logo warm up f1
Grand Prix de Russie

Course : Bottas est candidat

Valtteri Bottas course Russie 2017 Valtteri Bottas décroche en Russie sa toute première victoire en Formule 1.
Facebooktwitter

Mis en orbite par son superbe envol, Valtteri Bottas a brillement résisté au retour de Sebastian Vettel en fin d’épreuve pour remporter le Grand Prix de Russie, quatrième manche de la saison 2017 de Formule 1. Inflexible malgré la pression du quadruple champion du monde, le Finlandais décroche à Sotchi la première victoire de sa carrière devant les deux Ferrari de Vettel et de Kimi Räikkönen.

Cantonnée aux deux seuls pilotes de l’écurie Mercedes depuis trois ans et l’introduction de la motorisation hybride, la lutte pour la couronne mondiale semblait s’être ouverte à l’alternance en cette campagne 2017. Après trois Grand Prix disputés, Sebastian Vettel (par deux fois) et Lewis Hamilton s’étaient, chacun leur tour, imposés laissant ainsi présager d’un somptueux duel au sommet. Si cette fois les deux prétendants n’évoluaient plus dans le même camp, Ferrari pour l’un et Mercedes pour l’autre, ils sont quand même parvenus à vampiriser toute l’attention médiatique au point de quasiment interdire toute ambition personnelle à leurs coéquipiers respectifs Kimi Räikkönen et Valtteri Bottas. Réduits au rang de simple sparring-partner, les deux Finlandais du plateau se voyaient de facto exclus de la course au titre avant même de n’avoir pu ne serait-ce que faire action de candidature.

Jugé encore trop tendre par l’ensemble des observateurs après son Grand Prix compliqué dans le désert de Bahreïn, Bottas a totalement contredit les prédictions en s’offrant un week-end idyllique à Sotchi. Passé à deux doigts (95 millièmes) la veille de coiffer sa seconde pole position consécutive, le pilote Mercedes a pris sa revanche sur les Ferrari en course grâce à un envol de toute beauté et une maîtrise de vieux briscard durant les 52 tours de cette manche russe. « Cela m’a pris pas mal de temps avant de gagner en F1, mais cela valait vraiment le coup d’attendre, estime le protégé de Didier Coton. Rejoindre cette équipe en replacement de Nico Rosberg a été une opportunité étrange et aujourd’hui je réalise mon rêve. Entendre l’hymne finlandais sur le podium fut un moment très spécial. Cela ne me paraissait pas réel. J’ai réalisé l’une de mes meilleures courses depuis que je suis en F1. Ce succès va me donner beaucoup de confiance pour la suite. Je savais que j’en étais capable, mais c’est toujours bien d’en avoir la confirmation avec les résultats au bout. »

Grosjean se saborde dès le premier virage

Installé juste derrière les deux hommes de la Scuderia sur la grille de départ, Bottas exécute un très bon envol qui lui permet d’effacer d’entrée la Ferrari d’un Räikkönen auteur d’une mise en action pour le moins poussive. Blotti dans l’aspiration de la seconde monoplace rouge du poleman Vettel, le Finlandais profite de son surcroît de vitesse pour contourner le quadruple champion du monde par l’extérieur dans le virage 1. Parfaitement exécutée, la manœuvre du natif de Nastola vient de sérieusement mettre à mal les ambitions de doublé de l’écurie la plus titrée de l’histoire. Car si les Ferrari avaient fait montre d’une certaine supériorité dans l’exercice des qualifications, elles vont très vite constater que les flèches d’argent, tout du moins celle de Bottas, ont retrouvé de leur superbe en course. Crédité d’un départ presque aussi efficace que celui du Nordique, l’autre représentant de la firme à l’étoile, Lewis Hamilton, reste toutefois scotché à sa quatrième place, un rang que le triple champion du monde ne quittera plus jusqu’à l’arrivée.

Seul gros bras à perdre des plumes lors de ce 1er tour, Daniel Ricciardo voit Felipe Massa et son coéquipier Max Verstappen lui griller la politesse à l’amorce de la très sournoise chicane du virage 2. Sujette à des incidents lors de chacune des trois précédentes éditions, elle perpétue sa réputation de coupe-gorge puisque cette fois Romain Grosjean et Jolyon Palmer s’auto-éliminent dans une tentative de passage en force désespérée du Français. Les débris de carbone étant trop nombreux pour assurer une sécurité optimale aux pilotes, la direction de course décide logiquement de lancer la voiture de sécurité en piste le temps d’évacuer les deux monoplaces accidentées. Relancé à l’attaque de la 4ème boucle, le Grand Prix peut alors vraiment commencé. C’est le début d’une longue (1h28) et soporifique procession. Si Fernando Alonso (problèmes électroniques dès le tour de formation) et Daniel Ricciardo (freins) n’ont déjà plus leur mot à dire, devant le leader Bottas ne se laisse pas prier pour prendre la poudre d’escampette.

