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Grand Prix d’Espagne

Course : Hamilton frappe un grand coup

Lewis Hamilton course Espagne 2018 Impérial à Barcelone, Lewis Hamilton empoche la 64ème victoire de sa carrière en Formule 1.
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Intouchable sur les hauteurs de Montmelo, Lewis Hamilton a littéralement écrasé le Grand Prix d’Espagne, cinquième manche de la saison 2018 de Formule 1. Dominateur d’un bout à l’autre de l’épreuve catalane, le pilote Mercedes coiffe sa deuxième victoire consécutive après Bakou et consolide son leadership au championnat. Longtemps bloqué derrière Sebastian Vettel, Valtteri Bottas parachève la domination des flèches d’argent en décrochant la deuxième place devant la Red Bull de Max Verstappen.

En Formule 1, comme partout ailleurs, certains signes avant-coureurs ne trompent pas. En enlevant la veille la 74ème pole position de sa carrière, Lewis Hamilton n’avait pas simplement retrouvé sa mainmise sur un exercice qu’il affectionne tout particulièrement depuis son arrivée en catégorie reine en 2007. Il avait surtout recouvert le feeling qui lui avait permis d’infliger une véritable claque à la concurrence lors des qualifications inaugurales du championnat à Melbourne. Car depuis rien ne tournait vraiment rond dans le chef du natif de Stevenage. Entre une monoplace subitement moins performante, une certaine baisse de forme personnelle et l’incapacité de ses ingénieurs à déchiffrer le comportement imprévisible de la capricieuse W09, l’Anglais s’était montré quelque peu décevant le samedi après-midi en comparaison, notamment, aux performances de son coéquipier Valtteri Bottas. Hier encore, sa deuxième pole de l’année suscitait des réactions largement controversées dans l’enceinte même du paddock.

À ceux qui estimaient ce regain de vitalité trompeur eu égard aux températures très fraîches sévissant sur les collines de Montmelo, le quadruple champion du monde répondait par une pirouette, laissant ainsi malicieusement le doute s’installer dans les esprits. 24 heures plus tard, les interrogations des uns et des autres ont subitement volé en éclat, torpillées par la véritable démonstration de force infligée par celui qui prend un malin plaisir à ridiculiser la concurrence depuis quatre saisons maintenant. Départ parfait, stratégie bien négociée, gestion idoine du trafic : Hamilton n’aura pas commis le moindre impair lors d’une course dominée à plate couture par les flèches d’argent. « Pour la première fois cette saison, je me suis vraiment senti en symbiose avec ma machine, confie tout sourire celui qui coiffe à Barcelone son 64ème succès en F1. La voiture comme moi étions à l’aise sur cette piste. Cela peut paraître facile vu de l’extérieur, mais ce résultat est le fruit d’un très gros travail de tout le team. Quelle équipe incroyable ! »

Une bourde de plus pour Grosjean

Sorti vainqueur l’an dernier d’un duel à couteaux tirés avec son rival au championnat Sebastian Vettel sur ce même circuit de Catalunya, Hamilton pensait, à tort, devoir de nouveau se méfier du natif d’Heppenheim en terre catalane. Il n’en fut rien. Un envol parfaitement exécuté et le sort de ce cinquième rendez-vous de la saison était d’ores et déjà acté. Pendant que le poleman virait logiquement en tête dans le premier enchaînement de virages, l’Allemand réussissait, lui, un coup de maître en débordant par l’extérieur l’autre flèche d’argent de Valtteri Bottas. Mais comme souvent, c’est au milieu du peloton que les plus grands chambardements de ce Grand Prix d’Espagne allaient se produire. Si Stoffel Vandoorne sur un freinage quelque peu optimiste au virage 1, Carlos Sainz sur une sortie un peu au large de la courbe suivante et Fernando Alonso victime d’une McLaren très instable dans le virage 3 passaient tous près de la correctionnelle, Romain Grosjean n’échappait pas à la sanction.

Surpris par le ralentissement devant lui de la Haas sœur de Kevin Magnussen, le Français perdait l’arrière de sa monoplace en sortie du virage 3 avant de revenir, dans un spectaculaire panache de fumée, en plein milieu de la piste provoquant un carambolage dont ne sortiront pas indemne son compatriote Pierre Gasly et l’Allemand Nico Hulkenberg. « Je ne sais pas combien de fois Grosjean part à la faute dans un week-end, peste le fer de lance de l’écurie Renault. Quand il le fait tout seul ça va, mais pas quand il entraîne d’autres pilotes dans ses ennuis. » Neutralisée pendant six tours sous régime de voiture de sécurité le temps de permettre aux commissaires de dégager les trois voitures accidentées et de déblayer les nombreux débris maculant le sol, la course est finalement relancée au 7ème passage avec en tête de gondole l’imperturbable Hamilton. Auteur d’un restart parfait, l’Anglais sécurise sa position de leader tandis que plus loin dans le peloton Fernando Alonso se joue magnifiquement de la Force India d’Esteban Ocon au virage 3 dans une manœuvre qui n’est pas sans rappeler celle qu’il avait déjà exécuté à cet endroit-même cinq ans plus tôt.

