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Grand Prix de Hongrie

Course : Leclerc un p(n)eu court

Charles Leclerc Hongrie course 2019 Doublé par Vettel à deux tours de l'arrivée, Leclerc se contente de la quatrième place en Hongrie.
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Longtemps installé sur la troisième marche du podium grâce à une manœuvre virile sur Bottas au départ, Charles Leclerc a finalement dû se satisfaire d’une très frustrante quatrième position lors du Grand Prix de Hongrie, douzième étape de la saison 2019 de Formule 1. Privé des joies du champagne par son propre coéquipier Vettel à deux tours du drapeau à damier, le Monégasque perd encore du terrain dans la course à la troisième place du championnat pilotes.

Il comptait sur cette douzième épreuve de la saison pour oublier. Voir même se relancer. À défaut d’avoir totalement exorciser les démons d’Hockenheim (comme en atteste son erreur stupide et largement évitable en Q1), Charles Leclerc aura, au moins, réussi à se remettre la tête à l’endroit dans les collines de Budapest. Encore sous le coup de sa bourde allemande à son arrivée dans le paddock du Hungaroring, le pilote Ferrari a retrouvé un semblant de sérénité lors d’un week-end hongrois qui ne lui aura, certes, pas permis de garnir son armoire à trophée, mais lui aura toutefois offert un vrai lot de consolation. Pointé du doigt pour sa fouge et son inexpérience après le bide du dernier Grand Prix d’Allemagne, l’enfant prodige de la Principauté a, en partie tout du moins, répondu aux critiques sur le tourniquet magyar tout en affirmant son ambition de ne pas rester bien longtemps dans l’ombre de son quadruple champion du monde d’équipier Sebastian Vettel.

Nouveau baromètre de la Scuderia dans l’exercice de la vitesse pure (il inflige la veille en qualification son cinquième revers consécutif à Vettel depuis le Paul-Ricard), le protégé de Nicolas Todt n’aura au final manqué que d’un petit peu de bagage et d’une stratégie mieux ficelée de la part de son écurie pour également devancer le natif d’Heppenheim sur la durée de la course. Longtemps promis à la dernière marche du podium sur les bords du Danube, Leclerc a, comme en Autriche un mois plus tôt, payé au prix fort un passage par les stands bien plus précoce que celui de son adversaire direct. Stoppé par Ferrari au 28ème tour afin de monter des pneus durs, le champion 2017 de Formule 2 n’a, malgré toutes ses précautions, pas pu endiguer le retour endiablé de la machine sœur de Vettel en fin de Grand Prix, subissant comme au Red Bull Ring l’humiliation d’un dépassement dans les derniers hectomètres de course.

Des Ferrari à la traîne

« Dès mon arrivée en Hongrie, je savais que ce serait une course difficile pour nous, confie amer le fer de lance de la Ferrari Driver Academy dans le carré des interviews. Et elle le fut. Nous ne nous attendions, toutefois, pas à souffrir autant. Le premier relais n’a pas été aussi mauvais que ça, mais après seulement six ou sept tours j’ai connu une usure très rapide des pneus. La Mercedes et la Red Bull allaient de plus en plus vite et il m’était impossible de les suivre. J’ai beaucoup souffert de mes pneus arrière, plus que Sebastian. Mon objectif désormais va donc être de trouver le moyen de résoudre ce problème. » Chaussé, comme les cinq autres pensionnaires des tops teams, en gommes médiums, Leclerc ne pâtit pas réellement de son mauvais emplacement (il s’élance du côté sale) sur la grille de départ. Auteur d’un plutôt bon envol à l’extinction feu, le Monégasque réussit même à se montrer menaçant sur la Mercedes d’Hamilton à la sortie du virage 1.

Piégé par le freinage appuyé de Bottas dans la courbe suivante, le natif de Monaco ne laisse ni à son coéquipier Vettel ni à la McLaren de Carlos Sainz le soin de le déborder, profitant au contraire de l’empoignade virile entre les deux flèches d’argent devant lui pour subtiliser, d’une manœuvre particulièrement agressive, la troisième place à Bottas à l’approche du virage 4. Il l’ignore encore, mais ce sera le seul moment grisant de son dimanche après-midi. Car les craintes exprimées la veille à la suite de la séance qualificative se vérifient vite. Non content de ne pouvoir suivre le rythme imprimé par les leaders Verstappen et Hamilton (il concède plus d’une seconde au tour à la Red Bull et à la Mercedes), le champion 2016 de GP3 voit la performance de ses gommes rapidement décliner. Relégué à près de sept secondes de la tête de course en seulement six tours, Leclerc assiste impuissant à la fuite en avant du Néerlandais et du Britannique, et perd, à mesure que ses pneus se dégradent, l’espoir de rester sur le plan initial dicté par la Scuderia.

« Bien de partir en vacances après une telle claque »

L’écart entre lui et le duo Verstappen-Hamilton ne cessant de croître boucle après boucle (il atteint déjà les 16 secondes au 20ème passage), Ferrari décide d’anticiper le pit-stop de son jeune pilote au 28ème tour. « Nous n’avions pas d’autres choix, se justifie le team principal de l’écurie la plus titrée de l’histoire, Mattia Binotto. Ces gommes arrière étaient complètement mortes et c’est pour cette raison que nous l’avons stoppé. Les hautes températures ne nous ont clairement pas aidé aujourd’hui, elles ont causé beaucoup de problèmes notamment en termes de perte d’adhérence. On doit chercher à comprendre pourquoi les pneus de Charles se sont autant dégradés. » Tombé au quatrième rang à sa sortie des boxes, l’enfant prodige de la Principauté accuse près de 20 secondes de retard sur la monoplace sœur de Vettel qui n’a, elle, pas encore sacrifié au changement de pneus obligatoire. Requinqué par ses enveloppes neuves, le protégé de Nicolas Todt remonte à raison d’une seconde au tour sur la Ferrari frappée du numéro 5.

Revenu à moins de trois secondes du natif d’Heppenheim à l’entame de la 40ème boucle, Leclerc récupère logiquement sa troisième place avec l’arrêt du quadruple champion du monde et croit alors se diriger vers son sixième podium de l’année. Il n’en sera rien. De nouveau trahi par ses gommes arrière, le Monégasque voit les performances de sa monoplace s’infléchir inexorablement, favorisant le retour de son voisin de garage derrière lui. Nanti d’une confortable marge de 21 secondes sur l’Allemand à la sortie du pit-stop de Vettel au 40ème passage, l’enfant prodige de la Principauté ne compte plus rien 29 tours plus tard, moment qui voit « Baby-Schumi » s’offrir le scalp de son jeune équipier dans une manœuvre imparable à l’approche du virage 1. Contraint de céder malgré une défense particulièrement limite, le natif de Monaco franchit la ligne d’arrivée à une frustrante quatrième place bien loin derrière le vainqueur du jour, Lewis Hamilton. « Il y a très certainement quelque chose à apprendre de cette course, note le fer de lance de la Ferrari Driver Academy. Sebastian n’a pas autant souffert que moi donc je dois comprendre ce qu’il fait mieux que moi sur la piste et en dehors en matière de gestion des pneus. C’est bien de partir en vacances après une telle claque. »

Andrea Noviello

Charles Leclerc Budapest prégrille 2019

Jamais dans le rythme à Budapest, Leclerc termine à plus d’une minute du vainqueur Hamilton.

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