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Grand Prix d'Abou Dhabi

Course : Rosberg jamais deux sans trois

Rosberg course Abou Dhabi Intraitable à Yas Marina, Nico Rosberg empoche la 14ème victoire de sa carrière en F1.
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Dominateur tout le week-end, Nico Rosberg s’est tranquillement adjugé le Grand Prix d’Abou Dhabi, dix-neuvième manche de la saison de Formule 1. Indéboulonnable leader sur le tracé de Yas Marina, l’Allemand coiffe le 14ème succès de sa carrière devant l’autre Mercedes de Lewis Hamilton et la Ferrari de Kimi Räikkönen.

Roi des qualifications en 2014, Nico Rosberg est brutalement descendu de son piédestal cette saison lors d’une première moitié de championnat terriblement frustrante. Battu à plate couture jusqu’à Monza par Lewis Hamilton dans l’exercice du tour chronométré, l’Anglais lui infligeant un très sévère 11-1 en douze courses, l’Allemand a subitement retrouvé de sa verve après le tragicomique épisode pneumatique du Grand Prix d’Italie. S’il fut chanceux au Japon, la sortie de piste de Kvyat privant Hamilton d’une deuxième tentative, le double vice-champion du monde a par la suite toujours dominé le pilote flanqué du numéro 44 à la régulière. Sans doute agacé de ne pas avoir su opposer la moindre résistance à son coéquipier dans ce championnat 2015, le fils de Keke s’est efforcé, après une énième déconvenue il y a un mois sur le tracé d’Austin, de terminer sa saison en trombe histoire de préparer aux mieux une cuvée 2016 au cours de laquelle il n’aura désormais plus le droit à l’erreur.

Passé à un cheveu de se faire souffler la pole position il y a deux semaines à Interlagos, Rosberg n’a pas connu la moindre frayeur dans la marina d’Abou Dhabi, décrochant avec autorité une sixième pole position consécutive loin devant la deuxième flèche d’argent pilotée par Hamilton. Sa course aura été toute aussi limpide. Parfait à l’extinction des feux, fin gestionnaire de ses gommes, l’Allemand ne va jamais être inquiété par le Britannique en dépit d’une légère baisse de rythme avant d’opérer son deuxième arrêt au stand. Dominateur de bout en bout, le pilote flanqué du numéro 6 coiffe dans la nuit illuminée de Yas Marina sa 14ème victoire en F1 et conclut en apothéose un exercice 2015 longtemps décevant. « C’est une bonne manière de terminer le championnat, analyse Nico. Il fallait que je réagisse après la déception d’Austin. On va partir en vacance le cœur léger avec la satisfaction du travail bien fait. La saison prochaine peut commencer demain. Il va falloir se préparer à une nouvelle bataille interne même si l’on devra aussi surveiller les gars en rouge. »

Alonso boit le calice jusqu’à la lie

Placé du meilleur côté de la piste, Rosberg réalise un envol de rêve qui lui permet de prendre immédiatement plusieurs longueurs d’avance sur un Hamilton très mal parti. Lui aussi crédité d’un très beau départ, Sergio Perez ne profite pas de sa bonne mise action pour déloger Kimi Räikkönen de sa troisième place, la faute à l’extraction difficile du triple champion du monde devant lui. Frustré par une saison 2015 cauchemardesque et une nouvelle déconvenue la veille en qualification, Fernando Alonso se montre très agressif à l’extinction des feux, se rabattant trop tôt sur la Sauber de Nasr avant de venir violemment harponner la Lotus d’un Pastor Maldonado totalement innocent sur le coup. Contraint de repasser à son box dès l’entame du 2ème tour afin de changer d’aileron avant, le Taureau des Asturies repart en dernière position, une place à laquelle l’Espagnol végètera toute la première moitié de course avant de péniblement venir à bout des deux Manor.

Victime d’une bourde stratégique de Ferrari en qualification, Sebastian Vettel tire habillement profit de la cohue du départ et grimpe en 12ème position. Tombé au 10ème rang après s’être vu dépasser par Valtteri Bottas dans la 4ème boucle, son successeur chez Red Bull Daniel Kvyat ouvre la valse des changements de pneus du côté des leaders en stoppant dès le 6ème tour de course. Appelé à son stand afin d’opérer son premier arrêt deux boucles plus tard, le Finlandais perd toutes chances de bien figurer dans ce Grand Prix lorsque son équipe le relâche précipitamment de son emplacement, l’envoyant s’encastrer dans la McLaren de Jenson Button. Obligé de repasser par son box afin de changer d’aileron avant, le natif de Nastola plonge en avant-dernière position au classement derrière les deux Manor de Will Stevens et de Roberto Merhi. Les espoirs de quatrième place au championnat s’envolent définitivement pour le protégé de Didier Coton qui achèvera son pénible après-midi à une très lointaine 13ème position.

