Les Tops du Grand Prix de Russie

Valtteri Bottas the top Russie 2018
Privé par son équipe d'un succès mérité, Valtteri Bottas n'en reste pas moins le vainqueur moral.
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Valtteri Bottas

Valtteri Bottas top Russie 2018

Si Hamilton coiffe, comme attendu, une cinquième couronne mondiale en fin de saison, l’Anglais pourra chaleureusement remercier son coéquipier chez Mercedes. Après avoir déjà grandement contribué au succès du natif de Stevenage à Monza, Valtteri Bottas a de nouveau donné un précieux coup de main à son chef de file en se conformant aux douloureuses consignes d’équipe dictées par son ingénieur de piste. En retrait de son encombrant voisin de garage pendant tous les essais libres, le Finlandais a attendu les qualifications pour sortir de sa torpeur actuelle et rafler avec brio la sixième pole position de sa carrière. Crédité d’une excellente mise en action, l’ancien protégé de Toto Wolff vire en tête au premier virage et se met d’entrée à l’abri de la zone DRS. Jamais inquiété pendant son court premier relais, le natif de Nastola marque son unique changement de pneus à la fin du 12ème tour, équipant sa flèche d’argent de gommes tendres. Provisoirement tombé au cinquième rang, l’ex-pilote Williams retrouve rapidement la deuxième place derrière la Red Bull d’un Verstappen parti, de son côté, pour un relais marathon. Repoussé à près de quatorze secondes du Néerlandais à l’issue de son pit-stop, le pilote Mercedes est sur le point de gober le fils de Jos quand son team lui ordonne de s’écarter devant Hamilton dans la 25ème boucle. Contraint et forcé d’obéir, le Nordique s’exécute de manière ostentatoire dans le virage 13 avant d’entamer aussitôt son besogneux travail de protection. Roulant bien en deçà de ses possibilités afin de favoriser la fuite de son leader, le champion 2011 de GP3 verra, de surcroît, sa demande de changement des positions se solder par un refus catégorique de son team dans l’avant-dernier passage. Vainqueur moral de ce triste Grand Prix de Russie, Bottas signe à Sotchi sa plus belle performance depuis Hockenheim, empochant dix-huit points précieux qui le replacent sur la troisième marche du championnat trois unités devant son compatriote Räikkönen. L’homme fort c’était lui !

Max Verstappen

Max Verstappen top Russie 2018

Son week-end russe s’annonçait des plus moroses. Relégué sur le fond de la grille en raison du changement de plusieurs organes de son groupe propulseur, le Néerlandais voyait sa sanction alourdie à la suite d’une erreur d’inattention largement évitable en qualification (il lui est reproché de ne pas avoir suffisamment levé le pied lors du tête-à-queue de Sirotkin en Q1). Condamné à s’élancer depuis l’avant-dernière place sur la grille, Max Verstappen aurait, en théorie, dû vivre un dimanche après-midi pourri sur un tracé où dépasser relève de la gageure. Il n’en fut rien. Bien décidé à fêter comme il se doit son vingt-et-unième anniversaire, le pilote Red Bull a offert un véritable feu d’artifice aux amoureux de spectacle, réussissant la « bagatelle » de six dépassements dans le seul 1er tour. Boosté par cette entame de course rêvée, le fils de Jos poursuit son festival en disposant des Renault d’Hulkenberg et de Sainz, puis en venant à bout de la Sauber d’Ericsson. Remonté dans la zone des points en l’espace de trois boucles, le protégé d’Helmut Marko se lance alors à l’assaut de la Haas de Grosjean. N’en faisant qu’une bouchée, comme ce sera le cas avec les Force India d’Ocon et de Perez, le Batave parachève son récital en gobant la seconde Haas de Magnussen au 6ème passage, puis en dépossédant l’épatant Leclerc de sa cinquième place deux tours plus tard. Propulsé en tête de la course par les arrêts successifs des leaders dans la 19ème boucle, le champion du monde 2013 de karting va conserver les rênes du Grand Prix jusqu’à l’entame du 44ème passage, moment choisi par son équipe pour finalement le rapatrier à son stand. Logiquement retombé derrière les Mercedes et les Ferrari, l’ex-pilote Toro Rosso joue la carte de la prudence en fin d’épreuve, sécurisant une cinquième place qui fait de lui le grand animateur de ce rendez-vous russe. Bluffant dans le parc olympique de Sotchi, Verstappen enrichit son compteur personnel de dix nouveaux points, consolidant ainsi sa cinquième position au championnat. Quel showman !

