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Grand Prix de France

Course : Hamilton en toute quiétude

Lewis Hamilton course France 2018 Au terme d'une course sans histoire, Lewis Hamilton signe sa troisième victoire en 2018.
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Privé d’opposition par le strike de Vettel sur Bottas au départ, Lewis Hamilton a tranquillement remporté le Grand Prix de France, huitième étape de la saison 2018 de Formule 1. Dans un fauteuil toute l’épreuve, le Britannique empoche la 65ème victoire de sa carrière devant la Red Bull de Max Verstappen et la Ferrari de Kimi Raikkonen. Auteur d’une jolie remontée jusqu’à la cinquième place, Sebastian Vettel abandonne toutefois les commandes du championnat au pilote Mercedes.

Attendu avec impatience par des milliers de fans privés trop longtemps de Formule 1 sur leur territoire, ce Grand Prix de France 2018 ne laissera pas pour autant un souvenir impérissable dans la mémoire des supporters tricolores. Entre une gestion calamiteuse du trafic routier (encore une belle preuve de l’incompétence des organisateurs en la matière), un suspens aux abonnés absents et un tracé aussi fade qu’incommodant visuellement parlant (ah ces immondes bandes rouges et bleues !), les amateurs de sport automobile n’auront pas franchement eu matière à s’enthousiasmer devant le passage des « soi-disant » meilleurs pilotes du monde. Reste qu’à défaut d’avoir pu offrir aux 65 000 passionnés présents dans les tribunes du Paul-Ricard ce dimanche un spectacle digne de ce nom, la manche française aura au moins eu le mérite de redistribuer, une nouvelle fois, les cartes dans un championnat toujours aussi indécis entre les deux hommes forts de ce 69ème exercice de l’histoire, Lewis Hamilton et Sebastian Vettel.

Impeccable deux semaines plus tôt au Canada, le pilote Ferrari a cette fois trébuché dès le départ, commettant une bourde inhabituelle qui allait le priver de toute chance de bien figurer au Castellet. Absent des débats à Montréal, l’Anglais a lui, à l’inverse, su éviter la bousculade du départ et se rendre facile une course lors de laquelle jamais cette année, excepté à Barcelone, il n’aura paru aussi supérieur à ses adversaires. Dominateur d’un bout à l’autre des 53 tours du Grand Prix, le natif de Stevenage s’est, en outre, octroyé un nouveau record en devenant le premier pilote de l’histoire à triompher sur un 26ème tracé différent en catégorie reine. « Ce fut une journée géniale, j’ai vraiment aimé cette course, clame le quadruple champion du monde. Il s’agit incontestablement du meilleur Grand Prix de France de ma carrière. Max (Verstappen) avait un bon rythme aujourd’hui, mais j’en avais encore sous le pied en cas de besoin. Je suis très reconnaissant du travail accompli par l’équipe ce week-end. »

La colère d’Ocon

Intouchable la veille en qualification, Hamilton s’est évertué à demeurer hors d’atteinte de ses adversaires dès l’extinction des feux, réussissant un envol suffisamment bon pour virer en tête dans le « S » de la Verrerie. Sans doute mieux parti encore que l’Anglais depuis la deuxième ligne de la grille, Vettel n’a en revanche pas pu profiter de sa bonne impulsion pour griller la politesse aux deux Mercedes dans le premier virage. Bloqué par le natif de Stevenage à l’intérieur, l’Allemand a alors tenté de menacer l’autre flèche d’argent de Valtteri Bottas, un dessein lui aussi voué à l’échec, le pilote de la Scuderia percutant l’arrière de la W09 du Finlandais sur un freinage complètement manqué. « Je lui ai pourtant laissé suffisamment de place, ronchonne l’ancien protégé de Toto Wolff. Le contact a crevé mon pneu-arrière gauche et endommagé mon fond plat. À partir de là, ma course était compromise. » Celle du quadruple champion du monde de Ferrari l’était tout autant même si, à l’inverse de Bottas, Vettel pouvait regagner son stand avec pour seul dégât apparent un aileron-avant bien chiffonné.

Particulièrement mouvementé à l’avant du peloton, Max Verstappen et Kevin Magnussen devant notamment jouer les court-circuiteurs pour éviter le chaos provoqué par Vettel, le départ a également occasionné de sérieux dégâts dans ce que le paddock a coutume d’appeler le « paquet ». Déjà victime dans la ligne droite des stands d’un coup de roue abominable de la part de son compatriote Romain Grosjean, Esteban Ocon subit un harponnage en règle de la Toro Rosso de Pierre Gasly dans le virage de l’Hôtel, l’obligeant à renoncer avant même d’avoir pu couvrir le 1er tour de son Grand Prix national. « Je ne suis même pas en colère contre Pierre, confie, dépité, le pilote Force India. Je suis surtout énervé contre Romain, car il me place dans cette situation inconfortable. Il m’a mis un énorme coup de volant sans aucune raison. Je ne comprends pas pourquoi il a agi de la sorte. » Neutralisée sous régime de voiture de sécurité pendant cinq boucles, le temps d’évacuer les monoplaces accidentées et de nettoyer les débris, la course reprend ses droits au 6ème passage sous la houlette d’un Hamilton désormais amputé de ses deux plus sérieux opposants.

