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Saga

Les circuits mythiques : Kyalami (1/2)

Mario Andretti Kyalami 1971 Mario Andretti signe sa toute première victoire en F1 lors du Grand Prix d'Afrique du Sud 1971.
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Aménagé sur un plateau situé à 1500 mètres d’altitude, le circuit de Kyalami est inauguré le 4 novembre 1961. Basé à 20 km de Johannesburg, le tracé sud africain reçoit sa première course de Formule 1 en 1967 et se pose immédiatement comme l’un des plus rapides du calendrier. Mais les disparitions tragiques de Revson et Pryce conjuguées à la politique d’apartheid menée par le gouvernement auront finalement raison du rendez-vous le plus exotique du championnat.

Sevrée de Formule 1 depuis 23 ans maintenant, le continent africain a pourtant entretenu une relation étroite avec la catégorie reine. En un quart de siècle de vie commune, bien qu’entrecoupé pendant six années en raison de l’apartheid, l’inoubliable tracé de Kyalami aura tout vécu : des courses d’anthologie, des succès historiques, des conflits politiques, des grèves de pilotes ou encore des accidents mortels. Rien n’aura été épargné à l’épreuve la plus exotique du calendrier. Pas même une désertion d’une partie du plateau en pleine guerre FIA-FOCA. Pourtant, le charme sans commune mesure de la manche Sud Africaine et la sélectivité de son tracé auront pendant de nombreuses années enthousiasmés un paddock alors loin de savoir que plus jamais il ne viendrait s’installer sur les hauteurs de Johannesburg.

L’histoire de Kyalami part d’un simple postulat réalisé par des passionnés de course automobile à la sortie de la guerre. En l’absence de circuit digne de ce nom, le pays de Nelson Mandela ne pourra pas prétendre un jour à accueillir un Grand Prix. Désireux de trouver une alternative crédible au vieillissant Grand Central Circuit, le groupe originaire de la capitale sud africaine propose de construire au sein de leur propre ville une piste répondant aux normes sécuritaires de l’époque. Leur dessein est ambitieux : faire de Kyalami le tracé de référence en Afrique devant celui d’East London (hôte du Grand Prix d’Afrique du Sud en 1962, 1963 et 1965). Natif de Johannesburg, Alex Blignaut, l’un des meilleurs pilotes du pays, se charge lui-même de réaliser une étude approfondie des lieux. Après avoir réfléchi à la viabilité du projet et défini le niveau d’investissement requis, il désigne une parcelle de terre située dans le quartier d’Alberton. Ayant eu vent des plans de Blignaut, un autre groupe propose alors d’implanter le circuit dans la zone de Barangwanath.

La frayeur Regazzoni

Face aux intérêts divergents des parties intéressées, le maire de Johannesburg, Dave Marais, choisit d’intervenir en réunissant toute ce beau monde à l’hôtel Kelvin. L’Afrique du Sud Motor Racing Club vient de voir le jour. Après de longues délibérations, le site vallonné de Kyalami est finalement plébiscité. En charge de la supervision et de la construction du tracé, Basil Read s’inspire des circuits références de l’époque tout en prenant le soin de maximiser la vue des spectateurs peu importe où ils se trouvent. Autre particularité : le tarmac bénéficie d’une adhérence maximale, et ce quelque soit les conditions météorologiques, grâce à l’emploi d’un enduit spécial. Niché sur un plateau situé à 1500 mètres d’altitude, le circuit, officiellement inauguré le 4 novembre 1961, est un mélange de virages moyens et de courbes ultra rapides. Ses dénivelés importants, son climat favorable et son cadre exotique vont en faire l’un des rendez-vous les plus prisés du microcosme de la F1.

Long de 4,104 km, le tracé sud africain se décompose en huit virages aux dénominations toutes plus singulières les unes que les autres. Crowthorne, Barbeque, Sunset Bend, Clubhouse, ou encore The King. Chacun d’entre eux représente un défi pour les pilotes, un pur moment d’adrénaline où les pieds droits les plus lourds rayonnent sans pareil. L’interminable et ondulée ligne droite des stands ponctue avec brio le charme d’un tracé qui va réserver des courses mémorables de part leurs scénarios et les tragédies qui les ont entachées. De retour sur le continent africain en  1967 après deux ans d’absence, la Formule 1 ouvre la 18ème saison de son histoire dans le pays cher à Nelson Mandela. Inhabituellement disputée le dimanche du jour de l’an, la qualification voit l’Australien Jack Brabham signer la première pole position de l’histoire de Kyalami.

Bien que monopolisant la première ligne avec son coéquipier et compatriote Denny Hulme, les Brabham ne parviendront pas à empêcher le premier succès en carrière de Pedro Rodriguez, le Mexicain bénéficiant de l’arrêt imprévu de l’étonnant leader John Love pour offrir à Cooper la 16ème et dernière victoire de son histoire. Organisée le 1er janvier l’année suivante, toujours un lundi, l’épreuve sourit cette fois à Jim Clark qui y décroche son 25ème et ultime succès, battant ainsi le précédent record détenu depuis 1957 par Juan-Manuel Fangio. L’as écossais n’aura hélas pas le temps de savourer son exploit puisqu’il périra quelques jours plus tard lors d’une course de F2 sur le tracé d’Hockenheim. Épargné par les catastrophes en dépit de son caractère véloce et de ses dégagements étroits, le circuit de Kyalami passe tout près d’un premier drame en 1973. Auteur d’un envol prodigieux depuis sa 13ème place sur la grille, Dave Charlton, alors septième, perd le contrôle de sa Lotus à la sortie de Crowthorne dans le troisième tour et heurte Mike Hailwood.

Andrea Noviello

Riccardo Patrese Kyalami 978

Riccardo Patrese frôle l’exploit en 1978 en passant tout près de la victoire au volant de l’Arrows.

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