Les Flops du Grand Prix de Russie

Lewis Hamilton the flop 2016
Transparent tout le week-end, Lewis Hamilton a peiné comme rarement dans le parc de Sotchi.
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Lewis Hamilton

Lewis Hamilton flop Russie 2017

Son début de saison quasiment parfait semblait l’avoir totalement requinqué après la perte douloureuse du titre en 2016, mais visiblement Lewis Hamilton est encore sujet à quelques coups de mou. Totalement éclipsé par son coéquipier Bottas, l’Anglais n’a jamais vu le jour en Russie, subissant l’une de ses plus grosses déconvenues depuis son arrivée dans les rangs de la firme à l’étoile. Gêné tout le week-end par l’instabilité du train arrière de sa monoplace, le triple champion du monde a d’abord largement perdu sa confrontation avec le Finlandais dans son exercice favori des qualifications. Battu de plus d’une demi-seconde par le successeur de Nico Rosberg, le natif de Stevenage s’est également signalé par ses erreurs successives en piste. Témoin de son manque de sérénité, le fils d’Anthony s’est bêtement « chamaillé » avec la Renault d’Hulkenberg en début de Q3 alors qu’il lui aurait été plus profitable de se focaliser sur le manque de stabilité de sa flèche d’argent. Crédité d’un bon envol, l’ancien protégé de Ron Dennis ne parvient toutefois pas à surprendre Räikkönen et conserve la quatrième position au virage 1. Un long et pénible après-midi commence pour lui. Touché par des coupures moteurs à partir du 7ème tour, le Britannique voit ensuite sa monoplace surchauffer ce qui l’empêche de suivre la cadence des leaders. Agacé par la tournure des événements, l’ex-pilote McLaren perd progressivement pied et laisse « Ice-Man » se détacher. Passé par les boxes au 30ème passage afin de monter les supertendres, le pilote Mercedes végète au quatrième rang jusqu’au bout et termine son fade Grand Prix avec plus de 36 secondes de retard sur la monoplace sœur de Bottas. Totalement à côté de ses pompes en Russie, Hamilton accuse désormais treize longueurs de retard sur Vettel au championnat et voit son coéquipier se rapprocher à dix points de lui. Transparent.

Romain Grosjean

Romain Grosjean flop Russie 2017

On croyait le Français définitivement vacciné de ses gaffes au départ, mais visiblement celui qui fut un temps appelé le « dingue du premier tour » par Mark Webber n’a pas encore totalement perdu ses mauvais réflexes une fois les feux éteints. 19ème sur la grille de départ après avoir vécu une qualification cauchemardesque où rien n’aura fonctionné pour lui (il est de nouveau victime de la sortie du drapeau jaune en fin de Q1), Romain Grosjean s’élance plutôt bien, effaçant aussitôt la Sauber d’Ericsson. Profitant de l’aspiration de la Renault de Palmer devant lui, le natif de Genève recolle au Britannique avant de tenter une manœuvre de dépassement particulièrement audacieuse dans le virage 2. Serré par le champion 2014 de GP2, le Tricolore force quand même la porte en montant allégrement sur le vibreur. La sanction sera immédiate. Après avoir touché les flancs de la RS17, l’ancien protégé d’Éric Boullier se fait à son tour percuter par l’Anglais. Envoyé violemment contre les barrière Tecpro, le pilote Haas abandonne dans un fracas de carbone. Contraint de mettre pied à terre pour la deuxième fois en quatre courses, le champion 2011 de GP2 enregistre une nouvelle désillusion en cet exercice 2017, lui qui n’avait jusque-là connu que pour seule satisfaction de décrocher une jolie huitième place à Bahreïn. Toujours tracassé par ses problèmes de freins, il est finalement revenu aux Brembo après avoir testé les Carbone Industries en essais privés, l’ex-pilote Lotus peine à retrouver la sérénité et la confiance qui lui avait permis l’an dernier à la même époque de compter 22 points contre seulement quatre cette saison. Si Magnussen ne constitue pas encore une sérieuse menace en interne, Grosjean va tout de même devoir veiller à ne plus répéter ce type de prestation insipide à l’avenir sous peine de voir ses derniers rêves de rejoindre un jour une écurie de pointe définitivement s’envoler. Gare aux vieux démons.

