logo warm up f1
Saga

Les circuits mythiques : Interlagos (1/2)

Carlos Pace Interlagos 1975 Carlos Pace remporte la seule victoire de sa carrière sur le grand Interlagos en 1975.
facebooktwittergoogle_plus

Englobé dans l’élaboration d’un projet d’urbanisation et de développement de Sao Paulo, le circuit d’Interlagos est inauguré le 12 mai 1940. Dessiné par l’architecte français Alfred Crouch, le tracé long de 7,960 km se caractérise par ses grandes courbes et ses dévers impressionnants. Premier hôte du Grand Prix du Brésil en 1973, la sélective piste brésilienne ne survivra que sept petites années aux affres de la catégorie reine avant de devoir s’effacer devant les envies grandissantes de la ville ennemie Rio de Janeiro et son circuit de Jacarepagua.

Tout proche de perdre son dernier représentant en Formule 1 lors du non renouvellement du contrat de Felipe Massa chez Ferrari à la fin de la saison 2013, le Brésil s’est refait une santé depuis accueillant cette année un deuxième porte-drapeau dans la catégorie reine en la personne de Felipe Nasr. Une bonne nouvelle qui fait suite à la tant attendue prolongation du Grand Prix survenue il y a déjà deux ans de cela et qui assure à la manche brésilienne une place dans le calendrier de la F1 jusqu’en 2020. Au moins. Pas une mince affaire quand on connaît la vorace envie du plus célèbre des « oncles Picsous » à exporter son bébé vers des contrées toujours plus lointaines et généreuses financièrement. Poussé depuis de nombreuses années par l’omnipotent Bernie Ecclestone à moderniser son vieillissant Interlagos, le pays de la présidente Dilma Rousseff a entamé l’an dernier une impressionnante cure de jouvence destinée à répondre aux standards élitistes de la catégorie pinacle du sport automobile.

Outre la création d’un nouveau paddock et de stands flambants neufs, dont la livraison a finalement été reportée à 2016 en raison d’importants retards, la piste brésilienne a également subi un resurfaçage complet destiné à effacer les célèbres bosses qui jalonnent le tracé niché en plein cœur de Sao Paulo. Autre modification de taille : les mythiques « s » de Senna se sont vus greffer une zone de dégagement afin de renforcer la sécurité des pilotes en cas de sortie de piste. Quant à l’idée de reprendre, tout du moins en partie, les contours du grand tracé, elle fut finalement abandonnée, les travaux de modernisations se chiffrant à plus de 65 millions de dollars. Si le tracé brésilien reste l’un des rares du calendrier actuel à avoir conservé une grande partie de son charme passé, il n’a pourtant plus rien à voir avec celui qui contribua à écrire la légende d’Interlagos.

Bumpy ride

Démunie de toute installation hydro-électrique à l’entame du 20ème siècle, la ville de Sao Paulo va élaborer un projet ambitieux destiné à amorcer son urbanisation. Vendus à la société immobilière de construction autoroutière AESA en 1926, les terrains entourés des deux lacs artificiels « Guarapiranga » et « Billings », créés afin de subvenir aux besoins en eau et en électricité de la métropole brésilienne, se veulent le point d’ancrage d’un immense quartier résidentiel. Hélas, le caractère accidenté des terres et les forts dénivellements du site empêcheront de mener à terme ce projet. Peu ébranlé par cet échec, le dirigeant de l’entreprise, Louis Romero Sanson, se tourne alors vers l’aménagement d’un colossal complexe sportif et autoroutier. En plus de la création d’un circuit destiné à accueillir les plus importantes courses automobiles du moment, l’ingénieur britannique prévoit la construction d’un grand stade d’athlétisme, de terrains de sports et de lacs pour la voile. Le tout jalonné par d’amples axes routiers.

Confié à l’architecte français Alfred Crouch, auteur notamment de l’agrandissement et de l’embellissement de la ville de Rio de Janeiro, le projet va pourtant subir un important coup d’arrêt. Le crac boursier de 1929 passe par là et conduit Sanson à repousser les débuts des travaux. Les révolutions nationales de 1930 et 1932 n’arrangent rien, mais ce dernier n’entend pas baisser les bras. Poussé par l’émergence du sport automobile, Sanson entreprend une étude approfondie des tracés de référence que sont Indianapolis (USA), Brooklands (Angleterre) ou encore Montlhéry (France). Conforté par l’essor du sport automobile au Brésil, Sanson lance les travaux de construction du tracé en 1938. D’une longueur totale de 7, 960 km, la piste est officiellement inaugurée le 12 mai 1940 sous le nom d’Interlagos (entre les lacs en portugais), non sans avoir essuyé plusieurs retards de livraison en raison des fortes pluies qui se sont abattues sur la ville.

Si une partie des installations ne verra pas le jour (tour de transmission, parking géant, cafétérias …), le tracé, qui tourne dans le sens antihoraire, chose rare  pour l’époque, demeure une franche réussite. Jalonné, rapide, mais aussi dangereux, il offre aux pilotes tous les virages imaginables : double gauche en banking, grandes courbes, mini-parabolique sans oublier une partie plus sinueuse avant l’infernale remontée vers la ligne droite des stands (Mergulho). Hôte de plusieurs courses automobiles mineures à ses débuts, le circuit reçoit sa première épreuve internationale en 1947 avec les voitures de Grand Prix, ancêtre de la Formule 1. Divisible en deux parties bien distinctes à partir de 1957, le circuit brésilien se compose alors d’un anneau extérieur de 3,205 km réservé aux courses de haute vitesse et de son sinueux tracé intérieur long de 4,750 km. Fermé dix ans plus tard pour rénovation, le circuit ré-ouvrira finalement ses portes en mars 1970.

Andrea Noviello

Emesron Fittipaldi Interlagos

Emerson Fittipaldi s’est imposé à deux reprises sur l’ancien Interlagos en 1973 et 1974.

facebooktwittergoogle_plus

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*