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Grand Prix d’Italie

Qualification : Räikkönen en invité surprise

Kimi Raikkonen qualification Italie 2018 Après plus d'un an de disette, Räikkönen renoue enfin avec la pole position sur les terres de Ferrari.
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Resté dans l’ombre de son coéquipier en Q1 et en Q2, Kimi Räikkönen a déjoué tous les pronostics en arrachant, au bout du suspense, le meilleur temps des qualifications du Grand Prix d’Italie. Enfin parvenu à mettre tout à bout dans l’exercice du tour chronométré, le Finlandais signe la 18ème pole position de sa carrière en F1, précédant sur la grille la Ferrari sœur de Sebastian Vettel et la Mercedes rivale de Lewis Hamilton.

Celle-là, personne ne l’avait vu venir. Pas même, sans doute, le principal intéressé. À plusieurs reprises cette saison, Kimi Räikkönen avait pourtant déjà eu l’opportunité de rafler la mise dans l’exercice du tour chronométré. Mais à chaque fois le champion du monde 2007 l’avait laissé filer sur une erreur de pilotage dans son ultime tentative en Q3 ou sur une bourde stratégique de son écurie. En Belgique, le Finlandais avait été victime de l’assèchement de la piste en fin de séance et surtout d’une mauvaise estimation de la consommation en essence de sa Ferrari. Deux semaines plus tôt à Budapest, c’est au contraire sa fouge qui lui avait été fatale, le natif d’Espoo annihilant ses chances de rafler la pole sur une erreur (largement) évitable dès le premier secteur. Conscient de ses propres manques, le pilote de la Scuderia a ainsi décidé de bouleverser son approche. Au lieu de dévoiler son jeu trop tôt, comme il a hélas souvent eu tendance à le faire cette saison en qualification, « Ice-Man » a, cette fois, sagement attendu son heure dans l’ombre de son coéquipier Vettel.

Respectivement deuxième chrono de la Q1 et troisième chrono de la Q2, l’ex-pilote Lotus a tranquillement endormi la concurrence pour mieux la piquer sur le gong. Alors que le survolté public de Monza frémissait de plaisir à l’idée de voir son chouchou Vettel signer une 56ème pole en carrière, le Nordique est sorti de sa boîte dans les ultimes secondes de la séance, raflant dans l’aspiration de son voisin de garage sa première pole position en rouge depuis le Grand Prix de Monaco l’an dernier. « Si j’avais dû choisir le circuit où je voulais me retrouver en pole, je n’aurais pas trouvé mieux qu’ici, savoure le pilote flanqué du numéro 7. Nous avons été très près de la décrocher ces dernières courses, mais il m’a toujours manqué un petit quelque chose. Heureusement, tout s’est bien passé aujourd’hui. Ma dernière tentative ne me paraissait pas extraordinaire, mais elle a suffi pour réaliser le meilleur temps. Ce doublé est magnifique pour Ferrari même si nous n’avons effectué que la moitié du travail. Demain, il nous faudra nous attaquer à l’autre moitié. »

La colère de Vettel

Nouvel homme le plus rapide de l’histoire de la Formule 1 en 1’19’’119, il efface des tablettes le précédent record détenu depuis 2004 par Rubens Barrichello avec un tour couvert à 263, 588 km/h de moyenne, Räikkönen s’est également offert une autre distinction, plus symbolique celle-là, sur les terres de son employeur. Car depuis Nigel Mansell (41 ans, 3 mois et 5 jours) à Adelaïde lors du Grand Prix d’Australie 1994, jamais un pilote aussi âgé (38 ans, 10 mois et 16 jours) que lui n’avait su dicter sa loi dans l’exercice de la vitesse pure. Une performance d’autant plus délectable pour le champion du monde 2007 qu’elle survient à point nommé alors que son avenir en rouge est, de nouveau, remis en cause par les décideurs de la marque au cheval cabré et que le nom de Charles Leclerc (17ème) ressurgit avec de plus en plus d’insistance dans les ateliers de Maranello. Fou de joie après avoir, à tort, cru décrocher le chrono de référence, l’autre pilote de la Scuderia Sebastian Vettel (2ème) a finalement déchanté, l’Allemand laissant, sur le coup de la déception, échapper une réponse aussi froide que lourde de sens à son ingénieur. « Il va falloir qu’on en parle ».