Charles Leclerc

Charles Leclerc top Russie 2018

Ferrari doit déjà se frotter les mains de l’avoir promu aux côtés de Vettel l’an prochain. Non content d’impressionner le paddock par son sens aigu de l’auto-critique et par sa sidérante maturité en dehors du cockpit, Charles Leclerc ne cesse de subjuguer les observateurs par ses ébouriffantes performances en piste. Après Singapour où il s’était déjà montré bluffant, le Monégasque a frappé encore plus fort en Russie, réussissant sans doute son week-end le plus accompli de la saison. D’abord en difficulté lors de la journée du vendredi, le pilote Sauber a brillamment renversé la vapeur le samedi, décrochant avec le septième chrono du jour le meilleur résultat de sa jeune carrière en qualification. Bondissant à l’extinction des feux, le protégé de Nicolas Todt grille la politesse, par l’extérieur s’il vous plaît, à la Force India d’Ocon dès le deuxième virage, s’installant à une sixième place qu’il ne conservera qu’un petit tour. Clairement plus rapide que Magnussen devant lui, l’enfant prodige de la Principauté enroule la Haas du Danois dans la 2ème boucle, grimpant en cinquième position juste derrière la Ferrari de celui qu’il remplacera l’an prochain à Maranello, Räikkönen. Facilement en mesure de distancer Magnussen, le poulain de Frédéric Vasseur recule néanmoins d’un rang au 8ème passage, Verstappen n’éprouvant aucune difficulté à le dépasser. Rentré à son stand pour monter les gommes tendres deux tours plus tard, le natif de Monaco retrouve rapidement sa huitième place, mais doit patienter jusqu’à la 36ème boucle et l’arrêt de la Renault d’Hulkenberg pour finalement se hisser au septième rang. Auteur d’une course intelligente et pleine de maîtrise à Sotchi, Leclerc signe son septième top dix de la saison, inscrivant six nouveaux points qui lui permettent non seulement de creuser le trou sur Vandoorne (13 points d’écart), mais surtout de revenir à seulement six longueurs de Grosjean. Phénoménal.

Lewis Hamilton

Lewis Hamilton top Russie 2018

Comme ce fut, hélas, le cas pour Schumacher ou Alonso avant lui, il y aura pour le Britannique un avant et un après Grand Prix de Russie 2018. Car à l’instar des deux anciennes stars de la Scuderia, Lewis Hamilton aurait pu refuser le cadeau empoisonné de son équipe et laissé, au moins l’espace d’une course, la gloire à son coéquipier Bottas. Il n’en a rien fait, préférant récolter les 25 points d’une victoire qu’il ne méritait pas. Reste qu’en empochant un huitième succès cette saison, l’Anglais s’est non seulement offert deux jokers (50 points d’avance) sur Vettel au championnat, mais a également infligé un nouveau coup de massue à une équipe Ferrari déjà sérieusement sonnée par sa déconfiture des qualifications. Dominateur en libres 2 et en libres 3, le pilote Mercedes s’est étonnement montré fébrile dans l’exercice du tour chronométré, échouant avec le deuxième chrono après avoir commis deux erreurs en Q3. Moins bien parti que Vettel au signal du starter, le fer de lance de la firme à l’étoile parvient néanmoins à conserver l’avantage sur l’Allemand au virage 2 grâce à l’aspiration de la Mercedes sœur de Bottas. Dans l’incapacité de porter une attaque sur son voisin de garage en début de course, le quadruple champion du monde attend l’arrêt du Finlandais au 13ème tour pour finalement lancer son offensive. Maintenu en piste par ses stratèges, le natif de Stevenage fait le forcing deux boucles durant, mais voit son pari « d’overcut » échouer, Vettel profitant même de son pit-stop au 15ème passage pour lui subtiliser la seconde place virtuelle (Räikkönen et Verstappen ne s’étant pas encore arrêtés) du Grand Prix. Furieux de ce nouveau raté stratégique, l’ancien protégé de Ron Dennis se fait justice lui-même un tour plus tard en reprenant, de manière autoritaire et spectaculaire, son bien à Vettel. Revenu sans grande difficulté à portée de tir de Bottas, le Britannique prend, sur consignes d’équipe, l’avantage sur le Finlandais au 25ème tour avant que l’arrêt de Verstappen dans la 44ème boucle ne le propulse vers son 70ème triomphe en catégorie reine. Mais que la manière manque de panache.

Andrea Noviello

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