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Grand Prix des États-Unis

Course : Leclerc dans le dur

Charles Leclerc course USA 2019 Esseulé toute la course à la 4ème place, Charles Leclerc ramène 13 points de son escale américaine.
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Jamais dans le rythme des hommes de tête, Charles Leclerc a ramené une anonyme quatrième place du Grand Prix des États-Unis, dix-neuvième manche de la saison 2019 de Formule 1. Relégué à près d’une minute du vainqueur Bottas, le pilote Ferrari conserve néanmoins sa troisième place au championnat pilotes. 

L’image est symbolique. Elle est terriblement cruelle, aussi, pour une Scuderia Ferrari décidément pas épargnée par les aléas techniques en ce si pénible week-end américain. Anonyme quatrième d’une course dont il ne peut d’ores et déjà plus rien espérer (il accuse plus de sept secondes de retard sur la Red Bull de Verstappen alors que ce dernier a déjà effectué son changement de pneus), Charles Leclerc applique le plan mis en place par les stratèges de Maranello en se jetant dans la voie de stands alors que les leaders viennent d’entamer le 21ème tour de ce Grand Prix des États-Unis. Parti en gommes médiums, le Monégasque doit, à l’instar de ses rivaux, basculer sur les pneus durs lors d’un arrêt qui devrait, en tout logique, lui coûter trois secondes tout au plus. Mais de la théorie à la pratique, il existe souvent un monde comme l’ont fâcheusement rappelé aux milliers de spectateurs nichés dans les tribunes du Circuit des Amériques les mécaniciens de l’écurie transalpine.

Déjà pris à défaut à Mexico, les hommes de Mattia Binotto ont, de nouveau, bafouillé leur ballet millimétré à Austin, retenant le protégé de Nicolas Todt pendant 7,1 secondes à son emplacement. Et après l’arrière droite au Mexique, c’est cette fois la roue arrière gauche de l’enfant prodige de la Principauté qui a posé problème. Quand il rejoint finalement la piste derrière les deux Renault de Daniel Ricciardo et de Nico Hulkenberg, le pilote Ferrari accuse près de 50 secondes de retard sur le leader provisoire Lewis Hamilton. À l’arrivée, il en concèdera finalement deux de plus sur l’autre flèche d’argent de Valtteri Bottas grand vainqueur d’une course dont il n’aura, jusqu’au bout, été qu’un anonyme protagoniste. « Nous étions absolument nulle part aujourd’hui, confirme un brin désabusé la figure de proue de la Ferrari Driver Academy à sa descente de voiture. Je ne sais pas ce qu’il s’est passé avec les pneus. Dès le début (médiums), je ne le sentais pas. Ensuite avec les durs, je n’avais pas de grip du tout. Cela s’est un peu mieux terminé avec les tendres. Malheureusement je devais éviter pas mal de vibreurs à cause de la casse de Seb (Vettel) et ça n’a clairement pas aidé. Globalement, ce fut une journée très difficile. »

Des Ferrari au petit trot

Positionné, comme son voisin de garage, du côté sale de la piste, Leclerc réalise un envol particulièrement poussif, cédant facilement à l’assaut de la Mercedes de Lewis Hamilton dans le virage 1. Soucieux de vite se racheter, le champion 2017 de Formule 2 profite des ennuis de la Ferrari sœur de Vettel pour dépasser le quadruple champion du monde sur un dépassement d’école dans l’épingle. Revenu à son rang de départ malgré la tentative de riposte de « Baby-Schumi », l’enfant prodige de la Principauté démarre alors une longue et solitaire procession dominicale. « Les pneus avant ne répondaient pas bien lors du premier relais, révèle le natif de Monaco en interview d’après Grand Prix. Il était très difficile de trouver du grip. Il va falloir que l’on essaye de comprendre ce qui s’est passé. » Rapidement distancé par les hommes de tête, il concède déjà plus de sept secondes au leader Bottas en seulement cinq tours, le protégé de Nicolas Todt bascule, en concertation avec les stratèges de la Scuderia, sur une stratégie à deux arrêts dans l’espoir d’atténuer les effets de son très handicapant manque de rythme.

