logo warm up f1
Grand Prix de Monaco

Course : Leclerc la malédiction continue

Charles Leclerc course Monaco 2019 Trop impétueux, Charles Leclerc a vu ses efforts vites anéantis par son accrochage avec Hulkenberg.
facebooktwittergoogle_plus

Contraint de prendre de gros risques pour tenter de surmonter son lourd handicap des qualifications, Charles Leclerc a payé au prix fort une tentative de dépassement osé sur la Renault d’Hulkenberg. Victime d’une crevaison qui allait détruire une partie de son fond plat, le pilote Ferrari a dû mettre pied à terre dès le 18ème tour du Grand Prix de Monaco.

En quête d’explications de la part de son écurie après son élimination prématurée des qualifications, il se classe seizième en Q1 à la suite d’un improbable raté stratégique de la Scuderia, Charles Leclerc avait lâché une phrase lourde de sens au moment de s’adonner au jeu des interviews. « Remonter ne sera clairement pas aussi simple ici qu’à Bakou. Je vais devoir prendre des risques quitte à me crasher ». Repoussé sur la quinzième place de la grille de départ par la faute (grossière) de Ferrari, le Monégasque a tenu parole ce dimanche en tentant le tout pour le tout lors d’une course qui se sera avérée pour lui aussi débridée qu’expéditive. Venu à bout, en moins de sept tours s’il vous plaît, de la McLaren de Lando Norris et de la Haas de Romain Grosjean à la suite de manœuvres aussi gonflées l’une que l’autre, le champion 2017 de Formule 2 a payé un lourd tribut de son attaque particulièrement audacieuse sur la Renault de Nico Hulkenberg dans le virage de la Rascasse.

Victime presque dans la foulée d’une crevaison à l’arrière-droit, conséquence de son contact avec le rail, le pilote Ferrari tenta bien de poursuivre sa route quelques tours de plus avant de finalement se résoudre à l’évidence. Les dégâts provoqués sur son fond plat par la (spectaculaire) délamination de son pneu étaient trop importants pour espérer pouvoir rallier l’arrivée de son Grand Prix à domicile. Après 2017 (en F2) et 2018, Leclerc devait donc renoncer pour la troisième année consécutive à Monaco. « Je devais prendre des risques sur cette course, explique le protégé de Nicolas Todt dans le carré des interviews. Vu d’où nous partions, une position qui ne correspondait absolument pas à la performance de la voiture, il fallait que j’en prenne. Ce n’est évidemment pas le week-end que j’imaginais, mais je ne peux plus rien y changer. C’est dommage que cela arrive chez moi sur une piste où cela ne double pas. Maintenant, nous devons regarder vers l’avant et continuer à travailler aussi dur que possible. »

Une prise de risque maximale

Chaussé de gommes médiums au départ, un choix majoritairement repris par la seconde moitié de la grille, Leclerc prend un envol d’assez bonne facture (il gagne d’entrée une position sur la Sauber de Kimi Räikkönen), mais doit immédiatement couper le virage de Sainte-Dévote pour éviter le contact avec la Haas de Grosjean. Contraint de laisser filer le Français pour ne pas subir de pénalité, le champion 2016 de GP3 attend le virage du Loews avant de lancer sa première offensive du jour, par l’extérieur qui plus est, sur la McLaren de Norris. Contré par le Britannique, l’enfant prodige de la Principauté retente sa chance une boucle plus tard au même endroit et parvient cette fois à surprendre Norris en s’infiltrant à l’intérieur. Le pilote McLaren rondement éliminé, la nouvelle recrue de la Scuderia part alors à la chasse de la Haas de Grosjean. Revenue sur les talons du Tricolore en moins d’un tour, la révélation de la saison 2018 se montre une première fois dans les rétros du pilote Haas au 5ème passage à la chicane du Port.

Soucieux de ne pas perdre trop de temps derrière le natif de Genève, Leclerc passe à l’attaque trois boucles plus tard et pique le Français à la Rascasse au prix d’une manœuvre splendide de culot qui n’est pas sans rappeler celle réalisée ici-même par son parrain sportif Jules Bianchi en 2014. Grisé par cette manœuvre de toute beauté, le pilote Ferrari se lance le tour suivant dans un très audacieux copier-coller sur la Renault de Nico Hulkenberg. Pas franchement décidé à faciliter la remontée de l’enfant du pays, l’Allemand laisse au champion 2017 de Formule 2 un minimum d’espace, obligeant ce dernier à heurter le rail intérieur du virage de la Rascasse. « J’ai sûrement pris un peu trop de risques en voulant dépasser Nico, confesse après l’arrivée la figure de proue de la Ferrari Driver Academy. Nico m’a laissé moins de place que Romain et j’ai malheureusement touché le rail ce qui a occasionné une crevaison. »

« Les dégâts étaient trop importants »

Redoublé dans l’incident par la Haas de Grosjean, Leclerc voit ensuite tout le reste de la meute lui passer devant entre le Tunnel et la chicane du Port, son pneu arrière-droit finissant par se désagréger totalement dans un délaminage des plus spectaculaires. Parvenu non sans mal à ramener sa SF90 meurtrie dans les stands, le Monégasque chausse des gommes dures et reprend la piste au moment où les leaders déboulent dans la ligne droite des stands. Rejeté à un tour des hommes de tête, le protégé de Nicolas Todt va alors mettre à profit l’intervention de la voiture de sécurité (il a éparpillé des morceaux de carbone un petit peu partout entre le Bureau de Tabac et la Rascasse obligeant la direction de course à neutraliser l’épreuve) pour mesurer avec un peu plus de précision l’étendue des dégâts sur son fond plat. « À quel points les dommages sont-ils importants, interroge-t-il par radio. Est-ce que je peux attaquer à fond ou pas ? ».

Rassuré, en partie tout du moins, par le retour de son ingénieur, Leclerc récupère son tour de retard sur les leaders avant de repartir au combat une fois la safety-car rentrée dans la pit-lane à l’amorce du 15ème passage. Passé devant la Sauber d’Antonio Giovinazzi à la faveur du chaos provoqué par la Williams de Robert Kubica à la Rascasse, le pilote de la Scuderia rend aussitôt sa place à l’Italien, son dépassement ayant été effectué son régime de drapeau jaune. Conscient de ne plus rien pouvoir espérer de cette sixième manche de la saison, le natif de Monaco opère un second changement de pneus dans la 17ème boucle, puis renonce la mort dans l’âme un tour plus tard. « Les dégâts étaient trop importants sur la voiture, regrette le champion 2016 de GP3. Je ne dirais pas que je ne pouvais pas conduire, mais c’était vraiment difficile. On a bien essayé de modifier les réglages de l’aileron-avant pour tenter de retrouver un peu d’appui, mais cela n’a pas marché alors nous avons décidé d’arrêter. »

Andrea Noviello

Charles Leclerc course Monaco stand 2019

Après 5 entrées consécutives dans les points, Leclerc enregistre son premier abandon en rouge.

facebooktwittergoogle_plus

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*