brillement parti à l’extinction des feux, l’Anglais emmène dans son sillage la Ferrari de Kimi Räikkönen et la Red Bull du toujours aussi opportuniste Max Verstappen. Derrière le Batave, ils sont deux autres pilotes à avoir particulièrement bien négocié leur départ. Respectivement qualifiés en sixième et huitième position, Nico Hulkenberg et Esteban Ocon pointent le bout de leur museau derrière le quatuor de tête clôturé par le leader du championnat Vettel. Dans le peloton en revanche, tous ne peuvent pas en dire autant. Surpris à l’extinction des feux par les deux Williams de Felipe Massa et de Lance Stroll, les pilotes Toro Rosso se retrouvent en lutte pour le gain de la treizième place.

Mieux sorti de Copse que son coéquipier Carlos Sainz, Daniil Kvyat tente un dépassement osé dans le triptyque Maggots-Becketts-Chapel. Un peu trop optimiste, le Russe sort large sur le vibreur avant de venir percuter la monoplace sœur de l’Espagnol. Envoyé en tête-à-queue par la manœuvre suicidaire de son voisin de garage, « Carlito » doit renoncer dès le 2ème tour de course tandis que l’éphémère pilote Red Bull rentre à son box réparer les dégâts. « C’est malheureux d’abandonner aussi vite, fulmine le fils du double champion du monde des rallyes. On ne souhaite vraiment pas voir ce genre de chose se produire entre deux pilotes de la même voiture. Nous allons régler ce problème en interne. Cela ne sert à rien de s’épancher dans la presse. » Neutralisé pendant deux boucles derrière la voiture de sécurité, le Grand Prix est finalement relancé au 5ème passage sous la conduite de l’imperturbable leader Hamilton. Déjà remonté au treizième rang, Daniel Ricciardo perd tout le bénéfice de son bon début de course à cause d’un Kevin Magnussen quelque peu cavalier.

La folle remontée de Ricciardo

« Gentiment » envoyé sur les roses dans Woodcote, l’Australien tombe en dernière position et doit tout recommencer. Devant, l’autre malheureux des qualifications, Valtteri Bottas, est déjà revenu à la sixième place après s’être défait de la Force India d’Esteban Ocon dans Stowe. Visiblement très à l’aise sur un tracé répondant parfaitement aux caractéristiques de sa flèche d’argent, le Finlandais élimine dans la foulée au 7ème tour la Renault de Nico Hulkenberg pour le gain de la cinquième position. Si en tête Hamilton semble se diriger vers un nouveau cavalier seul, le Britannique comptant une confortable avance de 2,5 secondes sur la Ferrari de Räikkönen à la fin du 10ème passage, les deux principaux animateurs de ce Grand Prix (Bottas et Ricciardo) s’en donnent à cœur joie au sein du peloton. Après avoir pris finalement pris le meilleur sur Magnussen, « Smiling » se débarrasse de la McLaren de Fernando Alonso et s’empare du treizième rang. Déchaîné le pilote Red Bull efface également la Williams de Stroll au 13ème passage, le moment choisi par Vettel pour enfin porter une attaque sur ce diable de Verstapen.

Bloqué derrière le Néerlandais depuis le départ, l’Allemand s’infiltre à l’intérieur dans Stowe malgré un décalage tardif du fils de Jos. Poussé en dehors des limites de la piste par le quadruple champion du monde, le pilote Red Bull résiste et se maintient devant la Ferrari à l’amorce de la chicane. Envoyé à son tour dans les dégagements bitumés, Vettel doit s’incliner. Non sans se laisser aller à une énième pleurnicherie radiophonique. Face à l’intransigeance et la rudesse du protégé d’Helmut Marko, Vettel choisit alors de miser sur l’incontournable « undercut ». Le pari tenté par le fer de lance de la Scuderia se révèle payant. Stoppé au 19ème passage, « Baby-Schumi » efface le Hollandais une boucle plus tard après l’arrêt (un peu long) du pilote Red Bull. Désormais débarrassé du bouchon Verstappen, Vettel peut s’atteler à ramarrer la Ferrari jumelle de Räikkönen. Pas une sinécure d’autant que l’écart entre les deux monoplaces construites à Maranello se chiffre à ce moment-là à 27 secondes à l’avantage d’« Ice-Man ».

Ferrari frappée par la malchance

Autre contrariété pour le quadruple champion du monde : Bottas a profité du double arrêt de Verstappen et de Vettel pour s’immiscer entre ce dernier et le Finlandais. Privée de sa bataille la plus intense, la course tombe alors dans un profond ennui dont elle ne sort, temporairement, qu’à l’occasion des dépassements successifs de Ricciardo. Après avoir disposé de Grosjean, Massa et Vandoorne, le natif de Perth grimpe en sixième position au moment où les leaders s’apprêtent à opérer leur unique changement de pneus. Appelé à son box dans la 26ème boucle, soit un tour après Räikkönen, le leader Hamilton reprend la piste en gommes tendres sans même abandonner, ne serait-ce que provisoirement, la tête de la course à son coéquipier Bottas. La démonstration du Britannique est totale. Elle s’étalera jusqu’à l’arrivée 25 tours plus tard. Faute de suspense concernant l’identité du futur vainqueur, il faut se tourner vers les accessits pour trouver encore une pointe de suspense. Promu en deuxième position par l’arrêt des pilotes Ferrari, Bottas fait le forcing pour tenter de se mettre à l’abri de Vettel.

Gêné par du « blistering » à la fin de son relais, le Finlandais ressort logiquement derrière le leader du championnat après son pit-stop au 33ème tour. Mais le protégé de Didier Coton n’a pas dit son dernier mot. Une seconde au tour plus rapide que « Baby-Schumi », Bottas opère la jonction en l’espace de seulement dix tours, bien aidé par la baisse de rythme sensible de l’Allemand, avant de porter l’estocade dans la 43ème boucle. Longtemps soporifique, ce dixième rendez-vous de la saison va alors prendre des allures de psychodrame. Si l’escarmouche Grosjean-Ericsson n’occasionne qu’un léger passage dans l’herbe et le courroux du Français, les pneus chamboulent complètement le scénario final de ce Grand Prix. Bien parti pour résister aux assauts de Bottas, Räikkönen crève au 49ème tour avant que le même mal n’affecte la Ferrari de Vettel une boucle plus tard, rejetant l’Allemand loin du podium. « C’était totalement inattendu, révèle philosophe le quadruple champion du monde. Cela nous a pris par surprise. Tout avait l’air d’aller. Kimi a rencontré le même problème alors que ses pneus étaient plus frais. Mais avec le recul, on ne peut blâmer personne. »

Andrea Noviello

Nico Hulkenberg course Angleterre 2017

Nico Hulkenberg ponctue son superbe week-end britannique par une sixième place en course.

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