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Grand Prix du Brésil

Course : Leclerc le raté final

Charles Leclerc course Brésil 2019 Victime d'un accrochage bête avec Vettel, Leclerc enregistre son troisième abandon de la saison.
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Auteur d’une splendide remontée jusqu’à la cinquième place, Charles Leclerc a perdu toutes chances de décrocher un podium lors du Grand Prix du Brésil sur un accrochage stupide avec son coéquipier Vettel à cinq tours du drapeau à damier. Contraint de mettre pied à terre pour la troisième fois de la saison, le pilote Ferrari voit ses rêves de troisième place mondiale quasiment réduits à néant.

Sa course aurait dû être celle de la rédemption. Celle de l’affirmation d’un talent en constance progression aussi. Étonnamment transparent quinze jours plus tôt aux États-Unis, Charles Leclerc devait profiter de sa pénalité de dix places sur la grille (il s’élançait depuis la quatorzième position après avoir signé le quatrième chrono des qualifications) pour se rappeler au bon souvenir de tous et prouver qu’il a bien l’étoffe d’un futur très grand. Malmené depuis quatre Grand Prix dans son exercice favori de la vitesse pure, l’enfant prodige de la Principauté devait aussi se servir de son rétrogradage post-qualification comme d’une motivation supplémentaire pour démontrer aux yeux de tous que sa récente baisse de régime sur un tour chrono n’entravait en rien ses désirs de conquérir la troisième marche du championnat derrière l’intouchable duo Mercedes Lewis Hamilton-Valtteri Bottas. Bien décidé à crânement défendre ses chances face au redoutable Max Verstappen, le pilote Ferrari s’est livré, près de 66 tours durant, à une véritable démonstration de classe et d’opiniâtreté sur le mythique tracé brésilien.

Remonté jusqu’en cinquième position à la faveur de plusieurs dépassements audacieux et de l’abandon prématuré de Bottas, Leclerc aurait alors très bien pu jouer la carte de la sagesse en sécurisant dix précieux points qui lui auraient permis de quitter Interlagos avec une seule unité de retard sur son rival de chez Red Bull. Il a, au contraire, privilégié le panache. Au grand dam de Ferrari. Appâté par la délicieuse odeur du podium, « Carlito » attaqua avec fermeté la monoplace sœur de Vettel dans le « S » Senna sans se douter de la réaction épidermique d’un quadruple champion du monde à l’orgueil blessé par ce nouvel affront. Heurté par « Baby-Schumi » dans la Reta Oposta, le protégé de Nicolas Todt renonçait aussitôt, suspension avant-droite détruite dans le contact. « C’est vraiment dommage que cela se termine come ça, regrette le champion 2017 de Formule 2. Même si c’était agressif, j’ai effectué un dépassement propre. Seb (Vettel) a ensuite tenté de reprendre sa place, mais il s’est rabattu sur l’intérieur et on s’est touché. Bien sûr, c’est regrettable, mais ce sont malheureusement des choses qui arrivent en sport automobile. »

Une remontée express

Englué dans la partie basse du paquet en raison de sa pénalité de dix places sur la grille, Leclerc se montre résolument prudent à l’extinction des feux, mais parvient tout de même à gagner une place au détriment de la Renault de Nico Hulkenberg. Venu à bout, dans ce même 1er tour de course, de l’autre monoplace jaune et noire de Daniel Ricciardo ainsi que de la McLaren du débutant Lando Norris, le pilote de la Scuderia entame la deuxième boucle de cette avant-dernière manche de la saison à une onzième place qu’il va aussitôt s’empresser de bonifier par quatre nouveaux dépassements autoritaires sur Antonio Giovinazzi (3ème tour), Kevin Magnussen (4ème tour), Romain Grosjean (5ème tour) et Kimi Räikkönen (7ème tour). « J’ai pris du plaisir en me battant à l’arrière du peloton, confie à l’arrivée le natif de Monaco. Même en m’élançant loin sur la grille, je suis satisfait de la manière dont les choses se sont passées. » Galvanisé par cette entame de Grand Prix particulièrement productive, le champion 2016 de GP3 poursuit sa folle remontée au 10ème passage en se jouant, cette fois, de la Toro Rosso de son ami Pierre Gasly.