Invité par son écurie à soigneusement éviter la corde du virage 8 après la soudaine rupture de suspension qui a frappé son coéquipier Vettel dans la 8ème boucle, Leclerc continue de subir la cadence infernale des leaders et ne doit de progresser dans la hiérarchie qu’aux arrêts au stand de Verstappen (14ème tour) et de Bottas (15ème tour). Éphémère deuxième d’une course désormais dominée par Hamilton, le Monégasque cède presque aussitôt aux attaques du Finlandais et du Néerlandais, retombant à un quatrième rang d’autant plus consternant qu’à l’inverse de ses rivaux lui n’a pas encore effectué son passage par les stands. Appelé finalement à son box au 21ème tour, le pilote Ferrari lâche de précieuses secondes supplémentaires à ses adversaires dans un arrêt pour le moins approximatif de la part des mécaniciens de la Scuderia. Désormais relégué derrière les Renault, le champion 2016 de GP3 se débarrasse des deux monoplaces jaunes et noirs une boucle plus tard grâce au pit-stop de l’Australien et à un freinage incisif en bout de ligne droite sur l’Allemand.

« Nos adversaires étaient simplement trop rapides »

Toujours autant à la peine malgré le passage en gommes dures, Leclerc se paye une (infime) frayeur dans le 34ème tour en frottant généreusement son aileron-avant contre les vibreurs de l’avant-dernier virage. Sorti indemne de ce spectaculaire panache d’étincelles, l’enfant prodige de la Principauté va alors attendre le plus longtemps possible pour repasser par la case stand et chausser un train de pneus tendres. Conscient de ne plus rien avoir à jouer lors de cette antépénultième manche de la saison, si ce n’est l’espoir de décrocher le meilleur tour en course, le fer de lance de la Ferrari Driver Academy prolonge son second relais au maximum avant de sacrifier à son ultime pit-stop dans le 43ème passage. Relâché à près de 50 secondes de la Red Bull de Verstappen, le protégé de Nicolas Todt s’enquiert aussitôt par radio de la meilleure marque réalisée jusque-là puis se lance à l’assaut du chrono établi par le leader de la course Bottas. Déterminé à sauver ce qui peut encore l’être, le natif de Monaco arrache le temps de référence au Finlandais la boucle suivante, bonifiant ainsi d’une unité supplémentaire une quatrième place relativement peu féconde (12) en points.

Esseulé dans les derniers tours entre l’intouchable trio de tête (Bottas-Hamilton-Verstappen) et la Red Bull d’un Alexander Albon revenu du diable vauvert après sa bousculade du départ (le Thaïlandais s’est fritté à la McLaren de Carlos Sainz au sommet du virage 1), Leclerc ramène tranquillement la seule Ferrari rescapée de ce Grand Prix des États-Unis à l’arrivée, limitant ainsi largement la casse face au trublion Verstappen dans la course à la troisième place du championnat pilotes. « Nos adversaires étaient simplement trop rapides aujourd’hui, regrette la révélation de la saison 2018. Ce fut une course en solitaire pour moi. Malheureusement, on n’a pas réussi à ramener les deux voitures à l’arrivée. Je tiens par ailleurs à féliciter Lewis pour son titre. Il l’a amplement mérité. C’est un grand champion. » Rookie de l’année la saison passée pour ses grands débuts en catégorie reine, le Monégasque est toujours en lice pour coiffer le tout aussi honorifique titre de « meilleur des autres » en 2019. Avec 14 longueurs d’avance et deux Grand Prix à disputer, le pilote Ferrari peut voir venir à condition toutefois que sa monture au souffle coupé sur le toboggan texan retrouve, d’ici le Brésil, toute sa fougue de pur-sang.

Andrea Noviello

Charles Leclerc stand USA 2019

Incapable de bien faire fonctionner ses pneus, Leclerc a vécu une course des plus pénibles à Austin.

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