Charles Leclerc : « L’objectif c’est le championnat »

Charles Leclerc Monaco Interview 2022
Charles Leclerc veut aborder ce Grand Prix à domicile avec le même état d'esprit que les précédentes courses.
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Dépossédé de la tête du championnat à la suite de son abandon de Barcelone, le pilote Ferrari aborde son rendez-vous à domicile avec l’ambition de rebondir dans la course au titre mondial.

Son début de saison fut idéal. Pour ne pas dire quasiment parfait. Vainqueur de deux des trois premières courses du championnat (à Bahreïn et en Australie. Ndlr), Charles Leclerc s’est immédiatement posé comme l’un des plus sérieux candidats à la couronne mondiale 2022. Largement en tête du classement pilotes au soir de son éclatante démonstration de force australienne (il possédait alors 34 points d’avance sur son plus proche poursuivant George Russell. Ndlr), la figure de proue de Maranello a depuis quelque peu ralenti la cadence, la faute à une très évitable erreur de pilotage en Émilie-Romagne (il s’est sorti dans la Variante Alta en essayant de revenir sur la Red Bull de Sergio Perez. Ndlr) et surtout à la casse de son V6 turbo-hybride Ferrari à Barcelone. Trahi par sa mécanique alors qu’il semblait se diriger tout droit vers son troisième succès de l’année en Espagne, l’enfant prodige de la Principauté a donc assisté en spectateur impuissant au quatrième triomphe de son rival désigné dans la course au titre, Max Verstappen. Délogé de sa position de leader mondial par un pilote Red Bull bien décidé à conserver son trône une saison de plus (il accuse désormais six longueurs de retard sur le Néerlandais. Ndlr), l’homme fort de la Scuderia aborde son rendez-vous à domicile avec un esprit de revanche et avec l’ambition de retrouver au plus vite sa place au sommet du championnat.

Vous occupez actuellement la deuxième place du championnat pilotes avec 104 points récoltés en six courses et surtout deux victoires au compteur. Quel bilan dressez-vous de ce début de saison ?

Le bilan est extrêmement bon. Je suis très satisfait du boulot que j’ai réalisé depuis le début de l’année. Alors certes on s’est montré moins compétitif que Max (Verstappen. Ndlr) et Red Bull sur certaines courses, mais on a récupéré un peu de performance à Barcelone. Le Grand Prix ne s’est, malheureusement, pas terminé comme je l’aurais voulu, mais cela fait partie du jeu. J’ai aussi commis une erreur à Imola, mais il n’y en a pas eu beaucoup d’autres. Je suis donc très content de la manière dont on travaille avec le team. Cette entame de championnat est positive.

Jusqu’à Barcelone et cette casse moteur en pleine course, vous teniez solidement les rênes du championnat. Allez-vous changer votre approche des week-ends de course maintenant que vous ne pointez plus au sommet du classement ?

En aucun cas. J’aurais, bien évidemment, préféré arriver à domicile en occupant le fauteuil de leader, mais on s’est malheureusement fait subtiliser cette première place par Max. À ce stade de la saison, c’est anecdotique. Il reste seize courses à disputer donc la saison est encore longue. On se posait quand même pas mal de questions avant l’Espagne, car on ne parvenait pas à rivaliser avec les Red Bull en rythme de course. On dégradait beaucoup les pneus et on avait du mal à les tenir pendant tout le Grand Prix. Barcelone nous a permis de trouver pas mal de réponses à ces questions-là. En termes de dégradation des pneus, on était nettement mieux.

Ce Grand Prix d’Espagne n’a donc pas été aussi négatif que le résultat brut peut le laisser penser …

Absolument. Alors oui ce problème moteur nous a clairement coûté la victoire et la tête du championnat, mais dans le même temps on a retrouvé pas mal de performance en course. La dégradation des pneus était très bonne donc on ressort quand même confiant de ce week-end-là. Maintenant, le fait de me retrouver deuxième du classement ne va changer en rien mon approche avant ce Grand Prix de Monaco. Comme toujours depuis le début de l’année, je vais donner 110%. Cette course est, forcément, très spéciale pour moi car il s’agit de mon Grand Prix à domicile. Mais c’est justement dans ce genre de week-end qu’il ne faut pas trop en faire. On va, tout simplement, essayer de réaliser un très bon job comme on a pu le faire jusque-là.

« Je n’ai pas eu beaucoup de réussite ces dernières années à la maison, mais je ne crois pas pour autant à la malchance. Je pense, au contraire, que tout finit toujours par s’équilibrer dans la vie » 

Vous n’avez pas eu beaucoup de chance à Monaco depuis votre première apparition au volant d’une monoplace en 2017. Ces contreperformances à répétition à domicile impactent-elles d’une façon ou d’une autre votre confiance au moment d’aborder cette épreuve si singulière pour vous ?

