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Grand Prix d’Australie

Billet d’humeur : le train-train quotidien !

Billet d'humeur Australie 2018 Le Grand Prix d'Australie s'est résumé à un soporifique défilé en file indienne sans dépassements.
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On l’avait quitté sur une dernière représentation des plus lénifiantes sous le soleil couchant d’Abou Dhabi. On l’a retrouvé quatre mois plus tard dans un état de « délabrement » toujours aussi désespérément préoccupant. Non la longue période de trêve hivernale n’aura en rien régénéré une discipline sur la corde raide depuis de nombreuses années pas plus que l’arrivée des Américains de Liberty Media ne lui aura insufflé ce vent de renouveau tant attendu par des milliers de fans à l’affût du plus minuscule motif d’espoir. Enfermée dans ses certitudes et ses propres discordances, la Formule 1 continue au contraire de s’enfoncer dans un marasme qui risque bien un jour de lui valoir la sentence suprême. En 68 ans d’histoire la catégorie reine du sport automobile a certes déjà dû traverser moult tempêtes et autres crises existentielles, mais jamais encore la F1 n’avait connu pareil discrédit de la part de ses plus fidèles admirateurs. L’affligeant manque de spectacle proposé en piste lors de la manche d’ouverture en Australie est venu cruellement rappeler à ses nouveaux propriétaires qu’un simple ravalement de façade à la sauce US ne suffirait pas (cette fois) à maintenir sur pied un édifice sur le point de définitivement s’effondrer. Car le mal qui gangrène la Formule 1 aujourd’hui se révèle autrement plus profond que les risibles changements (disparition des Grid Girls, modifications des horaires du départ des Grand Prix, introduction du halo) apportés en 2018 par Chase Carey et sa bande ne veulent bien le laisser croire. L’absence quasi-totale de dépassements à Melbourne (on dénombre un total famélique de cinq manœuvres) illustre d’ailleurs parfaitement l’absurdité d’une réglementation à la fois si permissive sur le plan aérodynamique (quand arrêtera-t-on enfin cette démultiplication ridicule des dérives sur les monoplaces ?) et si castratrice en termes de durabilité (réduction du nombre de moteur à trois par pilotes sur l’ensemble du championnat). Sans une mutation rapide et radicale de son mode de fonctionnement, la catégorie reine risque à terme de ne plus jamais offrir le sel et l’incertitude qui ont, jadis, bâti sa légende. À l’instar de la manche australienne, les courses se résumeront alors à d’interminables processions amputées de la moindre source d’excitation. Le train-train quotidien !

Andrea Novielllo

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