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Grand Prix du Japon

Course : Leclerc se fait hara-kiri

Charles Leclerc course Japon 2019 Plombé par son erreur du départ, Leclerc n'a pas pu se mêler à la lutte aux avant-postes à Suzuka.
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Passé à côté de son départ, Charles Leclerc a annihilé toute chance de bien figurer lors du Grand Prix du Japon en harponnant bêtement la Red Bull de Verstappen dès le deuxième virage. Reparti bon dernier après le changement de son aileron-avant, le Monégasque accroche une fade septième place au terme d’une remontée pénible de bout en bout.

Avant l’extinction des feux de ce dix-septième rendez-vous de la saison, il était plein d’espoir. Regonflé à bloc par une qualification autrement plus réjouissante qu’escomptée (il signe le deuxième temps à moins de deux dixièmes de son coéquipier Vettel), Charles Leclerc entendait marquer de son empreinte un Grand Prix du Japon à haute valeur symbolique pour lui. Privé de l’enivrante effluve du succès depuis deux courses, le pilote Ferrari s’était, non seulement, lancé pour mission de renouer avec la victoire sur les terres de Honda, mais aussi d’effacer les tensions internes nées du micmac de Sotchi (son coéquipier Vettel a refusé de lui rétrocéder la tête du Grand Prix après s’en être accaparé au moment du départ contre les plans initialement prévus par son écurie). Dans les deux cas, il a échoué. Pitoyablement. Resté scotché sur la grille au signal du starter, le protégé de Nicolas Todt a encore davantage aggravé sa situation en provoquant un accrochage, largement évitable, avec la Red Bull de Max Verstappen dans le deuxième virage.

Contraint d’immobiliser rapidement sa SF90 blessée à son stand afin de réparer les dégâts engendrés par le contact avec le Néerlandais, le champion 2017 de Formule 2 n’a dès lors cessé de courir après le temps perdu, bataillant vainement au cœur du peloton dans l’espoir d’adoucir une addition qu’il savait d’ores et déjà salée. Handicapé dans sa remontée par une stratégie décalée et forcément pénalisante (il effectuera en fin de compte trois passages par les stands contre deux pour la grande majorité de ses rivaux), l’enfant prodige de la Principauté ralliera l’arrivée en sixième position avant de voir une double pénalité de temps (5 secondes pour l’accrochage avec Verstappen et 15 secondes pour avoir continué à rouler avec un aileron-avant très endommagé) le rétrograder à la septième place derrière la Renault de Daniel Ricciardo. « Ce fut une course difficile, consent le natif de Monaco dans la zone des interviews. J’ai pris un mauvais envol et j’ai ensuite commis une erreur en accrochant Max (Verstappen) dans le premier virage. Le contact a non seulement endommagé mon aileron, mais il a aussi compromis nos deux courses. J’ai ensuite fait de mon mieux pour tenter de surmonter ce handicap et remonter le plus haut possible dans la hiérarchie. »

Un après-midi galère de bout en bout

À la fois prudent, mais ambitieux au moment de positionner la Ferrari flanquée du numéro 16 sur la deuxième place de la grille de départ, Leclerc réalise un envol poussif et se met immédiatement dans l’embarras en harponnant inutilement la Red Bull du trublion Verstappen. Tombé au troisième rang (Bottas a profité du surplace des deux Ferrari au départ pour leur griller la politesse dans le virage 1) après son 1er tour chaotique, le fer de lance de la Ferrari Driver Academy tente, trois boucles durant, de poursuivre comme si de rien n’était avant que la Scuderia, sur ordre officiel de la FIA, ne l’invite finalement à regagner son stand pour monter un aileron-avant neuf. Rejeté en dernière position à l’issue de son pit-stop inopiné, le champion 2016 de GP3 entame alors une difficile remontée qui va l’amener à intégrer le top dix à deux reprises tout en devant surmonter le handicap d’un arrêt toujours bien plus précoce que celui de ses concurrents directs. « Après mon premier changement de pneus, j’ai tout donné, confie à sa descente de voiture la révélation du dernier championnat. Je me suis efforcé de récupérer autant de positions que possible. »