Deux casses en trois jours pour Räikkönen

L’Espagnol s’empare de la dixième place et s’apprête à livrer un duel des plus intenses à l’épatant débutant Charles Leclerc déjà remonté, pour sa part, au neuvième rang. Soucieux de se mettre rapidement à l’abri de la menace Vettel, le leader Hamilton livre un début de Grand Prix tonitruant au cours duquel le fer de lance de la firme à l’étoile va se construire une substantielle avance de 7,5 secondes en l’espace de 17 tours seulement. Faute de pouvoir rivaliser avec la Mercedes du champion du monde en titre, le pilote Ferrari tente au moins de tenir en respect l’autre flèche d’argent de Bottas. Craignant un possible « undercut » du Finlandais, l’Allemand opère son premier changement de pneus dès le 18ème tour, troquant ses gommes tendres contre des mediums censés lui permettre de rallier le drapeau à damier sans ne plus avoir à stopper. Conscient de l’opportunité qui s’offre à lui, Bottas hausse alors sensiblement sa cadence sur ordre du pit-wall Mercedes et s’offre deux tours d’attaque avant de marcher dans les pas de « Baby-Schumi ».

Hélas pour le Nordique, ses mécaniciens se montrent nettement moins efficaces que ceux de la Scuderia au moment de chausser les pneus mediums. Immobilisé à son emplacement pendant près de quatre secondes, Bottas voit Vettel lui souffler la deuxième place virtuelle à sa sortie de la voie de stands alors que le pilote Ferrari vient tout juste de se débarrasser de la Haas de Magnussen. Le Finlandais l’ignore encore, mais la chance sera cette fois de son côté et lui rendra bientôt une place qu’il n’aurait jamais dû quitter. Entre-temps, les ennuis ont commencé à s’abattre sur les hommes de Maurizio Arrivabene. Remonté en deuxième position à la faveur des premiers arrêts au stand des leaders, Kimi Räikkönen s’apprête à devoir subir les assauts du trublion Max Verstappen quand sa mécanique décide de l’abandonner au 25ème passage. « C’est arrivé sans prévenir, relate placidement le champion du monde 2007. J’ai subitement perdu toute la puissance. À ce stade j’ignore toutefois si le problème s’apparente ou pas à celui rencontré vendredi en essais libres 2. »

Verstappen peut remercier Ferrari

Amputée de la moitié de ses forces vives, Ferrari ne peut donc plus compter que sur le seul Vettel pour espérer contrer l’impressionnante armada Mercedes. Mais la mythique écurie italienne doit aussi conjuguer avec l’empêcheur de tourner en rond néerlandais. Maintenu en piste neuf tours de plus que le leader Hamilton, il s’est arrêté dans la 35ème boucle quand le Britannique a opéré son pit-stop personnel au 26ème tour, le protégé d’Helmut Marko accuse près de dix secondes de retard sur le natif d’Heppenheim quand l’abandon d’Esteban Ocon au 40ème passage relance totalement l’attrait d’un Grand Prix tombé depuis un moment déjà dans la monotonie. La Force India du Français étant immobilisée dans l’herbe, la direction de course choisit d’activer la procédure de virtual safety-car. Flairant le bon coup, Ferrari rappelle Vettel à son box pour un deuxième arrêt qui va, au contraire, condamner ses chances de podium. « Rester en piste n’était de toute façon pas possible, commente le natif d’Heppenheim. Nous dégradions nos pneus plus vite que les autres aujourd’hui. »

Comme Bottas vingt-deux tours plus tôt, l’Allemand lâche de précieuses secondes à son stand (5,6 secondes d’immobilisation) sur un arrêt mal exécuté et abandonne définitivement la troisième place à Verstappen. Malgré un aileron endommagé contre la Williams de Lance Stroll lors de la relance, jamais le Batave ne sera réellement inquiété par le pilote Ferrari. La bataille pour le podium définitivement entérinée, il faut alors reculer légèrement dans la hiérarchie pour déceler une once de suspense en cette fin de Grand Prix. Piégé par ce diable d’Alonso lors du restart alors qu’il occupait une incroyable huitième place, Leclerc voit la menace Perez grossir dangereusement à mesure que son pneu avant-gauche commence progressivement à l’abandonner. Encore nanti d’une avance de 4,3 secondes sur le Mexicain dans la 49ème boucle, le Monégasque perd tout son précieux pécule en seulement cinq tours avant de finalement s’incliner logiquement, « Checo » ayant tout comme Vettel profité de la neutralisation pour rechausser un train de pneus neufs, au 59ème passage, tombant ainsi à une dixième place finale qui lui permet toutefois de devenir le premier pilote Sauber à rentrer dans les points deux courses consécutivement depuis plus de trois ans.

Andrea Noviello

Carlos Sainz course Espagne 2018

Brillant à domicile, Carlos Sainz s’offre une belle septième place sur le tracé de Catalunya.

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