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Grand Prix du Mexique

Course : Verstappen tient sa revanche

Max Verstappen course Mexique 2017 Max Verstappen coiffe sa troisième victoire en F1 au terme d'un véritable cavalier seul à Mexico.
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Une semaine après avoir injustement été privé d’un podium à Austin, Max Verstappen a pris sa revanche en s’adjugeant le Grand Prix du Mexique, dix-huitième manche de la saison 2017 de Formule 1. Agressif sur Vettel au départ, le prodigue néerlandais a pris d’entrée les commandes de l’épreuve et n’a ensuite plus jamais été inquiété de l’après-midi. Vainqueur pour la troisième fois de sa carrière, le pilote Red Bull s’impose devant la Mercedes de Valtteri Bottas et la Ferrari de l’autre Finlandais du plateau Kimi Räikkönen. Seulement neuvième à Mexico, Lewis Hamilton décroche son quatrième titre mondial.

La vengeance est un plat qui se mange froid selon le proverbe. Dans la famille Verstappen, on le préfère plutôt tiède. Surtout dans le cas du fiston surdoué, mais pas pour autant avare en piques acerbes. Injustement dépossédé d’un podium qu’il avait été conquérir sur la piste il y a une semaine à Austin, Max Verstappen avait (logiquement) laissé éclater sa colère dans les heures qui suivirent son déclassement du dernier Grand Prix des États-Unis. Attisant avec talent la polémique, le pilote Red Bull n’avait pas hésité à jeter de l’huile sur le feu en condamnant fermement la décision prise par les commissaires de course. Quitte même à se montrer particulièrement vindicatif envers le marshall (Garry Connelly) qu’il tenait pour responsable de sa sanction. Contraint et forcé de présenter ses excuses publiques à la FIA au lendemain de la traditionnelle conférence de presse d’avant-course, le natif d’Hasselt n’en conservait pas moins au fond de lui une vive rancœur dont il entendait bien se servir pour assouvir sa vengeance sur le tortueux Autodrome des frères Rodriguez.

Passé à deux doigts de réussir son coup lors des qualifications, il échoua de justesse en deuxième position après avoir vu Sebastian Vettel lui souffler la pole sur le fil, Verstappen n’a en revanche pas laissé passer l’occasion qui s’est présentée à lui ce dimanche. Conscient d’avoir, à l’inverse de son adversaire, rien à perdre au championnat, le Batave a immédiatement attaqué le pilote Ferrari dans le virage 1 avant de s’installer aux commandes d’un Grand Prix qu’il allait rendre complètement soporifique tant sa domination fut totale. Jamais inquiété par quiconque à Mexico, le protégé d’Helmut Marko décrochait au terme d’une longue promenade de santé sa troisième victoire en Formule 1, la seconde cette saison après celle de Sepang. « Le départ était particulièrement crucial aujourd’hui, déclare le fils de Jos. Voir Vettel et Hamilton s’accrocher fut le scénario idéal pour moi. Je n’avais plus qu’à surveiller l’usure de mes pneus. Ma voiture s’est révélée brillante cet après-midi et j’ai ainsi pu m’envoler en tête de la course. Après la frustration de la semaine dernière, on obtient le meilleur résultat possible. On ne l’a pas volé celle-là. »

Vettel comme un air de déjà vu

Privé de la trajectoire intérieure par un Sebastian Vettel particulièrement défensif au moment de l’extinction des feux, Max Verstappen choisit alors de se déporter sur l’extérieur à l’amorce du virage 1. Arrivé avec un peu plus de vitesse que son adversaire sur le freinage de la première chicane, le Néerlandais enroule la Ferrari de l’Allemand et s’empare au forceps, les deux monoplaces allant légèrement au contact, de la tête de la course. Craignant que le scénario de Marina Bay se répète, Lewis Hamilton ayant entre-temps profité de l’affrontement entre les deux hommes pour venir dangereusement se placer à la hauteur de sa SF70H, le fer de lance de la Scuderia accroche (volontairement ?) la roue arrière-droite du Britannique dans une manœuvre qui n’est pas sans rappeler son geste malheureux de Singapour. « Je ne sais pas trop ce qu’il a pu se produire, révèle le pilote Mercedes. J’ai pourtant laissé suffisamment d’espace à Seb, mais il m’a quand même percuté. » Sévèrement tailladé par l’aileron-avant de la Ferrari, le pneu d’Hamilton crève quasi-immédiatement, condamnant le triple champion du monde à un laborieux tour de rentrée aux stands.

Forcé, lui aussi, de s’arrêter précipitamment à son box afin de changer de museau, Vettel parvient néanmoins à reprendre la piste dans le sillage de la queue de peloton. Une maigre consolation dont ne peut toutefois pas se targuer Hamilton, l’Anglais accusant déjà une bonne dizaine de secondes sur son « bourreau » du virage 3. Les deux prétendants à la couronne mondiale n’ayant déjà plus leur mot à dire pour la victoire, la bataille semble se cantonner aux deux principaux gagnants de ce départ mouvementé : Verstappen et Valtteri Bottas. Si le prodigue néerlandais n’amuse pas le terrain en tête de la course, il compte déjà 3,6 secondes d’avance sur le Finlandais au bout du 7ème tour, l’efficacité affichée par la W08 le vendredi sur les longs relais doit, en théorie, permettre au natif de Nastola de tenir la dragée haute au chouchou du paddock. Il n’en sera hélas rien. Impuissant face au rythme du pilote Red Bull, Bottas se laisse progressivement décramponner et s’installe irrémédiablement dans un rôle de dauphin inoffensif.

