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Grand Prix de Bahreïn

Course : Leclerc perdant magnifique

Charles Leclerc course Bahreïn 2019 Privé du succès sur bris mécanique, Charles Leclerc restera comme le vainqueur moral de cette course.
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Solidement ancré en tête de la course jusqu’au 48ème tour, Charles Leclerc a vu un bris d’injecteur le priver d’un premier succès de prestige lors du Grand Prix de Bahreïn. Sauvé par l’intervention de la voiture de sécurité, le Monégasque signe une troisième place au goût amer, mais riche de promesses pour l’avenir.

Sa mise en action exceptée, il avait tout bien fait. Tout réussi. Le statut (privilégié) de son coéquipier Sebastian Vettel chez Ferrari ? Il s’en était affranchi avec aplomb et talent lors d’une manœuvre imparable sur le quadruple champion du monde à l’amorce du 6ème tour. La menace Mercedes ? Rangé au rayon des oubliettes tant son rythme de course fut nettement supérieur à celui affiché par les flèches d’argent (surtout celle de Valtteri Bottas) en ce dimanche après-midi. Implacable leader d’un Grand Prix qui lui semblait destiné, Charles Leclerc comptait 10,5 secondes de marge sur son plus proche rival Lewis Hamilton au plus fort de sa domination. Rien ne laissait alors présager l’issue cruelle qui attendait le petit prince de la Scuderia dans la nuit étoilée de Sakhir. Impressionnante depuis le début du week-end, la SF90 du Monégasque se mit soudainement à ralentir en raison d’un souci de combustion sur un cylindre.

L’enfant prodige du rocher venait alors de rentrer dans son 46ème tour de course. Il n’en faudra que deux à Hamilton pour opérer la jonction sur la Ferrari meurtrie du protégé de Nicolas Todt et lui ravir, avec une déconcertante facilité, la tête des opérations. Bottas aura, quant à lui, besoin de six boucles supplémentaires pour faire encore reculer le héros du jour au classement. Dans son malheur, Leclerc allait pourtant bénéficier d’un petit coup de pouce du destin. Touchées simultanément par le même mal (MGU-K), les deux Renault de Nico Hulkenberg et de Daniel Ricciardo s’immobilisaient dans l’échappatoire du premier virage, entraînant l’intervention de la voiture de sécurité à trois tours de l’arrivée. Max Verstappen ne pouvait désormais plus rien tenter. La troisième marche du podium était sauve. Un maigre lot de consolation pour celui qui avait éclaboussé cette deuxième manche du championnat de toute sa classe.

Un podium au goût amer

« Quel dommage, souffle en conférence officielle le natif de Monaco. La course paraissait parfaitement sous contrôle. Je suis bien évidemment déçu, mais il y a quand même beaucoup de positif à retirer de ce week-end. La voiture était fantastique et très facile à conduire. Tout le crédit en revient à l’équipe qui a fourni un travail incroyable depuis Melbourne. » Quinze jours plus tôt dans les rues de l’Albert Park, Leclerc s’était montré audacieux à l’extinction des feux tentant, sans succès, de griller la politesse à son coéquipier Vettel dans le virage 1. Cette fois, le champion 2017 de Formule 2 allait franchement manquer son départ, permettant non seulement à la Ferrari sœur, mais aussi à la Mercedes de Bottas de le surprendre. Le dimanche après-midi de la nouvelle recrue de la Scuderia se présentait bien mal d’autant que dans la foulée l’autre flèche d’argent d’Hamilton passait à deux doigts d’éventrer le pneu arrière-gauche de la monoplace flanquée du numéro 16 sur une manœuvre d’intimidation.

Rétrogradé en troisième position en l’espace de quatre virages, l’ex-pilote Sauber aurait alors pu s’effondrer, mais c’eût été mal connaître la force de caractère de celui qui a vu son parrain sportif (Jules Bianchi) et son père (Hervé) disparaître à deux ans d’intervalle. Guère décontenancé par cette entame ratée, Leclerc allait au contraire vite se remobiliser, poussant le pourtant bien plus expérimenté Bottas à une faute de débutant à l’entame du 2ème tour. Le Finlandais éliminé, ne restait dès lors plus qu’à se défaire de la seconde Ferrari de son voisin de garage Vettel. Une simple formalité pour certains (n’est-ce pas Lewis ?), une gageure quand on débarque à peine dans l’univers si politisé de Maranello. Revenu dans le sillage de l’Allemand en moins de cinq tours, le champion 2016 de GP3 se voyait, de nouveau, interdire par radio la moindre attaque sur la Ferrari de tête. Mais cette fois, le Monégasque n’obtempéra pas.

« Nous reviendrons plus forts »

Persuadé de sa supériorité, Leclerc plaça une attaque aussi superbe qu’imparable sur « Baby-Schumi » dans le premier virage. Sa prise de pouvoir actée, le petit prince de la Scuderia pouvait désormais s’en donner à cœur joie. Dans un style que n’aurait pas renier un illustre ancien (Gilles Villeneuve) de la maison rouge, le protégé de Nicolas Todt se détacha irrémédiablement tour après tour, offrant au maigre public bahreïni une partition digne des plus grands solistes de l’histoire de la discipline. Déjà confortable avant son premier arrêt (3,1 secondes), son pécule sur Vettel allait encore s’accroître au jeu des changements de pneus, l’Allemand voyant Hamilton s’intercaler entre lui et son coéquipier à la faveur de l’incontournable « undercut ». Quand le natif d’Heppenheim reprit enfin l’ascendant sur son rival de chez Mercedes au 23ème passage, l’écart avec l’enfant prodige du rocher avait grimpé au-dessus de la barre des sept secondes. Il n’allait jamais cesser de grimper.

Appelé une seconde fois à son box dans la 37ème boucle, l’astre Leclerc poursuivit son ébouriffante chevauchée solitaire pendant une dizaine de tours avant que la mécanique grippée de sa SF90 ne vienne douloureusement le ramener sur terre. Son rêve d’offrir un premier succès en catégorie reine à la Principauté de Monaco s’était envolé. Et avec lui l’occasion de frapper un (très) grand coup pour son deuxième Grand Prix vêtu d’une combinaison siglée du mythique cheval cabré. « Ce sont malheureusement des choses qui arrivent en sport automobile, regrettent la révélation du dernier championnat. Quelque fois vous ne devez pas gagner et aujourd’hui ce n’était simplement pas notre jour. Je suis convaincu que nous reviendrons plus forts. » Si le pilote Ferrari n’a pas réussi à l’emporter dans la nuit éclairée de Bahreïn, il a malgré tout envoyé un message clair et limpide à tous ses adversaires : cette année il faudra compter sur lui pour le titre mondial.

Andrea Noviello

Charles Leclerc podium Sakhir 2019

Brillant dans la nuit de Sakhir, Charles Leclerc signe le premier podium de sa carrière en Formule 1.

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