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Interview

Daniel Ricciardo : « Je savais où je mettais les pieds en signant chez Renault » (1/2)

Daniel Ricciardo roashow Nice Daniel Ricciardo s'attendait à vivre des débuts laborieux en rejoignant l'écurie Renault cet hiver.
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Star du roadshow organisé par Renault dans les rues de Nice, Daniel Ricciardo parle de sa relation avec le Grand Prix de France et revient sur les raisons qui l’ont poussé à quitter son ancienne équipe Red Bull pour relever le défi proposé par la marque au losange.

En quittant l’équipe qui a fait de lui l’un des pilotes les plus cotés du paddock, il a pris un risque. Un gros. Lassé par son rôle de figurant au sein d’une entité Red Bull entièrement dévouée à la cause de Verstappen, Daniel Ricciardo a préféré jouer la carte de l’émancipation cet hiver, quitte à repousser encore plus loin dans le temps ses desseins de titre mondial. Érigé dès son arrivée chez Renault comme le nouveau guide d’une écurie toujours en phase de construction, l’Australien n’a pas tardé à enfiler son costume de leader, insufflant à l’aide de sa bonne humeur communicative et de son sourire contagieux un vivifiant vent de fraîcheur dans les couloirs d’Enstone. Rapidement adopté par toute la maison jaune et noir, « Honey Badger » (blaireau à miel en français) peine pourtant à retrouver la flamboyance de ses années passées sous la bannière du taureau rouge. Pas aidé il est vrai par les performances très moyennes de la RS19 et par la fiabilité toute relative (trois casses sur les quatre premiers Grand Prix Ndlr) du groupe propulseur français, celui que tout le paddock a affectueusement surnommé « Smiling » tente de faire front, conscient de la difficulté du défi qui l’attend. Venu en voisin (il réside sur Monaco depuis près de six ans maintenant Ndlr) assurer la promotion du prochain Grand Prix de France le temps d’un roadshow organisé par la marque au losange sur la Promenade des Anglais à Nice, le pilote Renault explique, entre deux dérapages fumants au bord de la Méditerranée, les raisons de son départ de Red Bull et en profite pour donner son opinion sur le circuit Paul-Ricard.

Depuis votre aménagement à Monaco, vous avez pris l’habitude de parcourir en voiture ou à vélo les plus belles routes de la Côte d’Azur. Jamais toutefois vous n’aviez encore eu la chance d’arpenter la mythique Promenade des Anglais au volant d’une Formule 1. Qu’avez-vous ressenti lors de votre démonstration ?

Ce fut assez incroyable ! Je vis sur Monaco depuis près de six ans maintenant et j’emprunte assez régulièrement ces routes en voiture. Je dois dire que pour mon tout premier roadshow avec Renault, je me suis bien amusé. La Côte d’Azur est, sans conteste possible, l’un des plus beaux endroits du monde. Cela a rendu cette journée de travail d’autant plus délectable.

En participant à ce roadshow sous la combinaison du Renault F1 Team, vous avez non seulement représenté les intérêts de la marque au losange, mais avez également assuré la promotion du prochain Grand Prix de France au Castellet. Cette course a-t-elle une signification particulière pour vous ?

Elle va en avoir nettement plus cette année avec tout le soutien de Renault derrière moi (sourire). Déjà l’an dernier, j’avais pris beaucoup de plaisir en France. On n’est qu’à deux heures de route de Monaco.  Il s’agit donc, en quelque sorte, d’une autre course à la maison. En tant que puriste, je trouvais cela étrange de ne pas avoir de Grand Prix de France au calendrier depuis toutes ces années. Cette course partage une longue histoire commune avec la F1. La France a également offert de très nombreux pilotes à ce sport. Revenir au Paul-Ricard ne fut, dès lors, qu’un juste retour des choses.

« Ce serait sympa que la ligne droite du Mistral retrouve son caractère originel et que l’on supprime la chicane. Le virage de Signes en deviendrait nettement plus effrayant. Une telle ligne droite offrirait aussi une meilleure aspiration, augmentant de facto les opportunités de dépassement »  

Pilote Renault oblige, vous allez devoir supporter la pression de tout un pays cette année sur le plateau du Castellet. Appréhendez-vous cette attente du public français ?

Non, au contraire je ressens beaucoup d’énergie positive tout autour du team. Bien sûr, la pression sera énorme en France, mais cette année nous voulons vraiment bâtir des bases solides avant de rallier le niveau supérieur. En rejoignant l’écurie, j’ai décidé d’apporter ma contribution à cet objectif. Je m’inflige donc une grosse pression pour y parvenir. Le début de saison n’a bien évidemment pas été parfait, mais je savais où je mettais les pieds en signant chez Renault. Je ne suis pas effrayé par nos résultats, car je me doutais très bien que rien ne serait simple. Je m’attendais à devoir relever un défi d’une telle ampleur. Aujourd’hui, je suis prêt à surmonter nos difficultés actuelles et à progresser. J’aime cette équipe et je suis convaincu que nous pouvons faire beaucoup mieux. Ma motivation est intacte, je n’ai pas l’intention de baisser les bras.

Le Grand Prix de France 2018 ne fut pas le plus palpitant du dernier championnat, loin s’en faut. À quoi attribuez-vous ce manque de spectacle ? Aux caractéristiques du tracé varois ou plutôt à la nouvelle génération de F1 ?

On a un peu évoqué la question l’an dernier lors du briefing des pilotes. Ce serait sympa que la ligne droite du Mistral retrouve son caractère originel et que l’on supprime la chicane. Le virage de Signes en deviendrait nettement plus effrayant. Une telle ligne droite offrirait aussi une meilleure aspiration, augmentant de facto les opportunités de dépassement. La configuration actuelle du tracé autorise les changements donc quelque chose peut, éventuellement, être tenté. Pour revenir à votre question, je ne saurais en expliquer les raisons. Certes, les deux premiers virages sont plutôt rapides, mais vous avez ensuite une partie plus technique où l’on devrait pouvoir réaliser des dépassements.

Quelle explication pouvez-vous avancer dans ce cas ?

Les lignes droites ne sont probablement pas assez longues. Prenons l’exemple de la ligne droite des stands. Il est compliqué de rester proche de la voiture qui vous procède en sortant de l’épingle du Pont. Vous n’avez pas vraiment le temps de bénéficier de l’aspiration et ensuite il est trop tard pour tenter quoi que ce soit, car le premier virage vous saute au visage. C’est une courbe rapide donc à moins d’être vraiment à la hauteur de votre adversaire, vous pouvez difficilement doubler à cet endroit-là. Avec un peu de chance ça ira mieux cette année. On verra bien. Peut-être auront-ils l’idée d’enlever la chicane (rires).

Propos recueillis par Andrea Noviello

Daniel Ricciardo Nice 2019

Selon Ricciardo les lignes droites du Paul-Ricard ne sont pas assez longues pour pouvoir dépasser.

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