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Grand Prix d’Espagne

Course : Leclerc force 5

Charles Leclerc course Espagne 2019 Au terme d'une course sans éclat, Charles Leclerc conquiert la 5ème place du Grand Prix d'Espagne.
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Condamné à une bataille interne avec son coéquipier Vettel faute de rythme, Charles Leclerc a enlevé une nouvelle cinquième place lors du Grand Prix d’Espagne, cinquième étape de la saison 2019 de Formule 1. Initialement parti sur une stratégie à un seul arrêt, le pilote Ferrari a finalement opéré deux changements de pneus en course sans parvenir toutefois à menacer la troisième position de Verstappen.

Son discours de la veille n’avait guère laissé de place au doute. Marqué par l’impressionnante déculottée infligée par les insubmersibles Mercedes dans l’exercice du tour chronométré (il concède près d’1,2 seconde sur le chrono de référence signé Bottas), Charles Leclerc s’attendait à vivre un dimanche après-midi difficile sur les hauteurs de Montmeló. Difficile, sa course l’aura été de bout en bout. Non pas que le Monégasque ait connu, comme à Bahreïn lors de sa formidable chevauchée nocturne, de problème mécanique venant entraver sa progression. Si la SF90 n’a, cette fois, pas joué des siennes sur le plan de fiabilité, elle n’a pas pour autant été d’un grand secours au pilote Ferrari tant ses performances tout au long des 66 tours du Grand Prix se seront révélées désespérément ternes. Toujours aussi sous-vireuse malgré l’apport d’une batterie de nouveautés aérodynamiques, la dernière-née des ateliers de Maranello a en outre, de nouveau, détruit ses gommes bien plus vite que ses principales concurrentes, obligeant la Scuderia à revoir une stratégie déjà pas très bien ficelée au départ.

Censé ne plus s’arrêter après avoir chaussé les pneus durs dans le 26ème tour, le protégé de Nicolas Todt a finalement dû exécuter un second passage par les box vingt et une boucles plus tard, annihilant ainsi ses espoirs de podium, mais aussi ses chances de terminer devant l’autre Ferrari de Sebastian Vettel. Isolé entre la monoplace sœur du quadruple champion du monde et la Red Bull de Pierre Gasly en fin de Grand Prix, l’enfant prodige de la Principauté s’est alors contenté de rallier l’arrivée à une cinquième place désormais habituelle pour lui (en cinq manches il en a déjà signé quatre). « Ce fut une course difficile aujourd’hui, admet le champion 2017 de Formule 2. Le premier relais s’est plutôt bien passé pour moi, mais ensuite les choses se sont compliquées. On voulait aller au bout avec les pneus durs, mais on s’est rendu compte lors de l’entrée de la safety-car que l’on souffrirait beaucoup à la relance. On a donc préféré passer un train de médiums. L’équilibre de la voiture en a, malheureusement, souffert et j’ai perdu confiance dans la voiture. »

Des consignes encore et toujours

Dominé pour la quatrième fois en cinq Grand Prix par Vettel dans l’exercice de la vitesse pure, Leclerc savait que seul un envol parfait pouvait, éventuellement, lui permettre de prendre sa revanche sur l’Allemand en course. Positionné juste derrière la monoplace de « Baby-Schumi » sur la grille de départ, le champion 2016 de GP3 s’emploie à soigner sa mise en action, prenant dès l’extinction des feux l’aspiration de Verstappen. Prudent à l’approche du virage 1, le fer de lance de la Ferrari Driver Academy profite du léger écart du pilote Red Bull devant lui pour griller la politesse au Néerlandais par l’extérieur. Tout proche d’en faire de même avec un Vettel un peu trop ambitieux lors de sa manœuvre sur les deux Mercedes d’Hamilton et de Bottas, le natif de Monaco reçoit une fin de non-recevoir pour le moins virile de la part de son chef de file, ce qui l’oblige à relaisser passer la Red Bull de Verstappen. Aussitôt attaquée par l’autre monoplace autrichienne de son ami Gasly, la nouvelle recrue de la Scuderia se défend avec vigueur dans le virage 3, écartant exagérément sa trajectoire vers l’extérieur pour repousser l’offensive du Tricolore. Avec succès.

