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Les Grand Prix d’Australie inoubliables

Adelaïde 1985 : Rosberg un Finlandais dans la ville

Keke Rosberg Australie 1985 Vainqueur logique, Keke Rosberg appose en premier son nom au palmarès du Grand Prix d'Australie.
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Le championnat du monde de Formule 1 reprend ses droits ce dimanche 26 mars à Melbourne. Inscrite au calendrier depuis 1985, la manche australienne est rentrée dans l’histoire de la catégorie reine grâce à des Grand Prix d’anthologie. Entre des conditions météorologiques apocalyptiques et des renversements de situation inimaginables, l’épreuve située aux antipodes a été le théâtre de courses au scénario complètement fou. Retour sur l’édition 1985 marquée par la splendide bataille entre Keke Rosberg et Ayrton Senna.

Victorieuse des deux dernières courses grâce à Nigel Mansell, Williams-Honda embarque en direction de la nouvelle escale australienne avec la ferme intention de s’offrir un triplé, histoire de conclure en beauté un exercice émaillé par de nombreux abandons. Grand spécialiste des tracés en ville, en témoigne son brillant succès dans les rues de Détroit, l’autre représentant de l’écurie de Sir Frank, Keke Rosberg, compte mettre à profit sa dextérité sur les circuits urbains afin faire sien le tout premier Grand Prix d’Australie disputé sur le flambant neuf tracé urbain d’Adelaïde. Immédiatement dans le coup, le Finlandais s’offre la pole position provisoire le vendredi après-midi, un minuscule millième devant le roi des qualifications Ayrton Senna. S’ils l’ignorent encore, les deux hommes ne vont pas se lâcher du week-end.

Dès la deuxième partie des qualifications, le Brésilien et le pilote Williams s’écharpent à coup de meilleur temps ne laissant qu’au seul Nigel Mansell le loisir de les approcher de près. Crédité d’un tour de folie, le Britannique croit d’ailleurs tenir la pole avant que « Magic » ne vienne refroidir ses ardeurs lors d’une troisième tentative tout bonnement exceptionnelle. Senna signe dans les ultimes instants de la séance qualificative le chrono le plus rapide avec une incroyable marge d’avance sur ses adversaires directs. Mansell est repoussé à près de sept dixièmes de la sublime Lotus noir et or tandis que Rosberg accuse plus de deux secondes de retard sur le Pauliste. Le dernier qualifié, Huub Rothengatter, émerge à 10,4 secondes soit l’un des plus grands écarts jamais enregistré lors d’une qualification disputée sur le sec. Bien que positionné sur le côté le plus adhérent de la piste, Senna ne va pas tirer profit de son avantage sur la grille.

Le festival de Senna

Dépassé par un bondissant Mansell au départ, le Brésilien tente de reprendre les rênes de la course dès le 1er tour, mais se heurte à la résistance du pilote Williams. Trop précipitée, la manœuvre de dépassement du Pauliste conduit les deux hommes à se toucher, provoquant l’abandon du « Lion ». Placé en embuscade, Rosberg profite de cette empoignade pour s’installer aux commandes du Grand Prix. Très abrasif, l’asphalte posé quelques semaines seulement avant ce dernier rendez-vous de la saison est un véritable supplice pour les pneumatiques et oblige les leaders à chausser rapidement de nouvelles gommes. Imperturbable malgré la constante pression de Senna, le Finlandais rentre une deuxième fois à son box au 42ème tour. Surpris par le ralentissement soudain du pilote Williams à l’amorce du dernier virage, « Magic » harponne le champion du monde 1982 et arrache une partie de son aileron avant.

Furieux, Senna reste en piste pendant deux tours avant de se résoudre à rentrer réparer les dégâts à son box. Ressorti en 3ème position derrière Niki Lauda, le pilote Lotus élimine facilement l’Autrichien avant d’émerger en tête, Rosberg ayant choisi d’opérer un troisième changement de pneus. Quelque peu laborieux, ce dernier pit-stop plonge le Finnois au 3ème rang derrière la McLaren de Lauda. Contraint lui aussi de repasser par la case stand, Senna parvient toutefois à sortir devant la Williams ce qui lui offre la tête lorsque « l’ordinateur » est trahi par ses freins. Hélas pour le jeune prodigue, son moteur Renault rend l’âme au 62ème passage mettant fin à ses espoirs de succès. Sans adversaires à sa mesure, Rosberg remporte tranquillement la 5ème et dernière victoire de sa carrière tandis que derrière les deux Ligier de Jacques Laffite et de Philippe Streiff s’accrochent dans l’avant dernière boucle sans pour autant compromettre le double podium de l’écurie française, l’Isérois parvenant à terminer la course en dépit d’une suspension avant-gauche complètement détruite.

Andrea Noviello

Philippe Streiff Australie 1985

Trop impétueux, Streiff accroche son coéquipier Laffite dans l’avant-dernier tour de course.

 

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