Série noire pour Ricciardo

Faute de véritable duel à l’avant, il faut comme toujours se tourner vers l’arrière du peloton pour assister à quelques empoignades réjouissantes. Passé entre les gouttes d’une 1ère boucle mouvementée, Daniel Ricciardo se débarrasse de la Williams de Lance Stroll deux tours plus tard pour le gain de la septième place. Parvenu à effacer la quasi-intégralité de sa lourde pénalité de la veille (il s’élançait depuis le seizième rang de la grille), l’Australien ne va toutefois pas être récompensé de son début de Grand Prix tonitruant. Victime, comme à Austin, d’une défaillance de son groupe propulseur, « Smiling » doit mettre pied à terre au 6ème passage, ouvrant une liste d’abandons dans laquelle viendra s’ajouter quatre autres noms dont trois pilotes équipés par le même V6 Renault. Le principal animateur de ce début de course hors-jeu, l’attention se porte alors sur la Ferrari de Vettel. Après s’être rapidement débarrassé de la Renault de Carlos Sainz, « Baby-Schumi » élimine la Sauber de Pascal Wehrlein dans ce même 6ème tour, amorçant un retour aux avant-poste autrement plus prolifique que celui opéré derrière lui par son rival Hamilton.

En vingt boucles, Vettel passe de la seizième à la dixième position (après avoir coup sur coup pris le meilleur sur Massa, Gasly, Grosjean, Hartley et Vandoorne) quand dans le même temps le Britannique concède un tour de retard à l’intraitable leader Verstappen et à son coéquipier Bottas tout en restant désespérément coincé derrière Sainz. Le salut du triple champion du monde survient finalement au 28ème passage, Hamilton parvenant enfin à prendre le meilleur sur « Carlito » au bout de la ligne droite des stands. Libéré de cette peu envieuse place de lanterne rouge, l’Anglais enchaîne par un autre dépassement deux tours plus tard sur la Sauber de Wehrlein au moment même où Vettel se joue d’un accrocheur Fernando Alonso. Auteur d’une remontée toute aussi productive que l’Allemand bien que nettement plus anonyme, le débutant Brendon Hartley va involontairement bouleverser la physionomie de cette manche mexicaine en occasionnant l’intervention de la voiture de sécurité virtuelle dans la 32ème boucle. Trahi par son moteur alors qu’il occupait une brillante onzième place, le Néo-Zélandais doit ranger sa Toro Rosso en bord de piste, contraignant la direction de course à neutraliser l’épreuve.

Hamilton sacré dans la douleur

Appelé à leur box peu avant la fin du premier tiers du Grand Prix, les deux Force India d’Esteban Ocon (20ème tour) et de Sergio Perez (18ème tour) perdent ainsi tout le bénéfice de leur passage par les stands anticipé. Une désillusion d’autant plus lourde pour le Français qu’il avait réussi à tirer profit des incidents du départ pour s’installer à une solide troisième place. « J’y ai longtemps cru à ce podium, déplore le Tricolore. La chance n’a malheureusement pas été de notre côté aujourd’hui. La Virtual Safety Car a permis à Räikkönen de nous passer et à Vettel de revenir sur nous en fin de course. » Sautant à pieds joints sur cette opportunité de bénéficier d’un arrêt gratuit, tous les pilotes (à l’exception d’Ocon, Perez, Massa, Wehrlein et Ericsson) stoppent à leur box afin de changer leurs gommes. Toujours aussi confortablement ancré en tête de la course, il compte 7,7 secondes d’avance sur Bottas au restart, Verstappen reprend son cavalier seul tandis que derrière Hamilton et Vettel poursuivent leur remontée respective à distance. Quand le Britannique efface Romain Grosjean au 36ème tour, l’Allemand répond aussitôt par un dépassement sur l’autre Haas de Kevin Magnussen.

Le leader du championnat passant la vitesse supérieure à la faveur de ses pneus supertendres plus efficaces (il élimine successivement Wehrlein, Gasly et Ericsson), le fer de lance de la Scuderia choisit de répliquer en se fendant d’une manœuvre somptueuse sur la Force India de Perez dans la 50ème boucle. Complètement atone à l’avant du peloton, les trois premières places de Verstappen, Bottas et de Räikkönen étant définitivement assurées, la fin de course s’anime à l’arrière grâce à l’obstination d’Hamilton d’en finir et à l’envie de prolonger le suspense de Vettel. Si la folle chevauchée du pilote Ferrari prendra fin sur deux nouvelles places gagnées au détriment de Stroll (54ème tour) et d’Ocon (58ème tour), celle du natif de Stevenage s’étendra jusqu’aux derniers hectomètres. Après avoir brillamment disposé de Vandoorne (53ème tour) et de Massa (57ème tour), Hamilton devra se cracher dans les mains pour déposséder un rugueux Alonso de sa neuvième place à trois tours du but et ainsi assurer son quatrième sacre mondial. « Ce n’est évidemment pas la course dont je rêvais, avoue l’Anglais. Mais je n’ai rien lâché et j’ai poussé jusqu’à la fin pour remonter le plus haut possible. Quatre titres, cela me semble irréel. Merci à l’équipe. »

Andrea Noviello

Lewis Hamilton course Mexique 2017

Lewis Hamilton a dû s’employer au Mexique pour décrocher une 9ème place synonyme de sacre.

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