Pas vraiment. En y regardant de plus près, il est vrai que je n’ai pas eu beaucoup de réussite ces dernières années à la maison, mais je ne crois pas pour autant à la malchance. Je pense, au contraire, que tout finit toujours par s’équilibrer dans la vie. Aussi, je suis persuadé que ces années de malchance seront contrebalancées un jour ou l’autre par davantage de réussite. J’espère même que la roue tournera dès cette année. Cette saison est très importante pour moi. Chaque point va compter d’ici la fin du championnat donc il faut espérer que cette fois tout se passera bien.

En prenant la piste pour la première fois ce vendredi lors des essais libres, allez-vous repenser à tout ce qui vous est arrivé ces dernières années à Monaco ?

J’y réfléchis seulement lorsque l’on me pose la question (sourire. Ndlr) ! Dans le cas contraire, je n’y pense jamais. Dès que je monterai dans la voiture vendredi, je ferai abstraction de tous ces mauvais souvenirs. Je ne dois pas changer mon approche à cause de ce qu’il s’est passé ces dernières saisons. Si on excepte mon crash de l’an passé en qualification, beaucoup d’incidents n’étaient malheureusement pas de mon ressort. Quand cela arrive, il faut juste faire un reset et oublier. Tout simplement.

Cette mauvaise série à domicile génère-t-elle chez vous un surcroît de motivation ?

Non, pas spécialement. Je me répète, mais encore une fois il n’y aura pas de changement d’approche en vue de ce week-end. La motivation est haute comme elle l’a été depuis le début de l’année. Évidemment, cela reste une épreuve à part dans le calendrier car on parle tout de même de mon Grand Prix à domicile. Mais de mon point de vue, il est vraiment important que j’aborde cette course comme n’importe qu’elle autre. On réalise un super travail depuis l’ouverture du championnat. Il ne faut donc pas surpiloter ici.

« Mercedes a effectué de gros progrès comme on a pu s’en apercevoir à Barcelone. Ils sont plus proches qu’avant, mais ils accusent encore un peu de retard » 

Le Grand Prix de Monaco a, récemment, essuyé les critiques du Team Principal de McLaren Zak Brown. L’épreuve princière peut-elle disparaître du calendrier selon-vous ?

Impossible ! La Formule 1 possède quelques circuits mythiques et celui de Monaco en fait largement partie. Aussi bien pour la F1 que pour Monaco, il est important de conserver cette histoire. J’ai déjà donné mon avis sur le sujet. Ils (les promoteurs de la discipline Liberty Media. Ndlr) n’ont pas forcément besoin de me poser la question pour connaître mon opinion. Je suis, bien entendu, pour que l’on garde ce Grand Prix au calendrier. Monaco, c’est une épreuve très spéciale vous savez. Elle l’est non seulement pour moi, mais aussi pour toute la communauté de la F1. À mes yeux, il est inconcevable que le Grand Prix de Monaco puisse ne plus avoir lieu.

Avant d’entamer ce championnat 2022, vous vous étiez fixés un objectif de cinq victoires cette saison. Visez-vous plus haut désormais ?

On est, effectivement, très compétitif depuis le début de l’année. Si l’on parvient à maintenir un tel niveau de compétitivité tout au long de la saison, alors bien sûr que j’espère en décrocher plus encore. La barre des cinq victoires était un bon objectif en début d’année quand on ne savait pas encore où on allait être. Aujourd’hui, l’ambition clairement affichée est le titre mondial. J’aimerais vraiment gagner le championnat cette saison. Après que je remporte cinq, dix ou je ne sais combien de victoires, peut importe en fin de compte. L’objectif c’est le championnat !

À ce propos, le titre se jouera-t-il uniquement entre Max Verstappen et vous cette saison ou croyez-vous à un retour des pilotes Mercedes ?

Je crois que cela se jouera entre Red Bull et Ferrari. Mercedes a effectué de gros progrès comme on a pu s’en apercevoir à Barcelone. Ils sont plus proches qu’avant, mais ils accusent encore un peu de retard. Maintenant, on ne peut jamais vraiment totalement exclure un team comme Mercedes de la course au titre pour la simple et bonne raison que cette écurie est tout simplement très forte. En revanche, si je devais uniquement me concentrer sur les performances du moment, alors je résumerais cette lutte pour le titre à un duel Ferrari-Red Bull.

Propos recueillis par Andrea Noviello

Charles Leclerc itv Monaco 2022 voiture
Charles Leclerc n’imagine pas la Formule 1 sans le Grand Prix de Monaco dans son calendrier.
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