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Grand Prix d’Italie

Course : Leclerc rouge de plaisir

Charles Leclerc course Italie 2019 Au prix d'une résistance musclée, Charles Leclerc signe une 2ème victoire consécutive après Spa.
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Harcelé pendant 53 tours par les Mercedes, Charles Leclerc a résisté jusqu’au bout pour enlever le Grand Prix d’Italie, quatorzième étape de la saison 2019 de Formule 1. Parfois limite dans sa défense face à Hamilton, le Monégasque empoche sa deuxième victoire consécutive après Spa et se replace devant son coéquipier Vettel au championnat.

Samedi, au sortir d’une qualification achevée en eau de boudin par la faute de choix tactiques totalement invraisemblables des écuries encore en lice, il avait contenu sa joie, intériorisant un bonheur qu’il savait ne pas pouvoir partager pleinement avec les supporters italiens en raison du piètre spectacle offert à ces derniers en fin de Q3. Frustré par le scénario final d’une journée qui avait jusque-là entièrement répondu à ses attentes, Charles Leclerc s’était promis de réparer l’injure faite à l’exigeant public transalpin ce dimanche en course. Il a tenu parole, assurant presque à lui tout seul un spectacle enfin digne de la catégorie reine du sport automobile. Soucieux de définitivement se mettre les tifosis dans la poche, le Monégasque a même comblé une lacune qui avait le don d’irriter l’égo (à fleur de peau) des amoureux de la Scuderia. Depuis le lointain succès de Fernando Alonso en 2010, aucun pilote Ferrari n’était parvenu à faire chavirer le public de Monza dans l’allégresse d’une victoire. Lui y est arrivé dès sa première tentative en rouge.

Alors quand une fois la ligne franchie en vainqueur il pris réellement mesure de la portée de son exploit, il ne résista pas à l’envie de (bruyamment) communier son bonheur avec les siens. La retenue de la veille avait laissé place à de très généreux « Yesssssssssss, yessssssss, yesssssss » hurlés avec rage à la radio par celui qui avait brillamment résisté pendant 53 tours à la pression incessante des deux Mercedes de Lewis Hamilton et de Valtteri Bottas. Adoubé par ses deux rivaux à son arrivée dans le parc fermé, l’enfant prodige de la Principauté pouvait alors pleinement exulter et entamer une longue série d’accolades avec les mécaniciens de Ferrari. « Quelle course, se délecte le protégé de Nicolas Todt au micro de Martin Brundle. Je n’ai jamais été aussi fatigué ! C’était un Grand Prix tellement difficile. Gagner ici, c’est un rêve pour moi. En termes d’émotion, cela dépasse même ma première victoire. Je n’ai pas de mots pour exprimer ce que je ressens. J’ai commis quelques erreurs aujourd’hui, mais tout s’est heureusement bien terminé puisque je finis quand même premier. Je suis très heureux, mais je dois veiller à ne pas reproduire ce genre de bêtises à l’avenir. »

Une défense parfois limite

Chaussé de gommes tendres au départ, un choix également repris par tous les autres pilotes du top dix, Leclerc connaît une mise en action quelque peu poussive à l’extinction des feux ce qui ne l’empêche pas pour autant de résister, avec vigueur certes, à la Mercedes de Lewis Hamilton. Sorti en tête de la première chicane, le Monégasque applique aussitôt le plan qu’il avait défini avant la course avec les stratèges de la Scuderia. Pour éviter de se retrouver sous la menace du DRS, le pilote Ferrari tente de se sortir de la fatidique seconde d’écart, une tâche à laquelle il s’acquitte, dans un premier temps, avec brio. Aidé dans sa quête par l’absence de flux d’air sale devant lui, le champion 2017 de Formule 2 porte même son écart sur Hamilton à 1,6 seconde au 6ème tour, moment qui voit l’autre Ferrari de Sebastian Vettel s’évanouir dans un tête-à-queue inexplicable au beau milieu de la Variente Ascari. Loin des tracas de son voisin de garage, le fer de lance de la Ferrari Driver Academy ne bénéficie pas pour autant du moindre instant de répit, Hamilton se chargeant de maintenir sur ses jeunes épaules une pression continue et pour le moins intense.