Vettel se rachète en beauté

Passé, tout comme les Williams de Lance Stroll et de Sergey Sirotkin, par les stands dès la fin du 1er tour afin de basculer sur les gommes tendres, Fernando Alonso se loupe lors de la relance en sortant large dans le virage 1. Le début d’un après-midi galère pour le tout récent vainqueur des 24 Heures du Mans. Loin de tous ses tracas, le leader Hamilton compte 1,2 seconde sur son dauphin Max Verstappen et semble déjà se diriger vers un dimanche après-midi des plus tranquilles. Recalé en dix-septième position par sa bourde du départ, son rival Vettel est, lui, loin de se la couler douce, l’Allemand multipliant les dépassements dans le peloton afin de rattraper le terrain perdu. Après avoir croqué Sirotkin lors du restart (6ème boucle), « Baby-Schumi » se joue tour à tour de Stroll (7ème passage), Ericsson (8ème passage), Vandoorne (9ème passage) et d’Hulkenberg (11ème passage) pour réintégrer le top dix. Lancé dans une remontée toute aussi hargneuse bien que nettement moins productive, Bottas pointe lui au douzième rang au moment où son bourreau apprend qu’il devra purger une pénalité de cinq secondes pour sa responsabilité dans l’accrochage du départ.

Très certainement averti de sa sanction par son écurie, Vettel en remet alors une couche, se débarrassant en l’espace de seulement huit boucles de Perez (13ème tour), Grosjean (14ème tour), Leclerc (17ème tour), Magnussen (18ème tour) et enfin Sainz (20ème tour). Revenu dans le top cinq, le natif d’Heppenheim sait qu’il a déjà rempli une grande partie de sa mission d’autant que derrière lui Bottas éprouve toutes les peines du monde à suivre la cadence. Dixième après avoir exécuté un joli dépassement sur la Haas de Grosjean dans l’interminable virage à droite du Beausset, le Nordique accuse néanmoins près de douze secondes de retard sur le fer de lance de la Scuderia un écart à priori irrémédiable quand bien même ce dernier doit encore purger sa pénalité de temps de cinq secondes. Confortablement nanti d’un matelas de 6,2 secondes au 24ème passage sur la Red Bull de Verstappen, le leader Hamilton poursuit de son côté sa fantastique chevauchée solitaire, l’Anglais accumulant les meilleurs tours en course les uns derrière les autres sans jamais donner l’impression de réellement forcer son talent.

Leclerc reçu 4/5

Encore une fois merveilleux d’opportunisme et de sang froid en début de Grand Prix, passé au travers des embûches du départ le Monégasque a longtemps occupé la septième place avant de logiquement céder face à Vettel, l’épatant rookie Charles Leclerc se laisse pourtant surprendre en sortie du « S » de la Verrerie, tombant au neuvième rang derrière la Renault de Nico Hulkenberg. Visiblement en délicatesse avec des gommes ultratendres sur la corde, le Monégasque doit pourtant patienter jusqu’au 32ème passage avant que son écurie Sauber ne consente enfin à l’appeler à son box pour chausser des supertendres neufs. Une erreur qui certes ne chamboule pas profondément la physionomie de fin de Grand Prix de l’enfant prodigue de la Principauté, mais qui prive le protégé de Nicolas Todt d’un ou deux points supplémentaires à l’arrivée, Sainz devant sérieusement réduire sa cadence dans les derniers tours à la suite d’une perte de puissance de son moteur Renault.

« Je ne suis pas très content de mon erreur au virage 2, car elle a permis à Nico (Hulkenberg) de me passer, regrette le pilote Sauber. Il m’était ensuite impossible de le redoubler. Cela reste toutefois une course très positive. On était vraiment rapide au début et on a pu tenir un long moment en respect les Renault et les Haas. » Tous les gros bras effectuant leur crochet par les stands sans anicroche majeur, la fin de Grand Prix se résume alors à une bataille rangée pour les accessits. Si Ricciardo parvient rapidement à faire sauter le bouchon Vettel à sa sortie des boxes (34ème tour), son pit-stop anticipé ne lui sera cependant d’aucun secours face à un Kimi Räikkönen galvanisé par des pneus accusant six tours de moins que ceux de l’Australien. Après avoir bénéficié de la mansuétude d’un Vettel (38ème tour) condamné à devoir s’arrêter à son stand une seconde fois quelques tours plus tard, le champion du monde 2007 recolle facilement à l’Australien avant de lui chiper la dernière marche du podium à six boucles de l’arrivée sur un dépassement à la sauce DRS bien trop facile pour soulever l’enthousiasme d’un public tricolore pas franchement gâté pour le grand retour de la F1 après dix ans d’absence.

Andrea Noviello

Kevin Magnussen course France 2018

Porté par un bon départ, Kevin Magnussen signe une belle sixième place sur le plateau du Castellet.

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