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Saga Schumacher

Melbourne 1996 : le saut vers l’inconnu

Michael Schumacher Australie 1996 Double champion en titre, Michael Schumacher relève un nouveau défi en rejoignant Ferrari.
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Recruté à prix d’or par la mythique Scuderia Ferrari, Michael Schumacher ouvre son aventure en rouge sur une fausse note lors du Grand Prix d’Australie 1996. Longtemps en lice pour le podium, l’Allemand est finalement contraint d’abandonner dans le 32ème tour suite à des problèmes de freins.

Sacré à deux reprises champion du monde au volant de la Benetton, Michael Schumacher a surpris tout son monde en décidant de rejoindre une Scuderia Ferrari bien moribonde en 1996. Cible privilégiée de Frank Williams suite à l’annonce du transfert de David Coulthard chez McLaren, l’Allemand aurait très bien pu choisir la voie de la facilité en rejoignant l’écurie dominante du moment. Mais le prodige de Kerpen est un homme de défis. Attiré depuis son enfance par le mythe Ferrari, le petit protégé de Willi Weber se laisse séduire par les arguments de Jean Todt. Au lieu d’empiler les titres les uns derrières les autres au volant de la meilleure monoplace du plateau, « Schumi » sera celui par qui Ferrari retrouvera tout de son lustre passé. Si le challenge peut paraître alléchant sur le papier, rien ne permet d’affirmer qu’il sera gagnant. Car la mythique écurie italienne ne ressemble plus vraiment à la superbe machine à gagner qu’elle fut autrefois.

Gangrénée par de multiples crises politiques, la Scuderia reste sur deux minuscules victoires (Allemagne 1994, Canada 1995) en cinq ans. Le chantier qui attend l’ancien poulain de Flavio Briatore s’avère immense. Preuve en est : le bilan kilométrique famélique de la nouvelle F310 en essais d’intersaison. Envoyée en piste avec plus d’un mois de retard sur la concurrence, la dernière création de John Barnard affiche seulement 700 kilomètres au compteur. Un manque de roulage qui s’accompagne d’une inquiétante fragilité, la F310 enchaînant les casses à la pelle sur le circuit de Fiorano. Lucide quant à ses chances de briller à Melbourne, le pilote de 27 ans ne vise rien d’autre que le drapeau à damier pour sa grande première en rouge. Si les Williams accaparent comme prévu le sommet de la feuille de temps dès les essais libres 1, le champion du monde en titre crée la surprise en décrochant un encourageant quatrième temps. Une place que l’Allemand ne quittera plus du week-end.

Une première en rouge prometteuse

Dominé à la surprise générale par son nouvel équipier Eddie Irvine en qualification, compte tenu du faible roulage de l’Irlandais en comparaison à son chef de file, « Schumi » enlève le quatrième chrono après avoir perdu l’un des flaps de sa F310. Auteur d’une bonne mise en action dont il va se servir pour dépasser la Williams de Damon Hill à la sortie du premier virage, le petit protégé de Willi Weber est toutefois contraint de tout reprendre à zéro suite à l’impressionnante cabriole de Martin Brundle. De nouveau crédité d’un bon envol, même si cette fois il ne gagne aucune place, l’enfant prodigue de Kerpen grimpe en troisième position dès le deuxième tour après que son voisin de garage Irvine lui est gentiment ouvert la porte sur ordre de son écurie. Alors que tout le monde s’attend à voir les Williams prendre la poudre d’escampette, l’ancien poulain de Flavio Briatore réussit à suivre l’intenable cadence imprimée par Jacques Villeneuve et Damon Hill.

Scotché aux basques de l’Anglais, le champion du monde 1995 se maintient dans l’aileron arrière de son ennemi préféré pendant 20 tours avant d’enfin dévoiler son jeu. Contrairement aux Williams parties sur une stratégie à un seul arrêt, le pilote Ferrari effectuera deux passages par les boxes. Tombé en quatrième position après son ravitaillement, le « Baron Rouge » récupère sa troisième place deux boucles plus tard à la faveur du pit-stop de l’autre Ferrari d’Irvine. Il n’en profitera hélas pas bien longtemps. Touché par des problèmes de freins, le « petit Mozart de la F1 » tente de résoudre le problème dans les stands, mais le mal est incurable. Définitivement lâché par ses freins, l’Allemand part à la faute dans le virage 4 puis se résout finalement à renoncer au 32ème passage. Clin d’œil du destin, cinq ans après ses débuts tonitruants à Spa-Francorchamps au volant de la Jordan, Schumacher ouvre son aventure en rouge sur une autre prestation écourtée, mais riche en promesses.

Andrea Noviello

Michael Schumacher Melbourne 1996

Victime de ses freins, Schumacher renonce dès le 32ème tour pour sa première sortie en rouge.

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