La menace Gasly promptement écartée, Leclerc peut alors pleinement se concentrer sur l’autre monoplace rouge de Vettel. Après un round d’observation de sept tours, le Monégasque lance enfin son offensive sur l’Allemand. Aidé dans sa quête par le soutien du DRS et par le plat dont souffre le natif d’Heppenheim sur son pneu avant-droit, l’ancien poulain de Frédéric Vasseur se montre à plusieurs reprises dans les rétros de « Baby-Schumi » sans pour autant réellement pouvoir le menacer. L’écart avec la tête ne cessant de grandir tour après tour, les Ferrari comptant déjà plus de dix secondes de retard sur la Mercedes d’Hamilton, la Scuderia choisit d’inverser les positions au profit de son jeune à pilote en début du 12ème passage. Propulsée au quatrième rang sur ordre d’équipe, la révélation du dernier championnat conforte aussitôt le choix des stratèges de Maranello en prenant immédiatement la poudre d’escampette. Clairement plus rapide que son voisin de garage, l’enfant prodige de la Principauté parvient même à grignoter une partie de son retard sur la Red Bull de Verstappen.

« Un énorme travail nous attend désormais »

Le Néerlandais sacrifiant logiquement à son changement de pneus dans la foulée de Vettel au 21ème tour, Leclerc se hisse momentanément au troisième rang derrière le duo Mercedes. Une joie qui sera toutefois de courte durée pour le pilote Ferrari, du trafic et surtout du blistering (phénomène de cloquage du pneumatique) permettant à Verstappen de rattraper près de cinq secondes en l’espace de quatre boucles. Appelé, une nouvelle fois, trop tardivement à son box (une bien mauvaise habitude cette saison chez Ferrari), le champion 2017 de Formule 2 connaît de surcroît un arrêt des plus moyens, les mécaniciens de la Scuderia éprouvant toutes les peines du monde à fixer la roue arrière-gauche de la monoplace flanquée du numéro 16. Relâché au bout de 4,4 secondes d’immobilisation, le « rookie » de la saison 2018 croit, pourtant, avoir fait une bonne opération sur le plan stratégique. Non content de repartir devant son coéquipier Vettel, le protégé de Nicolas Todt a chaussé, à l’inverse de tous ses adversaires, des gommes dures, ce qui devrait lui éviter un second passage par les stands.

Mais comme décidément rien ne tourne en faveur de Ferrari en cette entame de championnat 2019, l’entrée en piste de la voiture de sécurité au 46ème tour vient sérieusement contrecarrer les desseins du Monégasque. Obligé de se calquer sur la stratégie de ses rivaux, le fer de lance de la Ferrari Driver Academy stoppe une seconde fois dans la boucle suivante, chutant définitivement derrière le duo Verstappen-Vettel. De nouveau menacé par Gasly lors d’un restart pas très bien négocié de sa part, le champion 2016 de GP3 réussit de nouveau à contrecarrer les plans du Tricolore, sécurisant une bonne fois pour toute les dix points d’une cinquième position loin de répondre à ses attentes. « Un énorme travail nous attend désormais, atteste Leclerc. On va pousser aussi fort que possible pour combler notre retard sur l’équipe de tête. On a récolté une multitude de données ce week-end et les tests de la semaine prochaine vont également nous permettre d’en apprendre un peu plus sur l’auto. »

Andrea Noviello

Les consignes du stand Ferrari auront, de nouveau, entaché la course de Charles Leclerc à Barcelone.

Les consignes du stand Ferrari auront, de nouveau, entaché la course de Leclerc à Barcelone.

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