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Saga Schumacher

Monaco 1999 : l’envolée princière

Magistral dans les rues de Monaco, Michael Schumacher décroche la 35ème victoire de sa carrière.
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Gonflé à bloc par son succès d’Imola, Michael Schumacher enchaîne sur une autre performance de haute volée lors du Grand Prix de Monaco 1999. Porté par un envol de rêve, le pilote Ferrari réalise une véritable démonstration de force dans les rues de la Principauté et s’affirme comme le grand favori au titre mondial.

Sevré de succès pendant près de huit mois (son dernier triomphe remontait au Grand Prix d’Italie 1998. Ndlr), Michael Schumacher a regoutté avec une joie non dissimulée à la saveur d’une victoire sur les terres de la Scuderia à Imola. Grand vainqueur du combat tactique en Émilie-Romagne, l’Allemand a par la même occasion totalement renversé le rapport de force avec les redoutables McLaren-Mercedes au classement du championnat du monde. Crédité d’un score vierge au soir de la manche inaugurale de la saison en Australie, le pilote Ferrari a depuis amassé seize points, s’installant de facto à la première place du classement pilotes au nez et à la barbe de son coéquipier Eddie Irvine (12 points. Ndlr). Galvanisé par cette prise de pouvoir dans la course au titre mondial, « le Baron Rouge » attaque le rendez-vous monégasque en confiance et avec la ferme intention d’enfoncer le clou sur un tracé où ses talents de funambule du volant lui ont déjà valu trois succès de prestige par le passé (1994, 1995 et 1997. Ndlr)

Buteur lors de la rencontre organisée comme chaque année en marge du Grand Prix de Monaco (l’équipe des pilotes s’est inclinée 5 buts à 2 face à la Star Team du Prince Albert II. Ndlr), le double champion du monde se montre tout aussi inspiré derrière le volant de sa F399, décrochant le deuxième (derrière Irvine. Ndlr) puis le meilleur chrono (devant Hakkinen. Ndlr) des deux séances libres du jeudi. Piégé, comme beaucoup d’autres, par l’impitoyable tracé princier (il a abimé sa monoplace au niveau du virage Louis Chiron. Ndlr), le prodige de Kerpen n’en reste pas moins particulièrement satisfait de sa prestation du jour. Résolu à conforter la mainmise de la Scuderia en Principauté, le « Kaiser » met à profit la journée libre du vendredi pour accumuler les tours (et les procédures de départ. Ndlr) sur le circuit privé de Fiorano. Coupable d’une nouvelle sortie de piste le samedi matin (il a fracassé sa Ferrari dans le rail de Sainte-Dévote. Ndlr), le protégé de Willi Weber tente de se faire pardonner son erreur en mettant fin à la triomphale série de Mika Hakkinen dans l’exercice des qualifications (le champion en titre reste sur trois pole position d’affilée depuis Melbourne. Ndlr).

Dans la légende de Ferrari

Ce sera peine perdue. Battu d’un souffle par le Finlandais (64 millièmes de secondes soit 2,63 mètres. Ndlr) en toute fin de séance, le « petit Mozart de la F1 » accuse le coup mais ne s’avoue pas vaincu pour autant. Conscient que la vérité d’un jour n’est pas forcément celle du lendemain, le natif d’Hürt-Hermülheim s’emploie à relativiser les conséquences d’un revers loin d’être rédhibitoire sur le plus prestigieux et le plus difficile Grand Prix de la saison (seuls 4 des 20 derniers lauréats en Principauté se sont élancés depuis la pole position. Ndlr). Placé du côté extérieur de la piste (celui de la trajectoire idéale. Ndlr), le pilote de 30 ans en fait d’ailleurs l’illustration parfaite en ravissant le leadership au poleman Hakkinen dès l’extinction des feux. Passé en tête dans le goulet de Sainte-Dévote à la suite d’un envol fulgurant, l’ancien poulain de Flavio Briatore vient de faire main basse sur une course qui va tourner à la démonstration des hommes de Jean Todt. Éblouissant de supériorité en début de course, « Schumi » se détache facilement du Finlandais au point de compter 14 secondes de marge sur la McLaren en seulement 20 tours.

Diabolique de virtuosité entre les rails, le fer de lance de la Scuderia affiche tout autant d’aisance dans les dépassements des retardataires ce qui lui permet de grossir encore davantage un pécule qu’il va porter à 45 secondes au 40ème passage. Stoppé à son stand deux boucles plus tard pour ce qui sera son unique arrêt-ravitaillement, l’ex-pilote Benetton ressort logiquement en tête et peut d’autant plus voir venir que derrière l’autre Ferrari d’Irvine est sur le point de prendre le meilleur sur la flèche d’argent Hakkinen. Magnifique de maîtrise au volant d’une F399 souveraine tout au long du week-end, le champion allemand conquiert sa deuxième victoire consécutive après Imola et conforte du même coup son leadership au classement du championnat pilotes (il compte désormais 8 points d’avance sur Irvine et 12 unités de sécurité sur Hakkinen. Ndlr). Mieux, en remportant son quatrième succès dans les rues de Monaco (ce qui fait de lui l’égal du grand Alain Prost. Ndlr), Schumacher détrône l’icône Niki Lauda des tablettes et s’impose comme le pilote Ferrari le plus victorieux de l’histoire (avec 16 triomphes en rouge. Ndlr). Cette fois plus de doute, Maranello a trouvé son nouveau roi.

Andrea Noviello

Michael Schumacher savoure un quatrième succès en Principauté qui fait de lui l’égal d’Alain Prost.

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