Première victime de ce long et tortueux périple vers les sommets de la hiérarchie, Robert Kubica cède sans grande résistance à la Ferrari du Monégasque au 6ème passage, lançant ce dernier dans une cavalcade qui va le voir éliminer Russel (7ème tour), Verstappen (9ème tour), Kvyat (11ème tour), Räikkönen (14ème tour), Grosjean (15ème tour) et Magnussen (16ème tour) en l’espace de dix boucles. Pas franchement décidé à s’arrêter en si bon chemin, Leclerc s’offre également le scalp de la Sauber de Giovinazzi au 18ème tour, grimpant aussi par le biais des changements de gommes à la septième place du Grand Prix derrière la Renault de Daniel Ricciardo. Relégué à 4,2 secondes de l’Australien, le protégé de Nicolas Todt n’a pas le temps de combler son retard sur la monoplace jaune et noir que son écurie lui ordonne de repasser par la case stand au 26ème passage pour se débarrasser des gommes médiums chaussées lors de son arrêt prématuré du 4ème tour. Équipé, cette fois-ci, de pneus tendres, l’enfant prodige de la Principauté doit presque tout recommencer à zéro.

« Il nous manquait clairement de la performance aujourd’hui »

Douzième à son retour en piste, Leclerc se joue sans grande difficulté de la Toro Rosso de Daniil Kvyat (28ème tour) dans Spoon, un virage dans lequel il va également prendre le meilleur quelques boucles plus tard sur la Racing Point de Sergio Perez (31ème tour) et sur la Renault de Nico Hulkenberg (32ème tour). Revenu au septième rang après s’être offert le scalp de l’autre Racing Point de Lance Stroll au 33ème passage, le pilote Ferrari se hisse, deux boucles plus tard, à la sixième place grâce à une manœuvre culotée, mais pleine d’engagement sur la Toro Rosso de son ami Pierre Gasly. « J’ai pris du plaisir à dépasser toutes ces voitures, révèle à l’arrivée la figure de proue de la Ferrari Driver Academy. Mais le résultat final ne me satisfait pas pour autant. Septième ce n’est pas vraiment l’objectif que nous nous étions fixés aujourd’hui. » Désormais lancé à la chasse de la McLaren de Carlos Sainz, le natif de Monaco tente de combler les sept secondes qui le séparent de l’Espagnol, mais bute sur le très bon rythme du fils du double champion du monde des rallyes.

Obligé d’attaquer tant est plus pour essayer de grappiller quelques dixièmes au Madrilène, Leclerc allume violemment sa gomme avant-droit dans la chicane et met, par la même occasion, fin à ses espoirs de jonction sur la monoplace orange. Averti par son écurie de la possibilité d’effectuer un troisième et dernier passage par les stands afin d’aller chercher le meilleur tour en course et le point supplémentaire qui va avec, le champion 2017 de Formule 2 attend la 47ème boucle pour regagner la pit-lane et chausser un train de pneus tendres plus frais. Soucieux de mettre toutes les chances de son côté, le Monégasque patiente jusqu’à l’ultime boucle pour s’attaquer au record fixé par Hamilton (1’30’’983), un choix qui ne portera pas ses fruits tant par manque de rythme (il signe finalement le deuxième meilleur temps en 1’31’’611) que par la gêne ostensible d’une Williams. « Il nous manquait clairement de la performance aujourd’hui comparé aux Mercedes, explique à sa descente de voiture l’enfant prodige de la Principauté. Je tiens d’ailleurs à les féliciter pour leur titre de champion. J’espère simplement que l’année prochaine ressemblera plus à notre deuxième partie de saison. »

Andrea Noviello

Charles Leclerc parade Suzuka 2019

Doublement pénalisé après l’arrivée, Leclerc doit se contenter d’une modeste 7ème place au Japon.

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