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Grand Prix de Monaco

Qualification : Leclerc héros malheureux

Charles Leclerc qualification Monaco 2019 Piégé par sa propre équipe, Charles Leclerc ne récolte que le 16ème chrono des qualifications.
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Meilleur temps de l’ultime répétition du samedi matin, Charles Leclerc a été éliminé dès la première partie des qualifications du Grand Prix de Monaco. Trahi par une énorme bourde stratégique de son écurie, le pilote Ferrari signe un médiocre seizième temps dans les rues de la Principauté.

En l’espace de deux journées, il avait réussi à totalement inverser la tendance dans les rues de sa Principauté natale. Lointain dixième chrono de la séance du jeudi après-midi, Charles Leclerc s’était adjugé un très réconfortant meilleur chrono lors des essais libres 3 du samedi matin. Enfin parvenu à faire rentrer ses gommes dans leur bonne fenêtre d’utilisation, le pilote Ferrari avait non seulement damé le pion à des Mercedes intouchables jusque-là sur le si piégeux tracé princier, mais s’était également offert le plein de confiance là où son coéquipier Sebastian Vettel avait, lui, détruit une bonne partie du sien en encastrant sa SF90 contre les barrières Tecpro du virage de Sainte-Dévote. Présenté, en tout logique, comme le principal adversaire des flèches d’argent dans l’exercice du tour chronométré, le Monégasque n’a même pas pu défendre ses chances en qualification, la faute à un invraisemblable raté (un de plus) de la part de la Scuderia.

Désireux de reprendre la piste après trois premières tentatives chronométrées pas suffisamment rapides à son goût, le champion 2017 de Formule 2 s’est vu, en réponse, signifier une fin de non-recevoir de la part des stratèges de Maranello, ces derniers considérant à tort que son temps d’1’12’’149 serait suffisant pour franchir le cap de la Q1. Une (grave) erreur qui lui sera hélas fatale. Successivement dépassé par Lando Norris, Alexander Albon et Nico Hulkenberg, le protégé de Nicolas Todt a, comble de l’humiliation, été éjecté par l’autre Ferrari de Vettel, l’Allemand ayant à l’inverse du nouveau venu de la Scuderia repris la piste dans les ultimes minutes de la séance pour se mettre à l’abri d’une élimination prématurée. « Jeter une qualification de la sorte, c’est vraiment dommage, enrage au micro de Canal + celui qui a finalement dû se contenter du seizième chrono du jour. C’est d’autant plus dur à accepter que nous avions largement la performance pour aller en Q3. Le week-end est gâché. »

« Des erreurs que l’on ne devrait absolument pas faire »

Rejeté dans les tréfonds de la grille par la faute impardonnable de son écurie, il s’élancera finalement depuis la quinzième position ce dimanche à la faveur du recul de trois places infligé à Antonio Giovinazzi, Leclerc peut légitimement s’estimer lésé lui qui n’a cessé d’avaler des couleuvres depuis son arrivée dans les rangs du team le plus titré de l’histoire. Prié de se comporter en lieutenant fidèle et obéissant en Australie, en Chine et en Espagne, la Scuderia lui a à chaque fois intimé l’ordre de s’effacer au profit de Vettel, le Monégasque a également été le seul des deux pilotes Ferrari à subir les affres d’une rupture mécanique cette saison, un système d’injection défaillant venant le priver d’un succès amplement mérité à Bahreïn. Jugé, à juste titre, comme le principal responsable de son accident lors des qualifications de Bakou, le champion 2016 de GP3 partage toutefois en partie la faute avec Ferrari, l’écurie italienne ne jugeant pas utile (un comble) de le prévenir que son premier tour chronométré en pneus médiums était suffisamment bon pour accéder en Q3.

De nouveau trahi par les siens en Principauté, le fer de lance de la Ferrari Driver Academy a comme toujours épargné son équipe même si, cette fois, il a bien eu du mal à masquer son incompréhension. « Ce sont des erreurs que l’on ne devrait absolument pas faire, lance désabusé l’enfant du pays en interview d’après séance qualificative. Se faire éliminer en Q1 à Monaco, c’est la pire des choses qui puisse arriver. Il fallait absolument repartir. Je ne comprends d’ailleurs toujours pas pourquoi on ne l’a pas fait. On n’avait pourtant qu’un dixième et demi de marge sur les pilotes éliminés et tout le monde avait repris la piste. Lorsque j’ai demandé à l’équipe si elle était bien sûr de son choix, elle m’a répondu qu’elle pensait l’être sans me fournir de véritable explication. » Condamné à l’exploit sur un circuit où dépasser en course relève de la gageure, Leclerc va devoir s’armer d’une infinie patience ce dimanche pour tenter de sauver ce qui peut encore l’être.

Andrea Noviello

Charles Leclerc Monaco qualification stand 2019

Incrédule devant la bourde de Ferrari, Charles Leclerc avait bien du mal à masquer sa déception.

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