Circuit de Sotchi

Circuit Sotchi flop Russie 2017

Énième aberration stylistique de ce cher Hermann Tilke, le circuit de Sotchi a encore une fois accouché d’une course soporifique à souhait. Mais comment pouvait-il en être autrement quand les précédentes éditions du Grand Prix de Russie se sont toutes résumées à de lénifiantes processions et que le tarmac russe n’a jamais été réputé pour sa grande abrasivité ? Succession de virages à 90° et d’interminables lignes droites, le tracé dessiné autour de l’ancien site olympique ne présente aucun intérêt en termes de pilotage pur sans compter que les innombrables zones de dégagements bitumées autorisent les pilotes à de nombreuses « largesses » de conduite. Trop peu sélective pour permettre aux plus mal lotis de compenser la faiblesse de leurs monoplaces, la piste russe ne comprend également pas la moindre courbe capable de sublimer la vaillance (ou la folie c’est selon) d’un de ces as du volant. Un comble quand on sait que sa construction a tout de même coûté 150 000 millions euros au gouvernement du président Poutine et que de nombreux pays (Portugal, Pays-Bas, Afrique du Sud …) désespèrent de revoir un jour la Formule 1 se produire sur leurs terres. Lancé dans une profonde introspection de la discipline depuis son arrivée aux manettes en septembre dernier, Liberty Media va sérieusement devoir se pencher sur la question des circuits à l’avenir. Complètement aseptisés au fil des ans par une Fédération Internationale de l’Automobile plus encline à assurer ses arrières en cas d’accident qu’à assumer ses propres incompétences, les tracés de la catégorie reine du sport automobile sont devenus aujourd’hui d’insipides parkings de supermarché à ciel ouvert où le plus maladroit des pilotes peut (relativement) facilement tutoyer des limites autrefois réservées aux seules stars de la discipline. À bon entendeur …

McLaren-Honda

McLaren flop Russie 2017

Mais où s’arrêtera donc la plongée en enfer de la mythique écurie britannique ? Complètement amorphe depuis l’arrivée à ses côtés du motoriste japonais, McLaren semble tout doucement mais surement s’enfoncer dans une crise qui pourrait bien finir un jour par inciter les actionnaires de la marque à stopper les frais. Incapable d’enrayer un déclin amorcé depuis 2013, le team dirigé par Éric Boullier s’est fendu d’une nouvelle bien piètre prestation en Russie, ternissant un peu plus encore l’image d’une équipe autrefois réputée pour son excellence. Toujours aussi catastrophiques en qualification, 15ème chrono pour Fernando Alonso tandis que son coéquipier Stoffel Vandoorne accrochait péniblement le 17ème temps, les MCL32 ont affiché un visage guère plus rassurant en course, la faute étant bien évidemment largement imputable à la médiocrité du moteur Honda (36 km/h de déficit en vitesse de pointe sur le Mercedes). Victime de l’énième avarie de son groupe propulseur (cette fois un ennui d’ordre électronique), le double champion du monde espagnol n’a pas pu prendre le départ, sa voiture rendant l’âme avant même d’achever son tour de chauffe. Repoussé en dernière position sur la grille à la suite d’une casse mécanique en essais libres, le Belge a, quant à lui, été en mesure de rallier l’arrivée après avoir (oui c’est possible) été épargné par les ennuis en course. Reste qu’avec une quatorzième place indigne de son rang pour seul lot de consolation, McLaren poursuit à Sotchi sa longue traversée du désert sans que le moindre signal positif ne puisse être avancé. En renouant avec son ancien fournisseur historique lors du passage à la motorisation hybride, McLaren a non seulement pris la pire décision de son histoire, mais s’est surtout condamnée à végéter pendant encore de nombreux mois dans les bas-fonds du classement. Pathétique.

Andrea Noviello  

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