Le calvaire d’Hamilton

Particulièrement habile lors du restart, le pilote Mercedes entame un premier relais d’une sidérante régularité qui va le voir accroître irrémédiablement son avance sur son dauphin Vettel. De trois secondes au 9ème passage, l’écart entre les deux hommes passe à cinq secondes onze tours plus tard, ouvrant ainsi une voie royale à l’ancien pilote Williams. Étrangement absent au volant de la seconde flèche d’argent, Hamilton ne cesse, quant à lui, de perdre du terrain sur le troisième Räikkönen. Visiblement troublé par la surchauffe de sa monoplace, l’Anglais peine à suivre la cadence imprimée par les trois leaders. « Je n’avais tout simplement pas le rythme aujourd’hui, confesse le pilote flanqué du numéro 44. Je n’étais pas à l’aise et je ne pouvais pas placer la voiture où je le voulais. Je ne me souviens pas d’avoir connu trois jours aussi difficiles dans ma carrière. Ce week-end a été pour le moins étrange. » Le natif de Stevenage exclu de la lutte pour la victoire avant même la mi-course, Vettel et Bottas peuvent sereinement poursuivre leur passionnant combat d’échec à distance.

À coup de record du tour, les deux hommes se coupent inexorablement du reste du peloton même si l’autre Ferrari de Räikkönen parvient à se maintenir à portée de tir (10 secondes) des leaders. La faible abrasivité du tarmac russe réduisant sensiblement le facteur dégradation des gommes, bien que certains pilotes comme « Ice-Man » ou Max Verstappen soient touchés par le phénomène de « cloques », il faut comme souvent attendre le début des changements de pneus pour assister à un (léger) bouleversement dans la hiérarchie. Premier pilote à stopper au 21ème passage, Felipe Massa sera d’ailleurs le seul gros bras à tenter une stratégie à deux arrêts au stand. Un pari perdant puisque le Brésilien, tranquille sixième en début de Grand Prix, terminera finalement en neuvième position après avoir vu Sergio Perez, Esteban Ocon et Nico Hulkenberg lui passer devant lors de son deuxième pit-stop dans la 41ème boucle. Dans le groupe de tête, c’est le leader Bottas qui va ouvrir les hostilités. Appelé à son box au 27ème tour, le Finlandais reprend la piste en pneus supertendre, laissant provisoirement les rênes de la course à son dauphin Vettel.

Vettel aura tout tenté

Conscient que seule une stratégie décalée peut lui permettre de prendre le meilleur sur le pilote Mercedes, l’Allemand tente, comme en ouverture de la saison à Melbourne, de prolonger un maximum son premier relais. Si son coéquipier Räikkönen est, lui, obligé de s’arrêter dans la 29ème boucle à cause d’une dégradation excessive de ses gommes arrière, le quadruple champion du monde parvient à soutenir la comparaison avec Bottas malgré des pneus nettement plus usés. Gérant avec habilité le dépassement des retardataires, Vettel réussit à se construire une marge de 20 secondes sur le protégé de Didier Coton. Un écart certes important, mais insuffisant pour repartir devant l’ancien pilote Williams au sortir de son changement de gommes au 34ème passage. La cause semble alors entendue, mais il était écrit que la première victoire de Bottas ne serait pas acquise dans la facilité. Parti légèrement à la faute dans le virage 13, le natif de Nastola voit son confortable pécule de cinq secondes tomber à seulement 2,7 secondes dans le 38ème tour.

Averti par radio de l’excursion hors-piste de la Mercedes flanquée du numéro 77, Vettel sent alors le rapport de force basculer en sa faveur. Boosté par la possibilité de décrocher un troisième succès en 2017, l’Allemand inflige une pression terrible à son adversaire, grappillant dixième après dixième au point de rentrer dans la zone DRS au 49ème passage. Trop tard. Bottas tiendra bon jusqu’au bout et profitera des derniers dépassements sur les retardataires pour annihiler toute tentative de dépassement du natif d’Heppenheim. « J’ai tout essayé pour passer Valtteri, révèle le quadruple champion du monde. Je pensais que j’aurais une chance dans la ligne droite du retour, mais il n’a pas commis d’erreur. Bravo à lui. » Brillant de résistance et de panache à Sotchi, Valtteri Bottas devient en Russie le 107ème pilote de l’histoire à apposer son nom au palmarès d’un Grand Prix. Mieux, en conquérant le premier succès de sa carrière et en recollant à seulement dix longueurs (73 contre 63) de son encombrant coéquipier dans les rues de l’ancien village olympique, le Finlandais se pose surtout comme le troisième candidat d’une course au titre peut-être un peu trop rapidement promise au duo Hamilton-Vettel.

Andrea Noviello

Sergio Perez course Russie 2017

Sergio Perez signe dans le parc olympique de Sotchi sa quatrième entrée dans les points en 2017.

Facebooktwitter

Leave a comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*