Vettel remonte au triple galop

Nanti d’une confortable marge de 6,3 secondes sur son dauphin et rival Hamilton au sortir de son premier arrêt à l’entame du 11ème passage, le leader Rosberg poursuit son cavalier seul en tête tandis que derrière Vettel est revenu en deuxième position à la faveur de sa stratégie décalée. Facilement dépassé par le natif de Stevenage dans la 14ème boucle, « baby-schumi » prolonge son premier relais jusqu’au 23ème tour avant marquer son arrêt et retomber au 6ème rang derrière la Red Bull de son ancien coéquipier Daniel Ricciardo. Parti sur la même stratégie que le natif d’Heppenheim après ses malheurs en qualification, Romain Grosjean choisit le même moment pour monter des gommes tendres neuves alors qu’il occupait la 6ème place. Relégué hors des points, le Français se lance alors dans un nouveau relais marathon qu’il l’obligera à couvrir 20 tours sur le même train de gommes avant de stopper une dernière fois au 44ème passage. Ressorti 11ème, le natif de Genève va réussir un superbe finish pour s’inviter au 9ème rang après avoir pris le meilleur sur Sainz et Kvyat dans les derniers tours.

Repassé par la case stand quatre boucles avant le futur pilote Haas GP, Vettel réalisera lui aussi un final incisif en se débarrassant de Ricciardo puis de la Force India de Perez pour aller glaner une belle 4ème place sous le drapeau à damier, lui qui s’élançait depuis la 15ème position sur la grille. Esseulé au 3ème rang pendant toute le Grand Prix, l’autre pilote de la Scuderia Räikkönen rentre une deuxième fois à son stand chausser des pneus neufs dans la 33ème boucle, soit un tour après le leader Rosberg. Propulsé en tête de la course après avoir comblé la quasi-totalité de son retard sur le vice-champion du monde 2015, l’Anglais revenant de 6,3 secondes à 1,2 seconde en l’espace de 14 tours, Hamilton choisit de nouveau de s’opposer à la stratégie mise en place par son voisin de garage chez Mercedes en restant en piste au lieu de rentrer comme le natif de Wiesbaden.

Pari perdant pour Hamilton

Convaincu de pouvoir réussir son pari malgré les réticences non dissimulées de son ingénieur de piste à la radio, le pilote flanqué du numéro 44 allonge son second relais de dix tours avant de finalement se résoudre à stopper une deuxième fois à l’entame du 42ème passage devant l’insistance des stratèges de Brackley et le retour menaçant de Rosberg. « Je voulais faire un seul arrêt, explique déçu Lewis à sa descente de voiture. Lors des discussions avec l’équipe à la radio, ils m’ont fait comprendre que j’avais probablement trop usé mes gommes au stade de la décision. Ils m’ont demandé de rentrer donc je me suis exécuté. J’aurais bien voulu prendre un risque et voir. C’est pour ça que j’ai demandé si aller jusqu’au bout avec mon train de pneus était une option. Si j’avais pu préserver mes gommes un peu plus tôt, je pense que j’aurais pu le faire. Nous avons pris la décision trop tard. »

Étincelant tout au long du week-end, Nico Rosberg empoche à Abou Dhabi sa 6ème victoire de la saison au terme d’une nouvelle démonstration de force. Inarrêtable dans la baie de Yas Marina, l’Allemand signe pour la première fois de sa carrière un troisième succès consécutif en Formule 1 et conclut de la meilleure des manières un championnat 2015 loin d’avoir répondu à ses attentes. Gonflé à bloc par une fin d’année impériale, le fils de Keke lance un premier signal à Hamilton en vue d’un championnat 2016 qu’il voudra enfin faire sien.

Andrea Noviello

Auteur d'un Grand Prix sans fautes, Kimi Raikkonen signe à Abou Dhabi le 80ème podium de sa carrière.

Auteur d’un sans faute, Kimi Raikkonen signe à Abou Dhabi le 80ème podium de sa carrière.

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