Vexé de ne pas se retrouver, comme de coutume, en tête de l’escadron Ferrari, le natif d’Heppenheim a toutefois reconnu, après coup, avoir « égaré du temps un peu partout » et notamment en négociant mal le passage des deux chicanes. Invité surprise d’un duel à couteaux tirés que beaucoup pensait réservé aux seules monoplaces rouges, Lewis Hamilton (3ème) a finalement échoué à 175 millièmes du chrono établi par le poleman Räikkönen, de quoi entrevoir un dimanche après-midi autrement plus réjouissant qu’à Spa il y a quinze jours. Nettement un ton au-dessous du leader de la firme à l’étoile ce week-end à Monza, le second pilote Mercedes Valtteri Bottas (4ème) n’a, lui, pas réalisé de miracle en Italie, concédant une grosse demi-seconde au meilleur temps du jour réussi par son compatriote. Guère mieux loti au volant d’une Red Bell clairement pas à son aise sur ce tracé de vitesse pure, il accuse près d’1,5 secondes sur le temps de Räikkönen, Max Verstappen (5ème) limite néanmoins la casse en conservant derrière lui la Haas de Romain Grosjean (6ème), la Renault de Carlos Sainz (7ème) ou encore la Force India d’Esteban Ocon (8ème).

Gasly dans le bon tempo

Promis à l’enfer lors de son arrivée sur le temple de la vitesse, Pierre Gasly (9ème) a, lui aussi, totalement déjoué les pronostics en qualifiant sa modeste Toro Rosso en Q3, explosant au passage son pauvre équipier Brendon Hartley (18ème), et en battant à la régulière les deux Williams motorisées par Mercedes de Lance Stroll (10ème) et de Sergey Sirotkin (12ème) ainsi que la Haas propulsée par un moteur Ferrari de Kevin Magnussen (11ème). « C’était juste incroyable, s’extasie le Normand. Nous ne savions même pas si nous pouvions passer en Q2 et nous sommes finalement arrivés en Q3 ! J’ai réussi à prendre un bon écart, une bonne inspiration pour ensuite réaliser l’un de mes meilleurs tours de la saison. Nous ne pouvions pas espérer plus beau résultat pour la course à domicile de Toro Rosso. » Comme toujours opiniâtre à défaut d’avoir réellement pu briller, l’Espagnol se faisant tout de même remarquer en allant au clash avec Magnussen à la première chicane, Fernando Alonso (13ème) hisse sa médiocre McLaren dans la deuxième partie de la séance, une véritable prouesse si on le compare à l’autre pilote de Woking Stoffel Vandoorne (20ème) bon dernier pour la deuxième fois consécutive après Spa.

Assurés de s’élancer depuis les dernières places de la grille en raison de leurs multiples pénalités, Nico Hulkenberg (14ème) et Daniel Ricciardo (15ème) ont préféré limiter leur roulage à la seule Q1, se contentant ainsi d’observer leurs adversaires en découdre en piste. Grand battu de la première partie des qualifications, il enregistre sa deuxième élimination en Q1 en trois courses, Sergio Perez (16ème) aura fort à faire demain pour espérer remonter même si la puissance du moteur Mercedes et la vitesse de pointe des Force India devraient faciliter la tâche de « Checo ». Sorti indemne d’un impressionnant triple axel vendredi en essais libres, le Suédois perdant le contrôle de sa C31 en bout de ligne droite des stands à la suite d’une mauvaise fermeture de son DRS, Marcus Ericsson (19ème) évite l’humiliation d’une dernière place sur la grille, mais cristallise néanmoins les difficultés rencontrées ce samedi après-midi par une écurie Sauber pourtant bien rentrée dans son week-end italien.

Andrea Noviello

Romain Grosjean qualification Italie 2018

Romain Grosjean a brillé à Monza, décrochant un très joli sixième chrono lors des qualifications.

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