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Grand Prix du Canada

Course : Vettel reprend le pouvoir

Sebastian Vettel course Canada 2018 Seul au monde à Montréal, Sebastian Vettel enlève sa 50ème victoire au volant d'une Formule 1.
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Auteur d’une partition parfaite de l’extinction des feux jusqu’au baisser du drapeau à damier, Sebastian Vettel a brillamment remporté le Grand Prix du Canada, septième étape de la saison 2018 de Formule 1. Insaisissable sur le circuit Gilles Villeneuve, le quadruple champion du monde signe la 50ème victoire de sa carrière et récupère par la même occasion la tête du championnat. Jamais en mesure d’inquiéter l’Allemand de chez Ferrari, Valtteri Bottas et Max Verstappen complètent le podium à Montréal.

Chasse gardée de Lewis Hamilton depuis trois ans maintenant, le circuit Gilles Villeneuve s’est inopinément ouvert au changement en cette passionnante saison 2018 de Formule 1. La veille déjà, l’Anglais aux six pole positions (2007, 2008, 2010, 2015, 2016, 2017) au Canada avait vu son hégémonie prendre subitement fin dans l’exercice du tour chronométré, la faute à un autre spécialiste en la matière en la personne de Sebastian Vettel. Dans ses grandes heures Red Bull, l’Allemand s’était, lui aussi, montré redoutable en vitesse pure sur les rives du Saint-Laurent, coiffant trois poles position consécutives lors de ses trois derniers exercices triomphants (2011, 2012, 2013) sous la bannière de la marque de boissons énergisantes. Mais depuis son transfert en rouge, « Baby-Schumi » avait constamment dû se contenter des accessits, échouant à chaque fois face un Hamilton intouchable dans son jardin canadien. En 2018, le rapport de force entre les deux ténors du championnat s’est toutefois inversé en terre montréalaise.

Après avoir brillamment conquis samedi la 54ème pole position de sa carrière en catégorie reine, Vettel a mis un point d’honneur à célébrer dignement les quarante ans du premier succès au Canada du « petit prince » en s’adjugeant à son tour la victoire en rouge au prix d’une prestation sans fausse note dans la capitale québécoise. Profitant à merveille de l’avantage octroyé par sa position de pointe sur la grille, le natif d’Heppenheim s’est ensuite contenté de dérouler dans un Grand Prix où personne ne sera jamais en mesure de contester sa supériorité. « Parfait représente très certainement le mot le plus juste pour qualifier cette journée, confie à l’arrivée le fer de lance de la Scuderia. Ferrari n’avait plus gagné ici depuis longtemps, or cet endroit demeure très important pour l’équipe de part notamment le succès de Gilles en 1978. Il suffit de regarder les tribunes pour se rendre compte de l’engouement que suscite Ferrari ici. Remporter ma 50ème victoire au Canada après une si longue attente pour le team, c’est incroyable ! J’en suis très fier d’autant que cela me permet de récupérer les commandes du championnat. »

Stroll un petit tour et puis s’en va

Installé pour la quatrième fois de l’année devant le reste de la meute, Vettel exécute un envol parfait à l’extinction des feux et vire logiquement en tête dans le goulet du premier gauche-droite qui voit Max Verstappen oser une timide offensive sur la Mercedes de Valtteri Bottas. Sans doute échaudé par ses sorties de piste à répétition, le Néerlandais préfère néanmoins jouer la prudence et reste sagement derrière la flèche d’argent du Finlandais. Une précaution dont ne s’embarrasse pas Esteban Ocon, le Français réussissant quelques mètres plus loin un dépassement culotté sur la Renault de Nico Hulkenberg pour le gain de la septième place. Parvenu de son côté à se jouer de trois de ses camarades au signal du starter, Lance Stroll gâche tout le bénéfice de son excellent envol dans une dérobade incontrôlée au virage 5. Parti en survirage en tentant de résister à l’attaque sur l’extérieur de Brendon Hartley, le Canadien part fracasser sa Williams dans les Tecpro, entraînant dans ses malheurs le Néo-Zélandais.

« Je vais bien, il m’a juste foutu dehors », peste à son retour dans la pit-lane le pilote Toro Rosso. L’impressionnant crash entre les deux hommes ayant logiquement entraîné l’intervention de la voiture de sécurité, Stoffel Vandoorne, victime d’une crevaison sur les débris, et Marcus Ericsson saisissent cette opportunité pour effectuer un arrêt anticipé à leur box à la fin du 1er tour. Maintenue en piste pendant quatre boucles le temps de rendre le tarmac de nouveau praticable, la safety-car s’efface finalement à l’entame du 5ème passage, laissant au leader Vettel le soin de relancer le peloton. Fidèle à ses habitudes, l’Allemand patiente le plus longtemps possible avant d’opérer un restart idéal qui lui permet de se mettre immédiatement à l’abri de son dauphin Bottas. Blotti dans l’aileron arrière de la Renault de Carlos Sainz à la sortie de la dernière chicane, Sergio Perez tente de profiter de la relance pour surprendre l’Espagnol au freinage du virage 1. Audacieuse, mais risquée, la manœuvre de « Checo » se conclut par un léger contact entre les deux machines.

