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Grand Prix d’Autriche

Course : Leclerc si près si loin

Charles Leclerc course Autriche 2019 Leader jusqu'à l'entame du 69ème tour, Charles Leclerc a finalement dû s'incliner face à Verstappen.
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Leader incontesté pendant quasiment toute la course, Charles Leclerc a finalement vu la victoire lui filer entre les doigts lors d’un Grand Prix d’Autriche au final haletant. Virilement dépossédé de la tête à trois tours de l’arrivée par un Verstappen déchaîné, le Monégasque doit se contenter d’une très frustrante deuxième place sur les terres de Red Bull.

Il va commencer à croire que son jour de gloire ne sonnera pas en cette décidément très contrastée saison 2019. Trois mois après avoir vu la mécanique (bris du système d’injection) le priver d’un premier succès amplement mérité en Formule 1 à Bahreïn, Charles Leclerc a, tout aussi cruellement, été déchu d’une victoire quasiment acquise lors d’un Grand Prix d’Autriche au scénario renversant. Après Lewis Hamilton dans la nuit de Sakhir, c’est cette fois ce diable Max Verstappen qui est venu sonner le glas des ambitions du pilote Ferrari en lui subtilisant, non sans un léger excès de virilité, les rênes de la course à seulement trois tours de l’arrivée. Dépossédé d’un leadership qu’il a longtemps cru immuable tant sa démonstration ce dimanche après-midi fut toute aussi éclatante que son cavalier seul bahreïni, l’enfant prodige de la Principauté n’a par la suite pas pu répondre au rythme effréné du pilote Red Bull, ses gommes dures accusant neuf tours de plus au compteur que celles du Néerlandais.

Battu de 2,7 secondes par Verstappen sur la ligne d’arrivée, Leclerc avait pourtant comme à Bahreïn trois mois plus tôt réussi la course parfaite lors de ce neuvième rendez-vous de la saison. Impeccable au signal du starter, le Monégasque avait ensuite magistralement dicté sa loi au peloton, abandonnant les rênes de la course à Hamilton que l’espace d’une dizaine de tours après son passage aux gommes dures dans le 23ème passage. Malheureusement pour lui, ce sont ces mêmes pneus aux flancs blancs qui allaient le condamner en fin Grand Prix, Verstappen effaçant avec une déconcertante facilité un retard supérieur à cinq secondes pour finalement crucifier le pilote Ferrari en vue du drapeau à damier. « Je suis bien évidemment déçu et énervé, commente le natif de Monaco dans la zone des interviews. Avant cela, la course avait été plutôt bonne. On a, hélas, connu beaucoup de dégradation sur la fin. Deuxième, ce n’est clairement pas ce que nous voulions aujourd’hui, mais nous avons tout donné. »

Ferrari se plante encore

Surpris par son coéquipier Vettel au lendemain de sa première pole en carrière à Sakhir, Leclerc ne laisse cette fois à personne le loisir de lui chiper les commandes à l’extinction des feux. Verstappen manquant de son côté totalement sa mise en action depuis la première ligne de la grille, la nouvelle recrue de la Scuderia prend immédiatement une marge de sécurité sur les deux Mercedes de Bottas et d’Hamilton. Clairement plus véloce que le Finlandais en ce début de Grand Prix, il a pris le pari de s’élancer en pneus tendres quand les flèches d’argent et la Red Bull de Verstappen ont elles préféré opter pour les médiums, le protégé de Nicolas Todt accroît irrémédiablement son avance au point de compter quatre secondes pleines sur le natif de Nastola à l’amorce du 14ème tour. Curieux de s’avoir s’il doit, ou non, augmenter sa cadence en tête du Grand Prix, le champion 2016 de GP3 s’enquiert de la situation par radio avant de se voir rapidement rassurer par son muret.

Toujours installé sur un confortable matelas de 4,6 secondes en dépit d’une vaine tentative d’accélération de la part de Bottas derrière lui, le pilote Ferrari décide alors de se calquer sur la stratégie du Nordique en s’arrêtant monter les pneus durs une boucle seulement après le coéquipier d’Hamilton au 23ème passage. Un choix lourd de conséquences d’autant que derrière lui Verstappen va rester en piste neuf boucles de plus avant de finalement rentrer à son tour dans la voie des stands. « Nous avons peut-être chaussé nos durs trop tôt, reconnaît avec honnêteté le champion 2017 de Formule 2. Mais il fallait couvrir Bottas. On n’a pas stoppé parce que les pneus étaient morts, mais simplement pour se prémunir de Valtteri. » Relâché par ses mécaniciens au bout de 2,6 secondes d’immobilisation, Leclerc reprend la piste en troisième position à près de huit secondes de la Red Bull de Verstappen et à une quinzaine de secondes du nouveau leader Hamilton.

« Ce n’est pas une manœuvre juste »

Focalisé sur la seule dégradation de sa monte pneumatique, le Monégasque ne cherche logiquement pas à combler son retard sur les hommes de tête, se contentant au contraire d’attendre le pit-stop de ces derniers pour récupérer sa place au sommet de la hiérarchie. Finalement libéré du duo Hamilton-Verstappen à l’amorce du 32ème passage, le protégé de Nicolas Todt croit alors pouvoir tranquillement gérer sa fin de Grand Prix d’autant qu’un aileron-avant tremblotant a contraint le quintuple champion du monde à en monter un neuf lors de son changement de pneus et à laisser filer plus de onze secondes dans l’opération. L’autre flèche d’argent de Bottas ne représentant toujours pas une menace sérieuse pour lui (le Finlandais évolue à plus de 5 secondes de la Ferrari n°16), Leclerc laisse volontairement le natif de Nastola se rapprocher légèrement au moment même où derrière ce diable de Verstappen entame sa folle remontée.

Porté par la ferveur d’un public entièrement acquis à sa cause, le Néerlandais efface avec panache Vettel (50ème tour) puis Bottas (56ème tour) avant de se lancer à l’assaut de l’enfant prodige de la Principauté. Revenu sur les talons du meilleur rookie de la saison 2018 en l’espace de dix boucles, le pilote Red Bull lance son offensive au 68ème passage, piquant le Monégasque au virage 3 sur un freinage magistral. Pas décidé à abandonner une victoire qu’il a touché du doigt pendant près d’une heure vingt, Leclerc repasse autoritairement le Néerlandais par l’extérieur, récupérant provisoirement la tête des opérations. Son sursis sera, hélas, de courte durée. De nouveau attaquée par Verstappen dans ce même virage Remus un tour plus tard, la nouvelle recrue de la Scuderia ne peut cette fois pas opposer la moindre contre-attaque, le pilote Red Bull ayant pris le soin de gentiment pousser dehors le protégé de Nicolas Todt. Le sort du Grand Prix est scellé. « Au tour précédent ça s’est très bien passé, mais là il ne m’a pas laissé de place, regrette le natif de Monaco. Vu de l’intérieur ce n’est pas une manœuvre juste. »

Andrea Noviello

Charles Leclerc podium Autriche 2019

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