Revenu en sixième position derrière les autres gros bras du plateau, Leclerc ne baisse pas pavillon pour autant, redoublant au contraire d’efforts pour tenter de combler l’écart qui le sépare de la Red Bull d’Alexander Albon. Propulsé au quatrième rang par les arrêts conjugués du leader de la course Max Verstappen et celui de son dauphin Lewis Hamilton, le Monégasque ne conserve son bien que l’espace de quelques mètres, l’Anglais comme le Batave avalant la Ferrari flanquée du numéro 16 avec une déconcertante facilité dans la 22ème boucle. Focalisé sur le seul objectif (la cinquième place d’Albon) qu’il estime atteignable en l’état, l’enfant prodige de la Principauté ménage avec le plus grand soin ses gommes médiums et tente de tirer profit de l’arrêt au stand du Thaïlandais au 25ème tour pour se ménager une avance suffisante avant son propre pit-stop. Ce sera, hélas, peine perdue. Plombé par son manque de rythme, l’espoir de Maranello rentre à son box quatre boucles plus tard et ressort logiquement avec un lourd débours (douze secondes de retard) sur la monoplace d’Albon.

« Désolé que cela se soit terminé comme ça »

Ragaillardi par son passage en gommes dures, Leclerc devient, l’espace d’un court instant, l’homme le plus rapide en piste ce qui ne lui permet pas pour autant de recoller à la Red Bull du Thaïlandais. Faute de pouvoir se livrer à une bataille roue contre roue avec son ancien rival de karting, le pilote Ferrari se contente d’une chevauchée solitaire jusqu’à l’arrivée dans ses rétroviseurs de la Mercedes de Bottas. Repassé une seconde fois par la case stand au 42ème passage, le Finlandais opère facilement la jonction sur la machine frappée du numéro 16 et se lance à l’assaut du Monégasque avec la ferme intention de vite regagner le terrain perdu. Pas franchement décidé à ouvrir la porte au natif de Nastola, le protégé de Nicolas Todt use de toutes les ficelles du métier pour résister à la flèche d’argent, quitte à se montrer déraisonnablement rugueux dans sa défense. Bien que hautement critiquable sur la forme, la résistance jusqu’au-boutiste de l’enfant prodige de la Principauté porte ses fruits, Bottas voyant son moteur rendre l’âme à l’attaque du 51ème tour.

Définitivement débarrassé du Finlandais, Leclerc peut désormais revoir ses ambitions à la hausse d’autant que l’intervention de la voiture de sécurité (afin d’évacuer la monoplace de Bottas) lui a non seulement permis d’opérer un second changement de pneus, mais l’a également replacé dans le sillage direct de son coéquipier Vettel. Conscient qu’une opportunité unique de grimper sur le podium vient de s’ouvrir à lui, le petit prodige de la Ferrari Driver Academy lance une première pique sur « Baby-Schumi » au restart avant de réussir une manœuvre pleine de culot au 66ème passage dans le « S » de Senna. Passé devant son voisin de garage au prix d’un freinage magistral, le champion 2017 de Formule 2 défend aussitôt son bien dans la Reta Oposta sans réussir toutefois à contenir la réplique (cinglante) de l’Allemand. « Je savais que Seb (Vettel) allait tenter quelque chose à l’extérieur, affirme en interview d’après Grand Prix l’ex-pilote Sauber. Il n’y avait pas beaucoup de place, mais il y est quand même allé. Je suis désolé que cela se soit terminé comme ça, parce qu’on était vraiment rapide aujourd’hui et on aurait pu ramener de bons points à la maison. »

Andrea Noviello

Charles Leclerc grille Brésil 2019

Charles Leclerc quitte le Brésil avec onze longueurs de retard sur Verstappen au championnat pilotes.

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