Le long après-midi de Räikkönen

Envoyé au large dans les dégagements bitumés, le Mexicain réussit tant bien que mal à ramener sa voiture sur la piste non sans avoir perdu trois positions dans l’opération. Grand gagnant de ce rugueux duel hispanique, le débutant Charles Leclerc se hisse au dixième rang, une place que le Monégasque conservera jusqu’au bout en dépit d’un mano-à-mano perdu avec la McLaren de Fernando Alonso. Si en tête Vettel a déjà pris ses distances (1,7 seconde) avec la flèche d’argent de Bottas, Romain Grosjean entame lui sa (brillante) remontée au cœur du peloton. Après être rapidement venu à bout de la Williams de Sergey Sirotkin dans la 8ème boucle, le pilote Haas tire parti des premiers changements de pneus pour grimper dans la hiérarchie. Lancée au 12ème passage par le pit-stop relativement médiocre (4,8 secondes) d’Ocon, la valse des arrêts au stand s’accélère ensuite avec la double immobilisation des Renault d’Hulkenberg (14ème tour) et de Sainz (15ème tour) et le passage aux pneus supertendres d’Hamilton (17ème tour), Verstappen (17ème tour) et Ricciardo (18ème tour).

Assis sur un confortable matelas de 4,5 secondes sur la Mercedes de Bottas, Vettel continue, pour sa part, d’imprimer un rythme d’enfer au sommet de la hiérarchie. Preuve en est : malgré un blocage prolongé de sa roue avant-droite à l’épingle du Casino dans la 26ème boucle, l’Allemand accroît encore sa marge sur le natif de Nastola pour la porter, sept tours plus tard, au-dessus de la barre des six secondes au moment où l’autre Ferrari de Kimi Räikkönen plonge dans la voie des stands pour effectuer son changement de pneus obligatoire. Ressorti en sixième position juste derrière la Mercedes de Lewis Hamilton alors qu’il paraissait un temps en mesure de lui passer devant, « Ice-Man » vient de laisser filer son unique chance d’enjoliver un Grand Prix bien terne jusque-là. « Il ne s’est pas passé grand-chose aujourd’hui, regrette le champion du monde 2007. S’approcher d’une voiture pour la dépasser était très difficile ici. Comme à Monaco, on a eu droit à une course plutôt ennuyeuse. » Bottas procédant finalement à son pit-stop personnel au 37ème passage, le leader Vettel calque sa stratégie sur celle du Finlandais en stoppant à son tour une boucle plus tard.

Hamilton en mode mineur

Dernier pilote à ne pas être repassé par la case box, Romain Grosjean poursuit, lui, son relais marathon au cœur du peloton. S’il a logiquement dû s’incliner face aux deux Renault d’Hulkenberg (25ème tour) et de Sainz (26ème tour), le Tricolore oppose une résistance bien plus farouche à la Force India d’Ocon. Au prix d’une défense souvent très limite, le pilote Haas repousse une à une toutes les tentatives du Normand, s’accrochant à une neuvième place qu’il espère bien convertir en points au terme des 68 tours du Grand Prix. Hélas pour le pilote Haas, Ocon finit par trouver l’ouverture dans la 49ème boucle alors que l’ancien protégé d’Éric Boullier s’apprête à rejoindre les boxes. Passé à deux doigts d’emplafonner la VJM11 de son compatriote, Grosjean connaît un arrêt très moyen (3,8 secondes) qui le repousse à une douzième position dont il ne se dépêtrera pas en dépit d’un retour sur la Toro Rosso de Gasly en fin d’épreuve. Alonso hors-jeu depuis le 42ème tour à la suite d’un problème d’échappement, la dixième place ne semble dès lors plus pouvoir échapper à l’épatant Leclerc.

Sous la menace directe de Gasly pendant plusieurs boucles, le pilote Sauber parvient même à définitivement lâcher le Tricolore à partir du 53ème passage, s’assurant de facto le dernier point attribué lors de cette septième manche de la saison. Les positions en tête étant figées, seul un Hamilton hors du coup ce week-end peut encore espérer s’offrir une fin de Grand Prix trépidante. Revenu à moins d’une seconde de la Red Bull de Daniel Ricciardo devant lui, l’Anglais active toute la puissance d’un moteur destiné à accomplir ses derniers kilomètres et se lance, DRS à l’appui, à l’assaut du dernier vainqueur en date. Malheureusement, une jolie dérobade du train arrière de sa flèche d’argent au 67ème tour aura raison des velléités du quadruple champion du monde. Modeste cinquième à l’arrivée, Hamilton préférait cependant retenir le positif d’une course où il aurait pu perdre bien plus que la tête du championnat (121 points pour Vettel contre 120). « Je suis heureux d’avoir terminé, car dès le début j’ai subi une perte de puissance moteur, confirme le pilote Mercedes. Chaque tour j’étais à la limite. Je pensais qu’il allait lâcher. »

Andrea Noviello

Charles Leclerc course Canada 2018

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