Averti par son écurie d’un passage au « plan B » dans la 13ème boucle, Leclerc hausse alors sa cadence sans se soucier du jeu mesquin (et normalement interdit par le règlement) auquel s’adonne les mécaniciens de Mercedes dans la pit-lane. Désormais familière de ce petit coup de bluff stratégique, l’écurie à l’étoile ne parvient toutefois pas à prendre à défaut le team le plus titré de l’histoire ce qui l’oblige à stopper Hamilton en premier au 20ème tour. Logiquement appelé dans son box le passage suivant afin de couvrir l’arrêt du Britannique, le champion 2016 de GP3 opte pour une monte pneumatique différente de celle du natif de Stevenage. Là où le quintuple champion du monde a monté des pneus médiums sur sa flèche d’argent, l’ex-pilote Sauber choisit lui de chausser sa Ferrari de gommes dures. Un pari à priori risqué, mais qui s’avèrera en fin de compte payant pour l’enfant prodige de la Principauté. Ressorti sous le nez d’Hamilton, le Monégasque va habillement se servir de l’aspiration offerte par la Renault de Nico Hulkenberg devant lui pour se prémunir (un court instant) d’une éventuelle attaque du pilote Mercedes.

« Cette victoire je la voulais absolument »

Facilement venu à bout de vainqueur 2015 des 24 Heures du Mans avant la Parabolica, Leclerc fait pourtant le jeu de son rival en octroyant une double (la sienne et celle de la Renault) aspiration au leader du championnat. Devenu une proie (presque) facile pour le Britannique, l’enfant prodige de la Principauté emploie alors une défense particulièrement virile pour empêcher Hamilton de le dépasser. Après un mouvement déjà très limite au milieu de Curva Grande, le pilote Ferrari se décale plus que de raison à la Variente della Roggia, contraignant son adversaire à couper tout droit dans l’échappatoire. Depuis l’Autriche, il est clair que nous pouvons aller plus loin dans la manière dont nous défendons, se justifie la figure de proue de la FDA. L’Autriche m’a aidé à changer mon approche et c’est aussi grâce à cela que je suis parvenu à gagner aujourd’hui. C’était clairement très limite, mais je suis heureux de piloter de cette manière. » Sanctionné d’un avertissement par la FIA, le protégé de Nicolas Todt ne se laisse guère perturber par cette épée de Damoclès, arrachant dans la foulée le meilleur tour en course.

Parvenu à se défaire sans grande difficulté de la seconde Renault de Daniel Ricciardo au 26ème tour, Leclerc récupère définitivement les commandes du Grand Prix deux boucles plus tard au moment du pit-stop de la Mercedes de Bottas. Toujours placé sous la menace directe de l’autre flèche d’argent d’Hamilton, le pilote flanqué du numéro 16 va user de toutes les ficelles possibles (décalage en ligne droite pour casser l’aspiration, exploitation maximale des limites de la piste dans la Parabolica) en seconde moitié de course pour se défendre des attaques du quintuple champion du monde. Piégé au freinage de la première chicane par une manœuvre d’intimidation de l’Anglais, le Monégasque oppose une nouvelle fin de non-recevoir musclée au fer de lance de la firme à l’étoile dans le 36ème tour, entérinant ainsi un succès que ni le quintuple champion du monde ni son coéquipier Bottas (malgré de pneus accusant 8 tours de moins) ne seront plus en mesure de lui contester. « Cette victoire je la voulais absolument, affirme le sourire aux lèvres le natif de Monaco. De toute ma carrière, je n’avais encore jamais connu une course avec autant de pression. Je vais ramener la coupe à la maison et ça, ça fait du bien ! »

Andrea Noviello

Charles Leclerc podium Monza 2019

Ivre de bonheur sur le podium, Leclerc offre à Ferrari son 19ème succès dans un Grand Prix d’Italie.

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